Journal de celui qui à force d'essayer d'être heureux est en train d'y parvenir

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vendredi 2 septembre 2011

Cioran humoriste

Citation trouvée chez Bertrand dans un magazine qu'il me rendait et qui parait-il m'appartenait, le magazine littéraire N° 327 - décembre 1994, consacré à ce penseur du néant qui fait partie de mes maitres, principalement pour la qualité de son écriture - et celle de son humour!:

"Depuis deux mille ans, Jésus se venge sur nous de n'être pas mort sur un canapé."

On peut retrouver cette citation dans Syllogismes de l'amertume, 1952, Gallimard.

samedi 18 avril 2009

Filiation

CIORAN

CAHIERS 1957-1972

« "Quoi que l’homme fasse, il le regrettera toujours", m’a écrit ma mère quelque temps avant de mourir. C’était son testament. Je reconnais bien là la philosophie de notre tribu. Je n’ai rien inventé. J’ai perpétué seulement le désabusement de mes ancêtres. »

Comme me le disait il n'y a pas si longtemps Isis, les chats ne font pas des chiens.

mercredi 15 avril 2009

Jargon, humour

CIORAN

CAHIERS 1957-1972

Page 502

« Dans le livre de Foucault, il est question souvent de la « finitude anthropologique ». J’imagine l’effet que de telles formules peuvent faire sur les jeunes. Evidemment, ça fait plus calé que « misère de l’homme », « l’homme comme animal condamné », ou « la durée infime » de l’histoire humaine.

De toutes les impostures, la pire est celle du langage, parce qu’elle est le moins perceptible aux abrutis de notre temps. Il faut dire que Heidegger a ouvert la voie, et que, pour un philosophe, s’il veut faire l’expérience de l’ostracisme, s’il veut éprouver dans sa carrière ladite « finitude », il n’a qu’à rejeter le jargon et employer le langage courant, sensé. Le vide se fera automatiquement autour de lui. »

mardi 14 avril 2009

Grâce

Cioran

CAHIERS 1957-1972

Page 583

"Même une lettre, pour l'écrire convenablement, demande qu'on soit en état de grâce."

mardi 7 avril 2009

Différentes façon d’écrire

CAHIERS 1957-1972

Page 496

« Dans une interview de Claude Simon, celui-ci dit qu’il s’efforce de s’abstraire du récit, de n’y pas intervenir à la manière du romancier ordinaire qui s’érige en juge ; il veut être parfaitement objectif, laisser les choses et les êtres se livrer eux-mêmes.

… Et je pense que si Saint-Simon est aujourd’hui le prosateur français le plus vivant, c’est parce qu’il est présent dans chaque ligne qu’il écrit, qu’on le sent palpitant, haletant, derrière chaque « sortie », chaque charge, chaque adjectif.

Il écrivait, il ne faisait pas la théorie de l’art d’écrire, comme on le fait communément en France, pour le plus grand dam de la littérature. Tous ces types exsangues, sclérosés, ratiocineurs, ils manquent de tempérament, ils sont subtils et ennuyeux : ce sont des cadavres prolixes, déguisés en esthéticiens. Ils n’ont pas une âme, mais une méthode. Tous, ils n’ont que ça. Que je déteste tous ces littérateurs, que leur talent m’est inutile ! »

Il va de soi que je me place du côté de Cioran et de Saint-Simon, même si la démarche de Claude Simon ne manque pas d’intérêt. En fait, il veut, je pense, laisser à son inconscient un maximum de liberté et ne pas le laisser se faire emmerder par un juge, ce qui est tout à fait intéressant et respectable.

lundi 6 avril 2009

Cioran de Nice (comme Brice) à propos d’André Breton

Page 495

« André Breton. La mort d’un Inquisiteur.

(La contradiction entre ce qu’il voulait faire et ce qu’il a fait. Le théoricien de la spontanéité qui a écrit la prose la plus concertée depuis Valéry – dont il est, avec Caillois, le plus grand continuateur. Elégance parfaite, d’autant plus étrange qu’il se réclamait de Rimbaud.) »

dimanche 5 avril 2009

Sexe et pensée

CAHIERS 1957-1972

Cioran vient d'avoir 56 ans

Page 494

« Dans tout ce que j’ai écrit, je n’ai pas rendu à la sexualité l’hommage qu’elle mérite. »

Je suis bien d’accord – pour reprendre le mot du tigre à la fin du chant des vautours dans Le livre de la jungle (le dessin animé).

samedi 4 avril 2009

Cioran parle de moi

CAHIERS 1957-1972

Page 581

« Dès que je tombe sur un essai philosophique où il est question de « métaphysique » ou de « philosophie » précisément, je l’écarte tout de suite. Je veux voir penser et non interroger sur les manières et les disciplines qui invitent à penser. Pascal a parlé de son angoisse et non de la psychologie de l’angoisse. Toutes ces branches modernes du savoir sont faites pour ceux qui ne peuvent rien tirer d’eux-mêmes, qui n’ont pas de substance ni même d’expériences sur quoi exercer leur esprit. On devrait philosopher comme si la « philosophie » n’existait pas, comme si on était le premier philosophe. A la manière donc d’un troglodyte ébloui ou effaré par le spectacle qui se déroule sous ses yeux. »

jeudi 2 avril 2009

Cioran rejoint Annick de Souzenelle : il peut y avoir quelque chose en nous

CAHIERS 1957-1972

Page 576 :

« Il faudrait renoncer à chercher l’essence de quoi que ce soit. C’est un mauvais pli que notre esprit a pris que de vouloir, en toute occasion, fixer l’évanescent et en trouver la raison durable. Il n’y a rien derrière rien. Mais il peut y avoir quelque chose en nous. C’est ce à quoi il importe de s’accrocher. »

Il aurait pu dire, s'il avait été optimiste : c'est ce qu'il nous faut découvrir.

mardi 31 mars 2009

Vie difficile

CAHIERS 1957-1972

Page 576 :

« J’ai perdu jusqu’à la faculté d’imaginer un événement qui me serait favorable. »

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