Journal de celui qui à force d'essayer d'être heureux est en train d'y parvenir

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samedi 28 mars 2009

Cahiers - Cioran - La Trappe, le Francais et la parole, la littérature et ce que l'on en dit

Comme je viens de voir un spectacle qui se moque un tout petit peu du nationalisme (Fanfarerie Nationale), comme j’ai lu cet extrait des Cahiers de Cioran un peu avant minuit, j’ai envie de le partager avec vous :

« Ce n’est pas pour rien que la Trappe est née en France. Mais on dira : l’Italien ou l’Espagnol ne parle-t-il pas bien plus que le Français ? Sans doute. Mais ils ne s’écoutent pas parler ; alors que le Français savoure son éloquence, et n’oublie jamais qu’il parle ; il en est suprêmement conscient. Lui seul pouvait considérer le silence comme une forme extrême d’ascèse. »

Et, sur la page précédente, 574, il y avait ça :

« Un écrivain doit vivre à même la langue et non méditer sur elle.

C’est le propre d’une littérature épuisée, vidée de substance, que de tomber dans la réflexion. »

samedi 23 juin 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

SAGESSE
6 avril 1967
Page 494 :
« Je suis le moins sage de tous les sages, mais sage tout de même… »

J’ai voulu être sage à une époque, et puis j’ai voulu être « heureux ». Tout cela se tient.
Je suis devenu « chercheur » en fait, étudiant permanent, « philosophe de terrain ». Et sûrement aussi un peu « sage ». Car je trouve que je me démerde de mieux en mieux avec la vie, avec moi-même ; que ma vie me correspond, que je suis ma vie (verbe « être ») et que nous nous amusons plutôt bien tous les deux.
Je persiste à croire que plus je vieillirai plus je serai heureux, plus je ferai de belle choses - aussi bien pour moi que pour les autres.
Je suis la voie de l’épanouissement de mon être en fait (verbe « suivre »), le reste - sagesse, bonheur… – en découle.

jeudi 21 juin 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

VIE ET OEUVRE
6 avril 1967
Page 493 :
« Parfois j’incline à penser qu’il vaut mieux sacrifier sa vie à une œuvre que de vivre.
Mais parfois, je pense le contraire. Et, dans les deux cas, j’ai raison. »

Moi, j’ai choisi : je fais les deux.

mardi 19 juin 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

HUMAINE
6 avril 1967
Page 493 :
« Passé l’après-midi avec une dame qui voulait me connaître. Pendant deux heures elle m’a parlé d’elle-même. A la fin, elle m’a consacré tout de même cinq minutes. Cependant elle n’est nullement antipathique, elle est même humaine dans le meilleur sens du mot. »

jeudi 14 juin 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

EGO, RECONNAISSANCE
5 avril 1967
Page 492 :
« Il fut un temps où je souffrais d’être inconnu ; - maintenant j’y éprouve une certaine jouissance.
(Est-ce que Chamfort, est-ce que Joubert étaient connus ? ou traduits ? Ils ne le sont même pas aujourd’hui).
De temps à autre quelqu’un se démène pour moi, à l’étranger, auprès de tel ou tel éditeur. Invariablement, on me répond : refus. Je m’y attendais, mais cela ne fait pas toujours plaisir de se voir « recalé » partout, et à chaque « examen », d’autant plus que ces démarchent sont faites indépendamment de moi : le plus souvent on m’en communique seulement la réponse négative. N’accordons pas à ces vétilles plus d’importance qu’elle ne méritent. »

Il fut un temps où je souffrais d’être inconnu. Maintenant, je m’en fous. Je fais ce que j’ai à faire.

mercredi 13 juin 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

FRAGMENTS, RECHERCHE
3 avril 1967
Page 492 :
« Je n’écrirai plus que des fragments ; - ma pensée, déjà brisée, je la pulvériserai. Ce sera ma façon d’avancer. »

Ses fragments… c’est ce que je préfère ; je ne peux pas lire le reste.

lundi 11 juin 2007

Cioran poète

CAHIERS 1957-1972

VOYAGE IMMOBILE
28 mars 1967
Page 490 :
« Ces gros nuages, traqués par le soleil, vus à travers ma lucarne, me dispensent du monde extérieur : ils me comblent chez moi, et remplacent tous les paysages dont je rêve. »

dimanche 10 juin 2007

Cioran sur Sartre

CAHIERS 1957-1972

CIORAN DE NICE (COMME BRICE)
25 mars 1967
Page 489 :
« Sartre – essayé de lire ou relire certains essais. Malaise. Trop systématique. Mauvaise fois permanente. Rien de profond. Il vise au brillant, souvent il y atteint. Je ne sais pas pourquoi il me fait penser à un Giraudoux rigoureux, germanique. Ironie ininterrompue, lourde, ironie alsacienne. Avec cela, précieux, oui. C’est par là qu’il s’apparente à Giraudoux. Je n’ai besoin ni de l’écrivain ni du penseur. Je lui préfère n’importe qui. Je suis injuste à son égard, mais je ne vois pas la nécessité de lui rendre justice. Et quelle signification cette élégance aurait-elle, puisqu’elle m’est inutile ?
Ce qui me gêne chez Sartre, c’est qu’il veut toujours être ce qu’il n’est pas. »

jeudi 7 juin 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

GRAND ENNEMI QUE L’ENNUI...
25 mars 1967
Page 488 :
« Toute souffrance morale sans cause évidente est morbide. Or l’ennui est une souffrance de ce genre.
A vrai dire, chaque fois que je l’éprouve il m’apparaît comme légitime, raisonnable, justifié. Quel autre sentiment pourrait m’inspirer ce monde ?
Il en est ainsi de la peur, du dégoût, et même de l’enthousiasme. »

lundi 4 juin 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

LA VIE EST BELLE
25 mars 1967
Page 487 :
« Journée extraordinairement belle. Tout à l’heure, au Luxembourg, même cette odieuse fourmilière paraissait acceptable tant le ciel, d’un bleu suprême, rehaussait tout, jusqu’à l’homme. »

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