Vendredi 20 janvier 2012
J'ai mal aux couilles ce matin. Ce n'est pas une expression très élégante
mais elle exprime assez bien la réalité. C'est parce que nous nous sommes bien
entendus hier avec Mirabelle. Une longue promenade entre Saint Paul et
Beaubourg. On avait plein de choses à se raconter. Une "messe" tibétaine
ensuite, qui n'était pas inintéressante mais que je ne revivrai pas. Un verre
en terrasse dans le quartier du Marais. Un endroit calme, bio, où il n'y avait
que des choses sucrées à manger. J'ai acheté un demi pain avec des graines et
des fruits à l'intérieur et ça m'a fait un repas. Mirabelle, elle, ne mangeait
pas ce soir-là. Est-ce que c'était pour me plaire? Elle avait décidé de maigrir
et avait adopté pour ça une technique bizarre: ne pas manger le soir. Cela
devait être important pour elle car, lorsque nous nous retrouvés dans le métro,
à Nation, après s'être cherchés un moment parce qu'elle s'était trompée de
quai, c'est la première chose qu'elle m'a dite: elle avait perdu deux kilos! Et
c'était beau de la voir heureuse de son succès, fière et belle comme une
enfant! On a continué à se raconter des choses (pas dans le métro, sur la
terrasse du bar? restaurant? boulangerie? bio). Les pommettes de Mirabelle se
sont mises à rougir quand elle a commencé de boire son second verre de Côtes du
Rhône - bio, bon et cher. Moi, j'étais fatigué, j'avais prévu de rentrer quand
on est sortis de la messe, un gros coup de pompe, et me voyais déjà au boulot
le lendemain. Mais, le temps passant, le vin et le pain et la conversation me
réveillant, je n'avais plus envie de partir. J'avais envie de raccompagner
Mirabelle chez elle et de découvrir son corps après avoir découvert le contact
de sa main sur la mienne, dans la mienne. Nous avons marché. Je me suis laissé
emporté. Elle connaissait un bus qui allait nous mener directement chez elle.
Après quelques pas, que je ne comptais pas, nous nous sommes retrouvé en haut
d'une rue charmante, en pente, ancienne, où elle habite, non loin du cimetière
du Père Lachaise. Une tisanne, une prune - pour moi, pas pour elle. De la
tendresse sur le canapé, une délicieuse dose d'affection. L'idée de faire des
galipettes était devenue secondaire. Mais j'y pensais. Comment faire surtout
pour que ces galipettes soient aussi agréables que la douceur partagée sur le
canapé? C'était une sacrée question à laquelle je n'avais pas de réponse. Pour
me sentir à l'aise, propre après cette longue journée de travail, je suis allé
prendre une douche et me brosser les dents. La situation était surprenante. Je
me sentais si bien que j'avais l'impression d'agir comme si nous nous
connaissions depuis vingt ans. Elle m'a rejoint dans le lit - dans la chambre
d'ami car son lit est trop haut perché, près du plafond - enveloppée dans un
long t-shirt car, même avec deux kilos en moins, elle n'appréciait pas montrer
ses rondeurs. Nous avons continué à être doux. Son unique frère étant mort du
sida et ses préservatifs étant périmés, j'ai compris qu'elle ne me laisse pas
accéder à son sexe, même avec la main, la bouche. Ca ne m'a pas mis à l'aise.
Mon idée est qu'elle ne pouvait nous faire confiance, qu'elle a pensé qu'en me
laissant accéder à son sexe, nous risquions de perdre le contrôle. Cela m'a
embêté sur le moment mais, comme je savais que nous allions nous revoir, je
n'en ai pas fait un fromage. Peut-être aussi voulait-elle simplement prendre
son temps, être elle-même plus à l'aise avant de me donner sa bouche ou son
sexe? Je pense que c'est pour cette raison que je n'ai pas pu aller au bout
quand elle a voulu me faire jouir avec sa main.