être vivant

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vendredi 1 juin 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

ON NE PEUT OUBLIER LA FEMME
23 mars 1967
Page 486 :
« Si j’étais honnête, c’est-à-dire si je tirais les conséquences de ce que je sens et de ce que je sais, je devrais fuir dans la solitude (couvent, désert, etc.) ou me soûler du matin au soir.
Hélas ! j’ai des désirs. Je suis sûr que, retiré du monde complètement, je ne pourrais pas oublier la femme. Il faut donc me résigner à vivre comme j’ai toujours vécu : dans le tiraillement, entre l’obsession du squelette et l’obsession de la chair. »

De mon côté, j’essaie d’éviter les « tiraillements ».

mercredi 30 mai 2007

CIORAN 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

EST-CE QUE CE SONT DE BONNES IDEES ?
23 mars 1967
Page 486 :
« On souffre dès qu’on a besoin de quelqu’un ou de quelque chose. S’arranger pour dépendre du moins de choses et de gens possible. Il faut se résigner à la pauvreté, l’anonymat et la mort. Réduire au maximum ses ambitions, accepter l’obscurité, s’habituer à l’idée de disparaître.
… Tout ça, c’est facile à souhaiter, mais quand il s’agit de passer à l’acte ! N’empêche qu’on peut faire certains progrès.
J’en ai déjà fait pas mal, j’ai compromis presque tous mes désirs… »

Cioran répond à ma place à la fin. Car, peut-on vivre sans désirs ? Est-ce que les désirs ne sont pas l’essence même de notre vie, ce qui nous fait nous mouvoir ?

mardi 29 mai 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

QU'EST-CE QU'UNE VIE...
23 mars 1967
Page 486 :
« Je suis décidément vieux : mon enfance m’est présente plus que jamais, et tout ce que j’ai vécu depuis m’a l’air d’un souvenir lointain, presque d’une illusion. Ainsi, arrivé à un certain âge, ce qui demeure, ce sont les débuts et la fin, tout sauf l’existence. »

lundi 28 mai 2007

CIORAN 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

FUGACES SENSATIONS...
23 mars 1967
Page 485 :
« Cette nuit, j’en suis sûr, j’ai trouvé la définition de la liberté. Quant à l’avoir retenue, c’est une autre chose. »

Humour, toujours…

dimanche 27 mai 2007

CIORAN 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

RIGOLO ?
18 mars 1967
Page 484 :
« Dans l’Observer, à propos de la fuite de la fille de Staline, je lis que, durant l’époque de Khrouchtchev, elle était une pestiférée, personne n’osait lui parler. Un jour, à l’institut où elle travaillait, quelqu’un l’aide à enfiler son manteau. Elle en fut émue jusqu’aux larmes. C’était Siniavski, - qui devait être condamné plus tard à sept ans pour sa dénonciation trop vigoureuse du stalinisme. »

jeudi 19 avril 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

ŒUVRES PASSEES
18 mars 1967
Page 481 :
« Pour un auteur, son œuvre ne l’aide pas du tout à vivre. Elle ne compte pas pour lui, elle est comme si c’était celle d’un autre. Mes livres, quand il m’arrive de les apercevoir dans une librairie, ne me semblent avoir aucune relation avec moi. C’est comme des chambres, des maisons dans lesquelles nous avons vécu il y a longtemps. Nous y songeons rarement ; elles sont vides, elles ne remplissent plus aucune fonction dans notre vie. Elles ne nous sont plus rien. »

L’écrire, par contre, l’aide à vivre.
Ensuite, elles peuvent constituer des repères, des souvenirs…

lundi 2 avril 2007

Emil Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

PERSEVERER
13 mars 1967
Page 478 :
« Plus je vais, moins je trouve de choses qui me permettent de persévérer… Et pourtant j’aime les peupliers, et tous les paysages dont l’homme est immédiatement absent. »

Je suis à la recherche de ces choses qui permettent de persévérer.
Une réconciliation avec « l’homme » ?

dimanche 1 avril 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

NEURASTHENIE
10 mars 1967
Page 477 :
« Au Luxembourg. Un oiseau qui sautillait, je me suis mis à l’envier : il ignore la neurasthénie, celui-là, me disais-je. Pourtant il doit en connaître quelque équivalent, car je ne pense pas qu’il y est un seul être animé qui n’ait éprouvé une forme quelconque de cafard.

Le cafard est universel. Même les poux doivent le connaître. Aucun moyen de s’en prémunir. »

J’apprécie cette façon de ne pas séparer « l’homme » de « l’animal ».

mercredi 28 mars 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

BLA-BLA
7 mars 1967
Page 476 :
« J’ouvre une revue : tout ce que j’y lis me semble faux, sans nécessité, dérisoire. Décidément, la littérature comme telle ne m’intéresse plus, si tant est qu’elle m’ait jamais intéressé. »

C’est ce que je ressens parfois, en ce moment, en écoutant France Info. Tout ce que j’y entends ne me semble pas faux, mais sans nécessité, dérisoire.

dimanche 25 mars 2007

Cioran 1911-1995

CAHIERS 1957-1972

BESOIN D’AIR - AMBITION
13 février 1967
Page 471 :
« Pendant ces cinq jours de plein air, j’ai vérifié encore une fois que j’étais fait pour mener une vie saine, au niveau de la « nature ». L’ambition m’épuise, la compétition m’aigrit. Le contact de l’homme éveille tout ce que j’ai de mauvais. Il fut un temps où je croyais à la puissance. C’est un ancien rêve qui ne m’a pas complètement quitté. Inconsciemment je souhaite toujours devenir quelqu’un. Tant qu’il en sera ainsi, je serai toujours déchiré, rongé, insatisfait. La paix suppose le triomphe sur l’ambition, l’aspiration passionnée à l’anonymat. »

C’est un ancien rêve qui ne m’a pas complètement quitté. Inconsciemment je souhaite toujours devenir quelqu’un.

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