être vivant

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samedi 4 septembre 2010

Problèmes d'alcool et d'anxiété

Vendredi 3 septembre 2010

Je ne bois pas et je me sens alcoolique. Ca m'énerve. Peut-être que je fais une fixation là-dessus. Je ne me sens pas les idées claires. Je dirais qu'il y a eu la fête avec Franck, le bonheur arrosé et sexuel de se retrouver dans notre petit chez nous, puis la dépression, ou descente, succédant à la fête. L'anxiété de la rentrée qui approche (lundi matin). Avec Lucky qui ne sera pas là, qui est au Cambodge avec Patrick. Avec moi qui ne me sens pas à la hauteur pour accueillir les élèves et démarrer dans de bonnes conditions cette année de formation. Je me sens à peu près bien en tant que prof mais pas en tant que responsable. Je me sens alcoolique parce que le soir, pour être à peu près bien, comme hier, je m'enfile un ou deux apéritifs suivis d'une bouteille de vin partagée avec Franck. Ensuite je bois de l'eau, je prends un livre, je dors. Pas d'ivresse, pas de fête. C'est dommage, parce que l'alcool, habituellement, c'est fait pour décoller, pas pour se remettre à niveau. Et je me sens d'autant plus alcoolique que si je m'imagine ne buvant rien de la journée, je me vois au ralenti et, de surcroît, dans ma bulle. Je ne vais pas faire d'efforts particuliers, seulement me maintenir comme je le fais en ce moment, en ne buvant pas trop.

vendredi 3 septembre 2010

Emotions, alcool, vivement Houellebecq

Jeudi 2 septembre 2010

Encore une journée bien remplie hier (cela me change vraiment de mes vacances d'avant). Franck, à 6h30, est allé emmener son fils au Pershing (aux Champs Elysées) où ce dernier travaille désormais pour se former en tant que cuisinier. Ensuite, à 8h15, quand il a été de retour, je suis sorti du lit. Je n'avais pas entendu mon réveil. J'avais la têtre embrumée. La veille, pris par les émotions, le bonheur de la vie à deux, les confidences, et quelques mots sur l'art et la littérature, je m'étais laissé aller à avaler quelques verres Cointreau. J'ai sauté dans mes fringues, un peu d'eau sur la figure et nous sommes allés déposer le cabriolet BMW à la campagne. Le MP3 et la Saxo suffiront désormais à nous véhiculer. Un repas simple le midi suivi d'une sieste. J'en avais besoin. Je me sentais clair ensuite. Avant, malade et alcoolique au dernier degré. Le quincailler nous a aidé à régler un problème de chasse d'eau. Ikéa nous a fourni une table basse. Boulanger une bouilloire. Des courses pour le repas du soir. Echine de porc et haricots verts. Ne suis pas redevenu alcoolique. Me suis contenté d'un apéritif suivi un Saint Nicolas de Bourgueil extra acheté à Chinon - Couly-Dutheil pour faire un peu de publicité. Lecture ensuite. Grâce aux livres, je peux encore passer des soirées calmes - et sobres. Dans une semaine, je serai avec Houellebecq.

mercredi 1 septembre 2010

Vie active, sexualité active, encore trop d'alcool

Dimanche 29 août 2010

Je me sens à nouveau alcoolisé. Il va être temps de se calmer.

Nous n'avons pas chômé depuis notre retour mardi soir. Beaucoup de choses ont été faites. Pas de journées vides, de sieste ou de promenades (sauf celle pour nous réconcilier). Tout l'inverse de mes vacances d'avant, de solitaire, quand je cherchais à tuer le temps, à ne pas trop m'ennuyer, à ne pas déprimer surtout. Avec Franck, la vie est belle et active. Comme il me l'a dit dès le début et me l'a redit hier soir, nous nous complétons. Je m'en rends compte chaque jour. Et moi qui me suis toujours trouvé si empoté, si peu efficace dans la gestion des affaires courantes, je m'aperçois qu'il m'arrive de l'aider, lui, l'homme efficace. C'est le monde à l'envers et ça me plaît beaucoup. Cela me donne de la confiance dans mes capacités. En rêvant un peu je me dis que si cela continue d'évoluer à ce rythme, bientôt, je ne serai plus un empoté. Je vais m'apercevoir de cette évolution (si elle est réelle) quand je reprendrai le travail (le 6 septembre).

Pour revenir sur ce temps bien occupé, il y a eu pour lui l'entretien de sa maison et le courier à traiter - le courier important concernant son changement de situation. Pour moi, la voiture. Une jante et le changement du pot d'échappement - qui m'a coûté 400 euros vendredi. La visite de notre future maison et la décision d'y emménager dès lundi. Une petite symphonie sexuelle le soir. C'est Franck qui m'a soufflé cette expression sans le savoir. J'avais une baguette à la main et je dirigeais les opérations. Franck a trouvé que je ressemblais à un chef d'orchestre. Symphonie sexuelle donc. Une première. Qui a ressemblé à peu de choses près à ce que j'avais imaginé à Montauroux après que je l'ai eu griffé pour le faire jouir. Jeudi, j'étais passé dans un magasin de bricolage et j'avais trouvé différents morceaux de bois pouvant me servir de baguette. Je l'ai élargi avec mes doigts. Cela nous bien plu. En conséquence, hier matin, je lui ai fait visité mon magasin sexuel préféré: Démonia, où j'ai trouvé un joli plug à sa taille, où il a trouvé un livre parlant du plaisir anal, où j'ai craqué sur un gode transparent de taille intermédiaire entre celui que j'utilise le plus fréquemment (de la taille d'un sexe de hardeur en pleine forme), et l'autre, que j'utilise quand j'ai envie d'être élargi, de la dimension d'un sexe de cheval. Achat d'un MP3 pour lui pour lui l'après-midi. Pas pour écouter de la musique. Un gros tricycle de 250 cc. Nous irons le chercher mardi. L'avantage de ce genre de scooter est qu'il peut être conduit sans posséder le permis moto. Je pourrai donc l'utiliser moi aussi ponctuellement. Encore la piscine - cela devient notre activité quotidienne - pour rester en forme. Cela nous lave, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. Quand je fais mon kilomètre, à mi parcours, je sens mon corps se transformer en poisson, ou, plus raisonnablement, en machine à respirer. Du bout de mes doigts jusqu'à mes orteils, mon corps ne fait qu'un, la tête devient accessoire, elle se contente de se faire transporter, de prendre plaisir aux sensations de l'eau qui glisse sur la peau, de ressentir toutes les micro turbulences qui se créent autour de mon corps de poisson et qui sont autant de micro massages. Cette activité me convient beaucoup mieux que la méditation. Dans le fond, sous mes airs d'écrivain, je suis resté sportif. Mon corps est celui d'un sportif - et il a beaucoup été négligé depuis vingt ans. Quand je reprendrai le travail, j'essaierai d'aller à la piscine au moins deux fois par semaine.

Seconde symphonie le soir. Plus courte, plus légère. Musique de chambre. La baguette n'étant là que pour accompagner le petit plug noir qui élargisait doucement le cul de Franck. De mon côté, je suis ravi de mon coup de coeur (le gros gode translucide). La taille est parfaite, intermédiaire comme je l'espérais. Quand Franck me l'a enfoncé, je me suis retenu de jouir pour ne pas écourter la séance. C'est un objet qui, a priori, j'utiliserai plus souvent seul qu'avec lui. Cependant, cela m'a rendu heureux de l'utiliser pour la première fois avec lui. Cela fait quelque chose de plus entre nous, un partage. Et je l'utiliserai avec d'autant plus de plaisir seul que je l'aurai déjà utilisé avec lui. Bref, c'est encore une belle lune de miel en ce moment. Toutes ces choses sexuelles, ces nouveautés, expliquent la première ligne de ce journal évoquant la sensation d'être trop alcoolisé. Car, sans nous saouler vraiment, pour être à l'aise dans ces jeux sexuels, nous avons tout de même bien bu ces derniers temps. Et ce n'est pas fini car cet après-midi je lui fais visiter le Banque Club.

Mardi 21 août 2010

Je suis au ralenti. J'ai lu Le Parisien, puis Le Journal du Dimanche, et maintenant, je me force à écrire quelques lignes, puisque je n'en ai pas écrit hier.

Pas de Banque Club dimanche, pour cause de dégat des eaux. Chez eux, pas chez nous. Un dimanche plutôt calme, peu alcoolisé, terminé par le film de Bertrand Blier, Le bruit des glaçons - qui m'a beaucoup plu, et torturé un peu aussi. Dernière nuit au château. Une otite. Je ne me mouille plus la tête depuis hier. Plus de piscine donc. Ca ne semble pas empirer. J'espère qu'elle va apprécier cette marque d'attention de ma part et disparaître. Déménagement rapide hier, efficace. On fonctionne vraiment bien avec Franck. A peine deux heures le matin. Une pause. Puis une heure et demi l'après-midi. C'était terminé. On était chez nous, à la Grenouillère. Une pause plus importante ensuite. Douche et lecture pour Franck (le livre sur le plaisir anal). Relecture pour moi de la grosse tartine écrite la veille. Il était temps de faire les courses et de fêter dignement notre emménagement. Et le début de notre vie de couple! Champagne, suivi d'un bon Chinon blanc accompagnant des pavés de truite. Un Cointreau après le café. Un seul pour moi. Je sentais que ça allait me péter la tête. J'ai pris du Martini blanc ensuite. J'étais excité comme une puce - ou plutôt comme une cochonne. J'ai obligé Franck à se faire sucer pendant qu'il fumait et prenait son digestif. Nous étions sur le canapé, les fenêtres grandes ouvertes. Obligé parce qu'il n'aime pas faire plusieurs choses à la fois, trop mélanger les plaisirs. Mais il s'est laissé faire, pour me faire plaisir. Je garderai longtemps le souvenir de sa jouissance dans mon cul, de son long râle exprimant un plaisir total. Exceptionellement, je n'ai pas joui en même temps que lui. J'avais une idée derrière la tête, un fantasme qui n'a pas marché. J'ai fini par m'allonger à plat dos et par me faire sucer. Franck est un expert (en tout cas avec moi).

lundi 30 août 2010

Tout s'est remis en ordre rapidement

Vendredi 27 août 2010

Nous nous sommes réconciliés. Les choses ont été dites dans la campagne de Torcy. Des pâtes ensuite, puis le courier pour lui dont il n'avait pas eu le temps de s'occuper la veille. La recherche d'une jante pour moi dans une casse auto (défaut signalé lors du contrôle technique de ma voiture en juillet). La piscine qui nous a fait beaucoup de bien. Tranquille pour lui. Cinquante longueurs pour moi qui avais besoin de me dépenser. Si je pouvais faire ça tous les jours, je pense que j'irais mieux, que je serais plus équilibré. Une bonne bouffe ensuite. Un magret de canard arrosé d'un délicieux Beaujolais appelé Moulin à vent. Puis Cleveland contre Wall Street, histoire de se rendre compte, au cas où on ne le saurait pas déjà, dans quel monde de fou on vit. Une tendre partie de jambes en l'air pour finir, épanouissante.

vendredi 27 août 2010

Un retour difficile

Mercredi 25 août 2010

Retour à Noisy. Je suis assommé, fatigué comme si j'avais bu. Hors, je n'ai rien bu. Seulement un américano hier soir.

Après une belle visite à Morandi à Toulon, courte et sage soirée avec Matine dimanche soir. Elle travaillait le lendemain. Il était hors de question de boire ou de se coucher tard. Deux bouteilles de champagne malgré tout. Sur le chemin du retour, je n'avais pas envie d'aller voir Van Gogh à Arles ou à Saint Rémy de Provence. J'avais ma dose de peinture et d'émotions. J'avais envie de rentrer chez moi. On a donc pris l'option autoroute et, pour couper nos 930 kilomètres de voyage, j'ai proposé à Franck de faire une halte chez Bobin, au Creusot, et de lui faire visiter accessoirement Montceau les Mines, la ville où s'est construite ma vie d'adulte.

Samedi soir, la maison étant vide, nous avons profité de la grande chambre de Martine. Chambre hollywoodienne avec une grande salle de bain ouverte. L'occasion de réaliser l'un des fantasmes de Franck: l'amour dans la baignoire (dont je garde un bon souvenir). Le lendemain, après Morandi, un autre fantasme: l'amour dans la piscine. Pas désagréable encore une fois, même s'il s'agit d'une pratique qui demande de l'expérience. Si nous devons le refaire un jour, nous nous y prendrons différemment.

Je raconterai la suite demain, si j'ai le courage. Pour l'heure, je suis trop à côté de mes pompes, de mes émotions, de ma vie - à côté de tout.

Jeudi 26 août 2010

Avant, naïvement, je pensais qu'avec une belle vie, épanouie, un travail psy au besoin, je pourrais me retrouver un jour détendu, à l'aise avec l'ensemble de ma vie, de l'enfance à aujourd'hui. Mais cette expérience de visite à Montceau les Mines m'a appris (une fois de plus) que ce ne sera pas possible. Il y aura toujours des situations, des lieux, des personnes que je devrai éviter. C'est ainsi. Cette fragilité en moi, cette malformation psycho-affective, me l'imposent. La dernière expérience de ce genre: Véronique qui me demande des nouvelles, le prouve encore plus.

Mauvaise journée hier donc. Franck travaillait à sa maison de campagne: jardinage et courrier. De mon ôté, je me suis activé à diverses choses - des choses que j'appelais avant les affaires courantes, ces choses qu'il faut faire même quand on n'a pas envie de les faire, pour aller bien, pour que la vie aille bien. Je me suis appliqué à ne pas trop fumer aussi. J'ai vu mon fils, un tour à Paris pour acheter du matériel d'escrime. Mais j'ai fait tout cela comme un zombie, sans goût, jouant la comédie et résistant à l'appel du vide et du laisser-aller. Je suis malgré tout heureux de ne pas m'être laisser aller, même si j'ai fait passer une mauvaise soirée à Franck.

On s'est retrouvé vers 20h. J'étais impatient de fumer et de boire. Et bien sûr, pas trop attentif à sa personne. Je ne pouvais pas l'être. Un zombie ne peut pas être attentif à qui ou à quoi que ce soit. Toujours raisonnable, je n'ai pas pris d'américano de peur de me saouler. Mais j'ai bu rapidement du vin rouge (le vin de Touraine de mon ami Trottignon). Ensuite, dès la fin du repas, sentant que j'avais ma dose d'alcool et qu'il ne fallait pas tenter le diable, je suis monté me coucher. Quelques pages de Léautaud et je me suis endormi.

Franck a passé une mauvaise soirée pour plusieurs raison. Moi peu attentif, je l'ai déjà signalé, puis mon attirance pour notre belle propriétaire qui est venue discuter avec nous de différents points concernant notre emménagement (prévu en septembre) dans la petite maison de la Grenouillère. Il m'a vu réveillé avec elle, plein de désir alors que j'étais avec lui éteint. Et bien sûr, cela ne lui a pas plu. Il me l'a dit ouvertement. J'ai répondu, en mentant inconsciemment, qu'il s'agissait de politesse. Nous nous sommes un peu fâchés. De la même façon que le passé, certains lieux ou certaines personnes, je dois me méfier de mes emballements pour les belles femmes mûres: Isis, Martine, Zéhia... Car ce n'est pas bon du tout pour ma santé. Du coup, j'ai eu le lit pour moi tout seul. J'en ai profité un peu en allant à droite à gauche durant la nuit. Mais j'aurais préféré que Franck soit là. J'aurais préféré surtout que nous ne soyons pas fâchés. Au matin, je me demandais où il était. La chambre de Wilfried, où je pensais qu'il avait dormi, était vide. Vraiment fâché et reparti à la campagne? Je suis sorti pour voir si sa voiture était là. Elle était là. J'ai fini par le trouver dans une chambre du premier étage - anciennement celle de Jonathan. Je lui ai fait un bisou pour me faire pardonner et je lui ai dit que je lui laissais les clés. Et je suis parti écrire.

Pour positiver un peu, je dois signaler que j'ai déjà retrouvé mes esprits, que je me sens à nouveau à peu près normal. J'ai donc bien fait de m'activer hier et de ne pas trop me saouler. Vais continuer d'être sérieux comme ça et éviter de faire du mal à Franck. Eviter surtout de mettre les pieds là où il ne faut pas. Et notre séjour chez Christian Bobin, je le raconterai dans une autre vie.

mercredi 25 août 2010

Houellebecq, Giacometti, Franck masochiste, déclaration d'amour, somnambulisme

Vendredi 20 août 2010

La bonne nouvelle du jour est que Houellebecq va sortir un livre. J'ai vu ça sur internet ce matin en allant jeter un oeil sur ce que nous proposait la rentrée littéraire. Dès le 8 donc, un mercredi, j'aurai de la lecture. Cela me changera de Léautaud et de Bobin.

Ecriture hier matin. Je suis vraiment accro à cette activité. Sans elle, ma vie ma paraît vide, inutile. Des courses ensuite pour préparer un bon repas à la troupe. Un déjeuner léger et nous filons à Saint Paul pour voir Giacometti. Il nous attend, fidèle au poste. Jeune et solide, plein d'énergie vitale. Franck, qui ne le connnaissait pas, a été touché. Cela m'a rendu heureux. Bouffe annulée le soir, les autres étant de sortie. Nous mangeons simplement, un peu comme le midi, et nous buvons - un peu. Avant le retour des autres, nous allons faire un câlin. Franck a des envies masochistes. Il veut que je lui griffe les fesses. Il veut jouir en ayant mal. Je fais ce que je peux mais ça ne me plaît pas trop. J'ai l'impression que si je lui obéis mes ongles, qui sont longs en ce moment, vont lui rentrer dans la chair comme des lames de couteau. Et ça ne me plaît pas. Je crois que je vais lui fouetter le cul un de ces jours avec une baguette, l'élargir avec un gode avant de le prendre. Après ça, je pense que je n'aurai pas trop à forcer au niveau des griffures. Quand nous entendons les autres arriver, nous descendons. Encore quelques verres, quelques rires, mais tout le monde est fatigué est nous nous retrouvons vite seuls. Fidèle à mes bonnes résolutions, je suis resté au vin rouge. Franck, lui, a attaqué le Cointreau. Ca lui a un peu décolé le cerveau. J'ai envie d'aller me coucher. Lui veut rester encore un peu. Je lui demande si ça va aller. Ca va aller. C'est étrange mais on dirait que les rôles se sont inversés. Lui qui habituellement est sous contrôle, se lâche sur l'alcool. Et moi, qui vomi au lit, qui dérape souvent, je suis sage.

Samedi 21 août 2010

Repas d'adieux hier midi. Martine, notre belle hotesse, part en week-end. Chez son chéri d'abord, puis à une fête de famille. Champagne, perche, Chablis. Franck est un peu grognon, ce qui est compréhensible puisqu'il s'est levé à 13h. Moi, toujours raisonnable, j'étais sorti du lit à 9h. J'étais allé écrire au village avant de faire des courses complémentaires. De retour à midi, avec les autres, je me suis occupé du repas. Franck dormait toujours. J'ai pensé qu'il fallait le laisser récupérer. Nous sommes seuls ensuite dans la maison. Nous nous baignons nus et nous pissons dans l'herbe. Franck m'avoue son fantasme de faire l'amour dans la piscine. J'en prends bonne note mais ne me sens pas pressé de lui offrir ce plaisir. Un repas simple le soir arrosé de vin rouge. Une liqueur à trente degrés ensuite. Avec beaucoup d'eau à côté pour ne pas être saouls. Quand nous n'avons plus de cigarettes, nous allons nous coucher. Encore une belle soirée. Je lui ai parlé de Houellebecq, de littérature et d'art en général. Ca m'est monté un peu à la tête: petite phase de mégalomanie, comme quoi je suis l'égal de tous ces grands artistes. Ce genre d'envolée me laisse toujours un petit quelque chose de désagréable le lendemain. L'après-midi, Franck m'avait envoyé ce texto: "JE T'AIME". Je n'y avais pas répondu mais j'avais pensé que je ferai. C'est durant la soirée, aidé un peu par l'ivresse, que je lui ai répondu. Il en a été ému aux larmes. Nous nous serrés l'un contre l'autre. Il m'a dit qu'il se souviendrait longtemps de ce 20 août 2010.

Il s'est passé quelque chose d'étrange cette nuit, alors que je n'étais pas saoul puisque j'étais clair ce matin quand le réveil a sonné à 9h (alors qu'on s'étaient couchés à 2h30). Franck me l'a raconté ce matin avant que je ne me mette à écrire. Il s'est réveillé dans la nuit et m'a vu debout en train de pisser dans la chambre. Il m'a demandé ce que je faisais et je lui ai répondu, le plus naturellement du monde, que je pissais. Je ne me suis pas "réveillé". Je n'ai qu'un vague souvenir de flaque d'eau, de pisse ou de pluie, comme dans un rêve. Ensuite, j'ai voulu descendre. Il m'a accompagné dans l'escalier. Il est allé aux toilettes. Je suis allé dans le jardin. Il m'a dit en que je voulais retirer la clé de la porte après être entré, que je n'y arrivais pas, que cela m'énervais, que toute cette scène de pisse dans la chambre avec la descente au jardin avait bien duré dix minutes. Je ne me souvenais de rien (à part cette vague image de flaque d'eau ou de pisse). En remontant dans la chambre après le petit déjeuner, j'ai vu une tache sur le revêtement de sol en cordes tressées. Je n'ai pas fait le rapprochement avec la flaque entrevue cette nuit. Il m'est arrivé d'être très saoul, de ne pas me souvenir pas de la fin de soirée, mais là, la situation n'avait rien à voir. Etrange somnabulisme donc. Vais malgré tout continuer de faire attention à l'alcool, car nous avons pas mal bu depuis notre arrivée dimanche. Cette histoire me chagrine parce que ces derniers temps, j'arrivais très bien à rester lucide, à ne pas trop boire. Je trouve que ce n'est pas une belle récompense pour ces efforts.

vendredi 20 août 2010

Retour Chinon et départ Montauroux

Samedi 14 août 2010

Retour rapide hier. Nous n'avons pas flâné au bord de la Loire. Nous avons attrapé l'autoroute un peu avant Tour et nous avons filé jusqu'à Paris sans rencontrer de résistance. Lessive, piscine, cinéma, repas, dodo. La journée a été particulièrement remplie et rythmée. J'ai pris le temps de souhaiter un joyeux anniversaire à mon père le soir, et de répondre à un appel de Bertrand - suis tombé sur son répondeur. Vanessa avait appelé aussi. Je vais lui donner un coup de main. Pas de câlins le soir. J'avais besoin de calme, de chaleur, de sommeil. J'avais besoin de me retrouver. Franck est redescendu boire un verre - et se masturber peut-être. Je pense que c'est pour cette raison qu'il ne s'est pas levé ce matin. Les rêves, fidèles à leurs habitudes en ce moment, ont continué de me secouer une bonne partie de la nuit. De très belles femmes, très minces, habillées de façon très sexy, étaient proches de moi mais je ne les désirais pas. La rencontre avec ma soeur n'a pas dû arranger mes problèmes. Comme Véronique, elle est très bien placée pour me ramener à une période trouble et douloureuse de ma vie - période qui correspond aujourd'hui à une partie de ma personne où je ne dois pas mettre les pieds trop souvent. Je pensais que cette rencontre pourrait être l'occasion de reprendre des relations plus intéressantes - on ne se parle quasiment plus depuis plusieurs années. Ce ne sera pas possible. Elle n'a pas changé et ce n'est pas à quarante huit ans qu'elle changera. Elle ne sait que parler d'elle-même et de ses problèmes (un peu comme moi dans ce journal). C'est à peine si elle a posé une question à Franck pour lui demander qui il était, ce qu'il faisait. De toute façon, n'a pas écouté la réponse. Par avance pas intéressée. Heureusement, le restaurant était délicieux. La nourriture, le vin, le service, tout était bon. Au moins ça. Et puis j'étais avec Franck. Nous étions complices. Cela m'a aidé à vivre à cette épreuve. J'avais imaginé un bon moment, simple, et puis non: une épreuve. C'était donc le dernier repas de ce genre avec ma soeur. Ce doit être pour ça que je ne suis pas très en forme aujourd'hui. Au moins les choses sont claires cette fois, et pour toujours: rapports de bon voisinage, des nouvelles de temps en temps, vite fait, cela sera bien suffisant. Elle m'a fait l'effet d'être un petit robot nerveux, ne faisant que parler, un peu en boucle, souvent en boucle. Si je vis à l'écart, coupé du monde, elle, sans s'en rendre compte, est dans une situation bien pire.

La matinée, à l'inverse, fut plus agréable. Après un temps d'écriture au café, nous sommes allés voir la maison d'enfance de Rabelais: La Devinière. Poésie du nom, du lieu. J'avais l'impression d'être à Disney Land, ou mieux, dans Alice au pays des merveilles, dans un conte quelconque mais plutôt beau et heureux, pas angoissant pour deux sous. Les anciennes caves, creusées dans la pierre, étaient immenses. J'étais là-dedans comme dans une oeuvre d'art. Il n'y avait même pas besoin d'y ajouter des dessins comme à Lascaux. C'était beau, simplement beau. Dans certains bâtiments étaient exposées des calligraphies. D'un point de vue pictural, j'ai trouvé cela très raide, et plat. Des images en deux dimensions, sans profondeur, sans volume malgré la dextérité du peintre. Les murs épais des grottes taillés grossièrement étaient à côté de ces dessins d'une légèreté infinie. Ai lu les belles phrases de ces calligraphies et j'ai retenu (pour moi, comme on retient un conseil d'ami) ce proverbe Arabe: "Mets les mots à leur place. A la tienne, ils te placent." A cinq cent ans de distance, c'était comme un conseil de Rabelais. J'ai pris ça comme un signe car, avec ce journal, c'était tout à fait ce que je faisais.

Mardi 17 août 2010

Une belle journée avec Franck samedi, un bon moment avec Vanessa, utile. La route dimanche. Une longue route de 935 kms suivie d'un accueil charmant de notre hôtesse. Tellement charmant que nous l'avons prolongé jusqu'à cinq heures du matin. Nous avons parlé de beaucoup de choses et nous avons beaucoup bu. Nous avons beaucoup ri aussi. Martine, bientôt en retraite (dans un an) deviendra peut-être une amie. Le poivrot en moi, ou le petit diable, ne pouvait rater cette occasion. Heureux d'être heureux, heureux d'être lucide malgré tout le rosé ingurgité, je me suis offert une séance d'alcools forts. Un peu d'Aquavit, de Bas-Armagnac et beaucoup de Cointreau. Dommage, parce que cela m'a rendu malade. Cela n'a pas dû être agréable pour Franck. Vis à vis de notre hôtesse, ce n'était pas terrible non plus de lui demander le matin où était la machine à laver pour tenter d'effacer cette erreur. Cela fait de nombreuse fois que je le pense: je vais devoir apprendre à me diriger, apprendre à prendre plaisir à me diriger - il est grand temps - pour ne pas me faire trop emmerder par ce petit diable.

Un plouf dans la piscine ensuite puis départ pour Saint-Tropez, pour voir Modigliani. Bouchon annoncé par Martine dès Sainte Maxime. Je décide d'abandonner Modigliani, mais Franck a une meilleure idée: nous nous garons et prenons le bateau. Est-ce la gueule de bois? Est-ce Modigliani qui m'a ramené dans le passé? Cette exposition m'a fait souffrir. Je crois que sa peinture touche une part fragile de ma personne, malade, mélancolique. Même si beaucoup de ses oeuvres ne m'ont pas plu, j'ai vu quelques merveilles: Portrait de jeune femme - 1918, Un Nu assis de 1909 (Modigliani a 15 ans), un Petit garçon roux, triste et grave, ressemblant à Bourvil, un portrait au crayon de Léopold Zborowski (1917), un autre de Picasso datant de 1914 ou 1915.

Fatigue le soir. Sans abuser de rosé, nous avons fait la connaissance nouveau arrivants: Damien et Delphine et leurs deux jeunes enfants, Malaury et Florian. Après quelques minutes de stress, j'étais heureux de ne pas coincer. Encore des rires et des échanges intéressants. Et maintenant, il n'y a plus qu'à diriger, décider...

Jeudi 19 août 2010

Encore du monde mardi, une frère de Martine avec sa compagne et ses petits enfants, la fille de Martine qui fêtait ses 33 ans, accompagnée de son nouveau compagnon, un espagnol charmant nommé Ricard. Une belle tablée animée, arrosée. Un tour de pédalo sur le lac l'après-midi pour dégriser. Et le soir, nous voilà reparti. Martine et Delphine ont envie d'aller danser. Et Franck, quand il s'agit d'aller danser, n'est jamais le dernier. Je ne suis pas motivé mais j'accompagne le groupe. Damien fait de même. Nos trois danseurs s'en donnent à coeur joie. C'est la fête. Et au retour - le bar fermant à trois heures - on ouvre du champagne. Delphine retombe sur terre et ne tarde pas à aller se coucher. Martine et Franck restent en l'air. Et moi, qui ai bu autant qu'eux, je m'étonne d'être aussi lucide, aussi peu ivre. Je mets ça sur le compte de mes bonnes résolutions: me contrôler, me diriger. A un moment, j'ai cru que Martine allait finir dans notre lit. Mais non, mon imagination qui m'a encore joué un tour. Elle nous embrasse et va se coucher. Franck veut prendre l'air, fumer une dernière cigarette. Nous faisons le tour de la maison. Il titube et je le soutiens.

Journée calme donc hier après cette soirée. Mon téléphone indiquait 5h30 quand on s'est couché. Je suis allé marcher. Franck, après avoir désaoulé dans la piscine, s'est recouché. J'ai mangé seul et légèrement: une tomate, un peu de saussisson et un verre de rosé. Je me suis connecté ensuite à internet mais n'ai pas voulu aller sur mon blog, Facebook ou lire mes e-mails. Je suis en vacances. J'ai cherché le nom du guêpe très longue et très fine, noire, qui a l'abdomen séparé du reste du corps par un fil d'un centimètre. Bien sûr, aujourd'hui, je ne me souviens plus de son nom - un nom latin. Mais ça m'a fait plaisir de le chercher. Le temps que je choisisse entre Onfray et Sollers, Franck était debout. Et Martine de retour du coiffeurs. Tous les autres étaient en balade pour la journée du côté de Nice. Nous avons décidé d'aider Martine à l'entretien de sa maison. Une lanterne autour de la piscine à changer et le portail à consolider. Cela nous a tenu de bonnes deux heures. Et puis nous avons préparé avec Martine l'apéritif du soir. Une côte de boeuf délicieuse - on mange très bien chez Martine - accompagnée d'un vin espagnol peu à mon goût. Ai retrouvé sans tarder, la bouteille finie, mon rosé favori. Puis nous sommes allés nous coucher avant d'être saoul.

vendredi 13 août 2010

Léautaud, Gavalda, Sagan, Véronique, perturbé, vacances à Chinon

Samedi 7 août 2010

Quand Franck est rentré, je l'ai déjà signalé, j'ai fermé son clapet à Sollers. Il était un peu tôt pour l'apéro mais j'avais une idée derrière la tête. Une envie pour être précis. Mais je n'ai pas osé en parler. J'ai attendu le second apéro, la tête qui me tournait un peu pour la lui avouer. Ensuite, je suis allé me doucher et l'attendre dans la chambre. Je me suis assis au bord du lit, face à la fenêtre. "Tu médites, m'a-t-til dit en entrant?" Je n'ai rien répondu. Je l'ai laissé se déshabiller et venir m'enlasser par derrière. Puis je lui ai demandé de se mettre debout devant moi et de me donner sa queue. Je l'ai ressortie de ma bouche pour lui préciser mon envie: qu'il jouisse ainsi, en me baisant la bouche pendant que je me branlais. Et c'est ce qui s'est passé.

Il n'y aura pas de musée Léautaud à Fontenay aux roses. J'y avais cru un peu en découvrant la maison abandonnée la dernière fois que j'y étais allé. Les travaux sont en cours, mais c'est pour diviser la maison en appartements. Un au premier étage (où il écrivait, dormait), un au rez de chaussée ou vivait sa bonne. Je me suis dit que j'y retournerai dans quelques mois, que j'aurai le culot de demander aux habitants la permission de visiter cette maison.

Pause ensuite au Château, deux heures. Nous avons écouté Anna Gavalda parler de Françoise Sagan. C'était très beau. Spectacle ensuite - plutôt réussi - avant de vider une bouteille d'Anjou Trottignon à l'apéro. Libre dans mon corps et dans ma tête en ce moment, j'avais envie de me faire baiser longuement. Mais nous avons mangé d'abord. Ensuite il a pris un Get et moi je suis monté l'attendre dans le lit. Je lui ai dit mon envie dès qu'il est arrivé et, après divers préliminaires et positions pénétrantes, nous avons trouvé celle qui nous convenait. J'ai joui comme une femme, de la pénétration en me touchant la queue juste ce qu'il fallait. Même si je suis en manque de femme, cette façon de jouir est la plus épanouissante pour moi.

En parlant de femme, Véronique, mon grand amour, m'a répondu qu'elle était surprise de me voir attiré par les hommes. Je lui ai donc écrit pour lui expliquer tout cela. Que j'étais finalement, dans ma psychologie, mes zones érogènes, à moitié femme. Que j'avais longtemps occulté ce fait et que c'était sûrement pour cette raison que j'avais eu toutes ces difficultés: dépression, anxiété, manque de confiance en moi.

Dimanche 8 août 2010

Franck est parti hier après-midi. Cela fait du vide. Un vide pas très agréable parce que nous étions bien tous les deux au château ces derniers jours. Quand je parle de vie paisible, c'est comme si je parlais de bonheur. Il sera de retour ce soir. J'ai comblé ce vide en écoutant Onfray et Sollers. Le premier m'amuse plus que le second. Et puis en allant voir Copacabana, le film ou Isabelle Huppert joue avec sa fille. J'ai trouvé Aure Atika très bien. Aussi une vieille peau (le personnage) que joue admirablement Chantal Banlier. Presque trop bien, trop fort, trop crédible. D'ailleurs, aucun comédien ne faisait tache dans ce film. Ils étaient tous bien. Un beau blond, nordique, m'a fait penser à mon homosexualité, Isabelle huppert m'a fait penser à Isis. Pourquoi suis-je attiré par ce genre de femme? Leur fragilité, je pense, et leur secret. J'ai trouvé le film un peu triste, et un peu amusant aussi, rien qu'un peu, comme la vie. Au moins il n'était pas raté car comme la vie il était vivant. Léautaud pour finir ma journée, au lit.

Après quelques recherches, le beau blond s'appelle Jurgen Delnaet, et sa tête ne m'était pas inconnue puisque je l'avais vu dans Moscow, Belgium. La blonde de ce film (Barbara Sarafian) m'avait bien évidemment fait penser à Isis.

Véronique m'a répondu que j'avais toujours aimé la provocation. Je me suis demandé un bon moment ce que ça voulait dire. Et la seule explication que j'ai dénichée est qu'elle m'avait peut-être trouvé un peu trop direct, brutal, voire cru dans ma façon de lui exposer ma vie, de lui parler de ma sexualité, de mon côté femme. Elle a écrit aussi que je n'étais plus celui que j'étais. Et puis elle m'a dit au revoir comme on dit adieu. Pour ma part, je lui ai répondu: "Heureusement, que je n'étais plus celui que j'étais! Et ce pour mon plus grand bonheur!" Je lui ai surtout précisé qu'il n'y avait aucune provocation dans ce que j'avais écrit, que je lui avais exprimé le plus sincèrement du monde ma vie passée et ce que j'étais devenu. J'ai ajouté que la provocation, le cynisme, qui avaient pu me plaire à une autre époque avaient presque complètement disparus, pour mon plus grand bonheur encore une fois. Ca sentait la fin de l'histoire. Une histoire très courte cette fois. Et peu douloureuse. Nos corps s'étaient reconnus à une époque, nos coeurs aussi. Quelque chose avait fait que l'on n'avait pu s'aimer, construire quelque chose tous les deux. C'était il y a longtemps. Je n'avais pas de regret. La vie est rarement ce que l'on s'imagine. Elle nous emporte, se joue de nous - et malheur à ceux qui veulent la domestiquer, leur vie sera probablement terne, inintéressante, comme eux, et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes possible, comme dit mon ami Voltaire. Par contre, si l'on se laisse aller dans ce flot - si l'on ne se laisse pas noyer! - si l'on apprend à nager un peu, la vie peut nous apporter de belles choses, de très belles choses. C'est ce que je crois. Mais en attendant (ces belles choses par exemple), il ne faut pas avoir peur de souffrir. Voilà, toute ma philosophie résumée en deux lignes.

Message pour Véronique:

"Il faut laisser le passé là où il est. Il est passé. On ne le changera pas. Il faut envisager l'avenir (si on le peux) et tenter de vivre le présent (qui n'est pas toujours drôle). C'est un peu triste comme philosophie, mais je n'en ai pas trouvé d'autre."

Ce qu'il reste de mes écrits de poivrots:

Il y a quelque chose de pervers en moi, de masochiste. J'ai pu le vérifier encore hier soir quand j'ai utilisé des légumes rapportés par Franck à des fins de plaisir. Plaisir qui m'a laissé ensuite des traces de déplaisir. Je ferais mieux d'écouter les conseils d'Onfray, qui préconise d'éviter les plaisirs qui apporte dans un second temps un déplaisir annulant plus eu moins le plaisir. Plaisir masochiste donc, puisque la douleur - ou l'avilissement - a joué pour une bonne part dans ce plaisir. Cela m'arrive de temps en temps.

En écoutant Onfray, je me sens comme un chercheur qui n' a pas encore de résultats à présenter. Puis je me dis que j'aurai des résultats un jour. Des résultats qui seront un feuille de papier agrémentée de vent, de légers mouvements à sa surface. Ce pourra-t-être aussi une limace qui progresse sur un sol sec, ou un escargot que l'on tue un jour de pluie.

Lundi 9 août 2010

Il ne faut pas laisser se marier l'alcool et l'écriture.

C'est pourtant ce que j'ai fait hier après-midi, avant de m'écrouler dans mon lit.

J'avais une bonne excuse. Les poivrots ont toujours de bonnes excuses. C'est que j'avais été touché plus que je ne pensais par ces retrouvailles (par écrit, par l'intermédiaire de Facebook) avec Véronique.

Au café, je m'étais déjà un peu emflammé dans mon écriture. Comme on s'était déjà dit ce qu'on avait à se dire, et que j'en parlais dans mon journal, je me suis dit que j'allais en sélectionner quelques morceaux pour les envoyer à Véronique. Et c'est ce que j'ai fait en arrivant au château. Avant, je m'étais servi un grand américano. Raisonnablement, j'ai envoyé ce que j'avais à envoyer à Véronique avant de boire. Mais c'était trop tard. Alcool ou pas alcool, j'étais grisé de toute façon. Ensuite, j'ai écouté Onfray. Satisfait de moi, heureux d'être sur terre. Et les propos intelligents (et souvent drôles) de l'auteur de la Contre-histoire de la philosophie ont continué de me griser. Alors, au lieu de me calmer et de manger quelque chose, je me suis servi un deuxième américano. Et puis, ma cervelle bouillonnant, je me suis mis à écrire des trucs - des trucs que je relirai cet après-midi, pas maintenant - qui sont probablement des élucubrations de poivrot mégalomane - pas vraiment ce qu'il me faut pour commencer la journée aujourd'hui. Bref, un peu d'Onfray, un peu d'écriture, et beaucoup trop d'alcool. J'étais parti. Je m'en servi un troisième et dernier avant d'aller me coucher.

C'est Franck qui m'a réveillé - pour que je lui ouvre la porte du château. Puis un appel d'Emilie. Elle se demandait ce que je foutais. Je lui ai dit que je m'étais laissé prendre par l'alcool et qu'en conséquence je n'avais pu lui rendre visite comme c'était prévu. On devait prendre le thé ensemble. Je devais lui ramener ses clés qu'elle m'avait laissées pour que j'arrose ses plantes durant ses vacances avec Pierre. Au passage, perturbé par l'alcool et par cette histoire avec Véronique, j'ai fait volontairement une sale réflexion au sujet de Franck, qui était à côté. Le truc débile, gratuit. Il était fâché - à juste titre. Ca nous a donné l'occasion d'une belle discussion, doucement arrosée d'un très vieux et bon Bordeaux. Cela me fait vraiment du bien de parler avec lui. Tout devient clair et simple. Beaucoup plus de bien que de converser par écrit avec Véronique ou d'écouter Onfray en me versant de l'alcool plein la tête. Bref, on s'est réconciliés. On a passé un bon moment. Une belle soirée. C'est une vraie petite lune de miel que l'on vit depuis mon retour du Vieux Boucau. Surprise! pour finir cette belle journée, il avait envie d'inverser les rôles. Je pensais que cette pratique ne lui manquait pas. Eh bien si, ça lui manquait. Et ça ne m'a pas déplu.

Mercredi 11 juillet 2010

Pas d'écriture hier. Préparation des affaires nécessaires pour notre séjour à Chinon et départ. Le soir, à Chinon, je me suis aperçu que j'avais oublié le petit déjeuner et le papier toilette. Plus grave, je n'avais pas pris les oreillers, la couette et le drap house. Heureusement que Franck n'avait pas oublié son duvet. Même effet que la première nuit au Vieux Boucau. La fraîcheur venue du sol imprégnait le matelat gonflable et venait jusque dans mon dans le dos (je m'endors sur le dos), contrastant avec la chaleur d'un duvet fait pour le grand nord qui me chauffait le ventre. Deux températures sur le même corps. Ca n'allait pas du tout. Je me sentais tomber malade. La solution a été de dormir sur le flanc. Un quart du corps seulement au contact du froid. Franck collé à moi derrière et le duvet me chauffant au-dessus et devant. Il fallait que je reste bien vertical dans cette position, parce que si je me mettais à moitié sur le ventre, Franck m'écrasait. Il est comme ça: affectueux.

Aujourd'hui, il pleut. Un crachin très léger, vaporeux, mais qui mouille. De grosses gouttes de pluie nous l'avaient annoncé dans la nuit.

Agréable route le long de la Loire entre Blois et Bourgueil. Un arrêt à La Riche, à côté de Tour, pour voir les vitraux de Zao Wou-Ki récemment installés dans le réfectoire du prieuré de Saint Cosme. Le prieuré dont le poète Pierre de Ronsard a eu la charge en 1565, et où il finit ses jours en 1585. Tous les vitraux du haut sont en noir et blanc. Je n'ai pas trouvé cela très réussi - un peu triste. Mais c'est peut-être un bon choix pour se recueillir dans le néant. Par contre, les trois qui illuminent la chaire du lecteur sont très vifs, presque sanglants. C'aurait plus faire un bel effet de contraste avec tous les autres si ces derniers n'avaient pas été si haut. Pas de communication possible entre eux. Zao Wou-Ki est un maître. Les minuscules peintures, originales, faites pour devenir des timbres poste, nous le criaient. Et certains motifs, faits pour des assiettes de Sèvres, nous indiquaient que ce jour-là - ou cette seconde là - un dieu avait guidé sa main. Un film ensuite que l'on n'avait pas le temps de voir. Il y avait encore de la route et on voulait visiter Chinon avant la nuit. Cependant, on a eu le temps d'apercevoir quelques merveilles. Ce bonheur pictural va me permettre de patienter jusqu'au 15, quand nous irons rendre visite à Modigliani, Morandi et Giacometti - et peut-être aussi Aléchinski et Matisse.

Un très bon restaurant. Du Vouvray en apéritif, puis un coq au vin largement arrosé de Chinon. Je ne suis pas un fanatique de ce vin. Je trouve qu'il sent la terre. Une bonne terre nourricière peut-être, mais de la terre. Et ça ne me plaît pas. J'ai reparlé à Franck de mes retrouvailles avec Véronique, de comment finalement elles m'avaient perturbé. Nous sommes tombés d'accord sur le fait qu'il fallait laisser le passé là où il était. Ca tombait bien. Puisque c'est ce que j'avais écrit en dernier à Véronique. Avant d'être saoûl et d'ajouter d'autres choses que je n'ai pas encore osé relire. Je n'ai pas relu non plus mon journal de poivrot de cet après-midi-là. Vais peut-être le faire maintenant, si Franck ne me rejoint pas.

Jeudi 12 août 2010

Promenade dans la ville le matin et visite du château l'après-midi. De la forteresse pour être plus précis, car c'était sa fonction. Une longue histoire. Un guide à la hauteur - qui aurait pu tout aussi bien être conférencier tellement il maitrisait son sujet. Nous avons donc appris mille choses intéressantes dont nous ne nous souviendrons pas. Peu-importe, durant la visite, toutes ces informations nous ont permis de comprendre ce lieu, de vivre un peu avec tous ceux qui y ont vécu. Dégustation de vins ensuite chez ma soeur. Elle vend des bouteilles pour la grande maison Couly-Duteil. Nous avons convenu d'un rendez-vous pour dîner ensemble. Ce sera pour ce soir. Une douche après ce long après-midi puis un pique-nique au bord de la Vienne. Une nuit meilleure que la précédente parce qu'après la douche, nous sommes allés emprunter à ma soeur un drap et une couverture. Mon corps était content, à bonne température des deux côtés. il s'est endormi paisiblement. De sales rêves ensuites, dû à ma chère Véronique, à ma cuite de dimanche et au fait que je voie ma soeur. Toute cela doit me ramener à un passé lointain et mal digéré. Du coup, j'ai l'esprit embrumé ce matin, épais et trouble comme une soupe dans laquelle on aurait ajouté du lait. Pas envie de détailler ce qui s'est passé hier. En attendant Franck - qui sera là dans vingt minutes - je vais relire et corriger des choses plus anciennes, voire supprimer mes propos de poivrot de dimanche après-midi. Perturbé pour perturbé, autant y aller maintenant.

samedi 7 août 2010

La vie paisible avec Franck, un vieil amour appelé Véronique, Sollers, Onfray, Léautaud à Fontenay aux Roses

Jeudi 5 août 2010

C'est le début de la vie paisible avec Franck. Ecriture au café pour moi le matin. Un tour au centre commercial pour lui. Il recherche un opérateur et un téléphone. Ceux qu'il a pour l'instant dépendant de l'entreprise qu'il a vendue. Apéritif à midi, puis une bouffe légère, arrosée d'une demi bouteille de rosé - je vais essayer de ne plus avoir mal au crâne. Une sieste digestive. Trente minutes pour moi, un peu plus pour lui. Pas de câlin. Piscine à Villiers sur Marne. Une demi-heure. Un kilomètre. Un coup de pied aux fesses ensuite pour faires mes comptes. Ca va. Mais je dois rester raisonnable si je veux être en mesure de payer les réparations de la voiture, obligatoires suite au contrôle technique, le pot d'échappement et une jante. Il y a la couronne que j'ai perdu il y a quelques mois aussi. Si je ne veux pas avoir la dentition de Léautaud à 55 ans, c'est-à-dire plus de dents, cet investissement est plus que nécessaire. Trois cent euros. Et peut-être autant pour la voiture. J'ai prévenu Franck pour les vacances que l'on va passer ensemble en août que l'on paiera chacun sa part, jusqu'à ce que je ne puisse plus. Il a regardé la télé l'après-midi, Nestor Burma, et moi, après les comptes, je me suis occupé des e-mails et de Facebook. Voilà, j'avais fait tout ce que j'avais à faire et il était l'heure de l'apéro. Parfait timing. C'est ce que j'appelle la vie paisible, rythmée, qui me fait du bien. Nous n'avions pas à traîner parce qu'à 20h30, dans le merveilleux cinéma du centre ville, nous allions voir Tamara Drew.

Vendredi 6 août 2010

Encore une journée paisible hier. Franck est parti à Augers pour s'occuper du courrier. La boutique a beau être vendu, il reste des choses à traiter, à classer. Il devait s'occuper du jardin aussi. Tonte, mauvaises herbes dans les massifs de fleurs pour que tout soit propre - en partie pour séduire d'éventuels acheteurs. Moi, j'ai gardé mon rythme. Ecriture au café puis courses puis banque pour mon Ex - qu'elle puisse disposer de l'argent de la pension que je verse pour mon fils (je suis gentil, arrangeant) puis Speedy pour leur demander un devis pour le pot d'échappement, mais ils étaient trop occupés, ils m'ont demandé de revenir lundi. Un apéritif, un seul, une bouffe toute simple: du riz, comme en vacances avec mon fils - cela simplifie bien les choses. Trente minutes de sieste méditative - sans dormir. Cela m'arrageait bien que Franck ne soit pas là. Je me sentais plus libre pour répondre à l'amour de ma vie (j'avais 20 ans) qui m'avait demandé des nouvelles il y a quelques jours par l'intermédiaire de Facebook. Je l'avais appelée du temps que j'étais encore marié un soir que j'étais saoul. Elle m'avait jeté. J'ai su plus tard qu'elle avait eu des déboire avec un hommes qui buvaient. Deux filles, deux pères avec des problèmes d'alcool. Il y a 25 ans c'était moi. On buvait pas mal tous les deux. Je suppose qu'elle attire ce genre de personne. J'en saurai plus quand elle me répondra. Aujourd'hui peut-être. J'ai donc pris mon courage à deux mains et je lui ai écrit ceci:

"Je m'y mets et, pour ne pas trop me perdre, je vais commencer par aujourd'hui. Ensuite, si j'ai le temps (et l'envie) je remonterai un peu dans le passé.

Je suis avec un homme depuis une année (Franck). Début septembre, dans moins d'un mois, nous emménagerons ensemble. Ca fait bizarre. Il y a un peu plus d'un an, d'un commun accord, on se séparait avec Isis (une histoire d'une annnée). C'était ce qu'on avait de mieux à faire. Seulement, alors que je ne m'y attendais pas, je me suis retrouvé attaché. J'ai mis un an à l'oublier. Parce que je suis malfoutu au niveau des sentiments, de la sexualité. Je suis complexe et j'ai souvent du mal à me suivre. Bref, après cette rupture, je cherchais une nouvelle copine - et aussi un nouvel amant parce que celui que je voyais ne me convenait plus. Et je tombe sur Franck! On s'entend bien. On tente l'aventure. Il a une grande fille de 20 ans, un garçon de 16. Le mien, Charly, a 12 ans. Les femmes me manquent mais je sens que ce n'est pas le moment de combler ce manque. Avec un peu de chance, nous tomberons un jour sur une coquine à qui cela fera plaisir de faire l'amour avec deux hommes. En attendant, ceinture. Avant, j'ai eu une relation de trois années avec une femme plus jeune, après mon divorce. On est resté ami. Elle fait partie de ma famille maintenant. C'est pendant cette relation que je me suis mis doucement a accepter ma bisexualité. Mais je n'avais pas envisagé de me mettre en ménage avec un homme! Divorce heureux, nécessaire en 2004. J'ai gardé de bons rapports avec mon Ex, et avec mon fils évidemment, avec son nouveau mari (que je lui ai d'ailleurs présenté en 2003) et leur petit garçon qui a trois ans et demi maintenant. Avant, j'étais en dépression (et en psychothérapie). Et encore avant, c'était toi, c'était nous. Il y a eu Sophie et Florence aussi, mais je ne vais pas tout détailler. J'ai bien souffert de notre séparation. Toi aussi je suppose. J'étais à côté de mes pompes. Pour essayer de m'y retrouver, je ne sais pas si j'ai bien fait, je ne le saurai jamais, j'ai dû me couper de mon passé pour essayer de repartir à zéro. Ca m'a bien fait souffrir de me couper de tout et de tous, mais c'était nécessaire, c'était la solution que j'avais trouvé pour démarrer une nouvelle vie, la vie d'artiste à laquelle j'aspirais. Je ne sais pas si tu te rappelles que je voulais écrire quand j'ai décidé de mettre un terme à ma carrière de gymnaste pour mener une vie d'artiste. Eh bien, ça ne m'a jamais lâché. J'écris. Autant pour me faire du bien (m'équilibrer) que pour faire une oeuvre d'art. Il s'agit d'un journal. Ma vie est un prétexte pour écrire sur la vie. Je suis mon propre sujet, héros ou anti-héros de ce long livre qui se terminera à ma mort. Commercialement, c'est pas gagné. Mais je ne me désole pas. Je me sens progresser chaque année, voire chaque mois, et cela m'encourage. Un truc me tient à coeur et me motive. C'est que, si je veux réussir, au niveau littéraire, je vais devoir être excellant, et même plus. Parce que, vu ce que je fais, si je ne suis pas excellant, cela n'intéressera personne. Je trouve que c'est un beau défi, un beau pari, qui donne du sens à ma vie. Accessoirement, comme je l'ai déjà signalé en parlant d'équilibre, cela m'aide à m'y retrouver, à m'accepter tel que je suis: anxieux, instable, avec des hauts et des bas relativement marqués. En exagérant un peu, j'ajouterais que je ne suis pas doué pour la vie, une sorte d'inadapté. Bref, toutes les qualités qu'il faut pour être un bon artiste.

Pour finir, je sais que la vie n'a pas été douce avec toi non plus. Si tu veux m'en dire un mot, ce sera avec plaisir que je t'écouterai.

J'espère que tu vas bien, que les années difficles sont derrière toi.

Au plaisir à mon tour d'avoir de tes nouvelles."

Après avoir écrit cela, j'avais quelques heures devant moi avant l'arrivée de Franck. Je me suis souvenu que j'étais tombé par hasard en écoutant la radio dans ma voiture sur Sollers (peu de temps avant d'arriver à Rocamadour) et puis plus récemment sur Michel Onfray - que l'on entend chaque été refaire l'histoire de la philosophie sur France Culture - sa fameuse contre-histoire de la philosophie que je respecte infiniment. J'ai donc écouté la première émission, datée du 26 juillet. Et ensuite j'ai écouté le début de Sollers. Le début seulement parce que Franck est arrivé. Concernant Sollers, je tente de découvrir qui il est derrière ses multiples masques. Pour l'instant, j'en reste à cette formule: un être très intelligent, qui a compris beaucoup de chose, et qui est triste la plupart du temps à cause de ces choses. En tant qu'écrivain, je le crois moins bon que ce qu'il pense être, mais pas maladroit pour autant, seulement un peu fade (à mon goût) parce qu'il écrit avec sa tête et pas avec son coeur ou son âme - si ces deux choses existent. C'est mon opinion pour l'instant, mais elle peut changer. C'est pour ça que je l'écoute. Pour Onfray, mon opinion est déjà faite: sa contre-histoire de la philosophie est un joyau et il sera reconnu longtemps pour ça. Par contre, en tant que philosophe, il ne m'intéresse pas. Je préfère les olibrius dans mon genre, ou dans le genre de Cioran, Niezsche, Voltaire, Montaigne... Vous voyez le genre...

J'avais une dernière chose à raconter concernant la journée d'hier mais je n'ai pas le temps. Nous avons décidé cet après-midi d'aller faire une visite à Léautaud - à sa maison et à ses compagnons qui dorment sous la terre. Et il est temps. Je vous raconterai la suite demain.

jeudi 5 août 2010

Mes parents vont mieux, moi aussi

Mercredi 4 août 2010

Lundi matin, je suis allé écrire au café, puis nous avons déjeuné. L'après-midi, une belle promenade le long du canal. Je ne trouve pas ça très gai un canal. Mais c'était plaisant d'être là avec mes parents. Comme je l'avais déjà remarqué au mois de mai, ils semblent mieux s'entendre, se respecter. J'ai noté de nombreuses marques d'attention, voire d'affection, entre eux. Au point que je les soupçonne d'avoir à nouveau des rapports sexuels. Je ne sais pas quel genre de rapports, mais quelque chose a changé, c'est certain. Ils ont 73 ans. S'ils continuent comme ça, ils vont avoir une belle fin de vie. Je les ai quittés mardi un peu avant dix heures. J'étais chez moi à 13h30. Franck m'a rejoint à 14h. On avait prévu de se voir en fin d'après-midi, pour que j'aie le temps de m'y retrouver, ranger mes affaires, m'occuper de mon écriture. Mais, sur la route, à 150 km de Paris, j'ai changé d'avis. J'ai senti que si je débarquais seul au château, j'allais faire n'importe quoi, c'est-à-dire ne pas me nourrir et ne rien faire ou presque, ou boire. Lui, impatient de me retrouver, n'a pas tergiversé. J'étais heureux de le retrouver. J'avais préparé un bon repas et il me restait une bouteille d'Anjou. A 15h30, une sieste digestive s'imposait. Je suis allé prendre une douche, me raser partout où il fallait et nous avons fait l'amour. C'était toujours aussi bien. Même si je ne pouvais me lâcher comme avant, comme il y a un an, ma lutte contre l'alcool ne me permettant pas de me lâcher. Il va me falloir patienter un peu avant de retrouver plus de liberté de mouvement. Et il y a toujours mon homophobie latente, le manque de femme, l'anxiété de la vie commune qui nous attend au début du mois de septembre. Un tour de vélo après la sieste pour lui, du rangement et un travail de correction de mon écriture pour moi. Une bouffe toute simple le soir, pas trop arrosée. Je me suis couché tôt, comme si ce séjour chez mes parents m'avait assommé. Même s'ils vont mieux, même si l'ambiance est meilleure, même si je me sens mieux avec eux, je ne peux m'empêcher d'être plombé après les avoir vus. J'en récolte toujours un brouillard qui me fait voir la vie en gris, un brouillard dont je ne peux me défaire et qui empoisonne mes nuits. C'est mon affaire maintenant. Je vais devoir m'y habituer. Parce que je ne vais pas retourner chez ma psy pour ça. Je crois que je suis allé au bout avec elle et je ne me vois pas passer ma vie sur un divan. Franck m'a rejoint peu après et nous avons été sages. Nous nous sommes endormis. Une longue nuit. Avec un manque d'eau et un désagréable mal de crâne pour moi, comme si je ne supportais plus l'alcool. Au matin, des progrès notables sur ce que j'appelle mon homophobie: j'ai apprécié la présence de Franck dans mon lit, je suis même allé plusieurs fois le chercher pour avoir un peu de chaleur, de tendresse.

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