Voyage au bout de la Lumière

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dimanche 17 décembre 2017

Tout va bien

Samedi 16 Décembre 2017

Je bois un verre de vin blanc. Un deuxième pour être exact. Côte de Gascogne, colombard-ugni blanc de marque Uby.

J’ai commencé la bouteille hier et je compte bien la terminer ce midi, afin de redevenir, rapidement, parfaitement sobre.

J’avais parlé de ce vin, il y a au moins six mois, à ma collègue préférée, une sorte de copine du boulot. Et comme hier, j’avais du temps, comme je m’étais aperçu, le matin, en allant acheter des chaussettes, que marcher me faisait du bien, je me suis dit qu’un tour à Paris dans l’après-midi ne pourrait me faire de mal.

Bref, j’ai acheté une bouteille pour moi et une bouteille pour la copine.


***

La dépression continue de me guetter, je la sens, et reste sur mes gardes.

Cependant, je suis également capable de remarquer que, sans efforts particuliers, je me suis remis au jardin cette semaine, un début de tâches nécessaires, côté nord, que j’ai poursuivi, toujours sans efforts, ce matin.

En résumé, tout va bien.

Il faut juste être un peu patient.

Et humble…

Et raisonnable…

Et lucide…

Et etc…

vendredi 15 décembre 2017

Mon petit lac, ma baignoire, avait besoin de temps pour se réorganiser

Vendredi 15 Décembre 2017

Hier, en fin d’après-midi, je ne suis pas entré dans le bureau de ma psy le poing levé.

J’étais humble et fatigué.

Je lui ai dit que tout allait bien. Parce que c’était vrai. Ma cuite d’il y a trois semaines avait eu lieu dans une autre vie, elle n’existait plus, inutile en conséquence de lui en parler.

Ce qui fait que nous avons parlé de tabac, parce que ce soir, cela fera deux semaines que je ne fume plus.

Je lui ai dit que tout se passait bien, à part un état légèrement dépressif qui allait finir par m’inquiéter s’il durait et dont j’attendais avec impatience la disparition.

Elle m’a répondu que, sans patch, le sevrage avait peut-être été un peu trop brutal, puis elle a précisé qu’il était trop tard maintenant pour en mettre, et elle m’a donné des pastilles à la nicotine.

Confiant, je lui ai dit que d’ici une semaine, je serai en vacances, quinze jours à Vézelay, où j’avais envie de vivre désormais, que ces circonstances positives devraient me permettre de ne pas sombrer.

Mon petit lac, ma baignoire, avait besoin de temps pour se réorganiser.

Je décidai de rester à l’écoute, de m’amuser en observant, ressentant, cette réorganisation.

jeudi 14 décembre 2017

Pic vert

Le pivert était dans l’herbe quand je montais sur la colline.

Vert sur fond vert.

Crête rouge sombre, presque noire.

Je me suis arrêté.

Il m’a montré son joli cul jaune en s’envolant.

Dépression au beau fixe

Jeudi 14 décembre 2017

Rien depuis lundi.

Le vide.

Le désert.

La seule chose qui tourne, je crois, c’est mon cerveau quand je pense aux arts plastiques.

Mais je n’ai pas de tablette pour pousser plus loin mes expériences. Et je ne me sens pas prêt à travailler sur du papier, ce qui nécessiterait également un investissement, pinceaux et couleurs, investissement que je ne peux me permettre pour l’instant.

Pour combler mes 500€ d’avance sur salaire, mes 500€ de découvert autorisé, je dois être sérieux jusqu’au mois de juin, très sérieux.

J’attends en conséquence le notaire comme un messie pour me sortir de cette mauvaise passe.

lundi 11 décembre 2017

Il va être temps de secouer mon cerveau de non fumeur

Lundi 11 décembre 2017

Beaucoup de vent, beaucoup de pluie, une fuite.

D’après un expert, trouvé au comptoir du café de la mairie, ce serait parce que notre cheminée n’a pas de chapeau.


***

La dépression me guette.

Je vais devoir cesser d’attendre que mon cerveau de non fumeur se mette en place, être actif; justement, pour ne pas laisser ce cerveau faire n’importe quoi.


***

Après avoir écrit ces lignes, j’ai laissé le lac, dans les transports en commun, reprendre le pouvoir.

dimanche 10 décembre 2017

Une semaine sans tabac

Vendredi 8 décembre 2017

Je continue d’utiliser mon temps et mon énergie à ne pas fumer.

Un dîner agréable hier - M. et M., J-M., P. sans P. - sans alcool et sans cigarette.

Samedi 9 décembre 2017

Je continue d’utiliser mon temps et mon énergie à ne pas fumer, écrivais-je hier. C’est en effet toute ma vie en ce moment. Et cela me comble, me suffit, d’autant que je n’ai pas vraiment le choix.

Jusqu’à aujourd’hui, je me disais que l’écriture reviendrait quand elle reviendrait; bientôt, pensais-je. Comme elle ne vient pas, je me décide à écrire quelques lignes. Quelques lignes avant d’être malheureux, inquiet.

Ça a été assez facile d’arrêter de fumer, jusqu’à mercredi, disons. Plus difficile ensuite, parce que je suis devenu irritable, pas très heureux.

Il n’y a que le calme, en faire le moins possible, l’essentiel, qui me réussisse.

Chanceux, j’ai eu du temps cette semaine pour profiter de ce calme, de cet essentiel.

Je ne m’en réjouis qu’aujourd’hui.

Car auparavant je pensais, naïvement, que cette semaine serait dédiée aux arts plastiques. Constatant que tout ce que pouvais faire était de ne pas fumer, j’étais un peu déçu.

jeudi 7 décembre 2017

Toujours aussi rapide

Jeudi 7 novembre 2017

Vendredi soir, ma dentiste m’a dit que je serai toujours emmerdé par cette couronne, que quelque chose ne guérissait pas autour des racines, que la solution pourrait être d’arracher le peu qu’il reste de cette dent pour y installer à la place un bridge. Elle m’a donné un devis à communiquer à ma mutuelle. Devis que j’ai enfin posté aujourd’hui.

Si j’avais été moins gauche, moins angoissé pour rien, j’aurais pu gagner cinq jours. Et ça m’énerve aujourd’hui d’être lent de cette façon car un abcès me fait souffrir.

lundi 4 décembre 2017

Adieu la cigarette

Lundi 4 décembre 2017

Je n’ai rien fait d’autre, depuis samedi matin, que de ne pas fumer.

J’avais du temps. Il passait doucement. Et je ne faisais rien.

J’ai écouté la radio samedi. J’ai entretenu toute la journée un feu dimanche avec des brindilles mouillées. Une façon de nettoyer le jardin et d’avoir un peu chaud.

vendredi 1 décembre 2017

Une révélation

Est-ce la lecture du Guerrier Pacifique? Le fait d’être parfaitement sobre depuis une semaine? La joie de fumer aujourd’hui mes dernières cigarettes?

Depuis hier, en fin d’après-midi, je médite différemment.

Ce fut une véritable révélation.

Je respirais et mon corps était heureux. Je n’avais plus le même corps. De mon cou à mon bassin, l’air circulait. Et je me baignais dans ce corps comme dans une mer chaude.

Je sentais que cette mer - ou baignoire - était aussi complexe que l’univers, aussi importante, mystérieuse.

Je sentais que l’essence même de la vie était là, que ma vie était là, que toutes les choses importantes, vitales, étaient là.

Ce matin, lors de ma méditation dans le froid, après ma première cigarette, j’eus la même sensation.

Ce conglomérat d’organes qui remplissait ma baignoire était devenu plus important que ses cinq prolongements, mes membres et ma tête.

En allant au café, marchant à l’allure qu’il fallait, respirant de la même manière, je compris que mon cerveau n’était qu’un exécutant, que le décideur, le patron, celui qui avait besoin de vivre en harmonie avec l’univers et les dieux, c’était la baignoire.

Ma vie d’artiste-ascète commence aujourd’hui

Vendredi 1er décembre 2017

Je commence ma vie d’artiste ascète aujourd’hui. Pour me remettre à flot financièrement, pour commencer enfin ce que j’ai envie de faire en diminuant la frustration de devoir attendre juillet.

Mon nouveau stylet est arrivé.

En l’attendant, j’ai travaillé sur les fables de La Fontaine, l’édition originale de 1668 illustrée par François Chauveau.

J’ai décidé, pour apprendre à dessiner, à peindre, à composer, de reprendre à ma façon ces illustrations.

Cependant, je n’oublie pas ma Marie Madeleine, car ce sera elle ma première réalisation, qu’elle soit, comme le calice, réussie ou ratée.

Demain, j’arrête de fumer.

Je vais mettre toute mon énergie ce week-end, samedi et dimanche, pour vivre au mieux ce changement radical. Ensuite, lundi, je serrerai les dents pour ne pas céder.

Mes comptes sont désormais tenus au centime près. Je pense réussir à dégager un peu d’argent en 2018 pour, petit à petit, retrouver mon zéro bancaire et ne plus avoir à demander chaque mois une avance sur salaire.

J’espère ensuite économiser de quoi organiser ma première exposition de photographies - mille euros environ -, acheter une tablette pour le plaisir d’évoluer, en tant que plasticien, dans espace plus large que l’écran de mon téléphone - cinq cent euros environ.

Pour le reste, tout le reste, les travaux à Vézelay, l’argent promis à mon fils ou dû à Mirabelle, j’attendrai que mon frère cadet rachète la maison d’enfance de ma mère et m’en donne ma part.

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