Journal de celui qui à force d'essayer d'être heureux est en train d'y parvenir

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mardi 21 octobre 2008

Vu du ciel

Mardi 21 octobre 2008 – 07h45

Ai fini hier le premier livre d’Angot : Vu du ciel.

Ai bien aimé les pages 57 à 61 (édition L’arpenteur, Gallimard). Ce n’est pas l’ange, principal narrateur du livre, qui parle dans ces pages mais Christine, ou Ch., autre personnage principal du livre.

Le livre dans l’ensemble ne m’a pas transporté, mais je trouve cela très beau de lire le premier livre d’un écrivain comme Angot.

SI QUELQU’ UN LE TUE, CE SERA MOI

C’est encore Ch. qui parle

Page 68 :

« Quand à l’acte lui-même, dans le vagin ou dans les fesses impossible d’en faire abstraction. A mon avis, tout l’être est secoué, l’enfant lui-même se dégoûte. Je sais ce que ce dis. L’enfant n’est même pas flatté. Il n’a jamais vu quelqu’un de si près. On voit tous les défauts, les poils et toutes ces horreurs. Si j’avais voulu, le mien, je le faisais mettre en prison. Sur un mot de moi, menottes et mains croisées. Il m’aurait détesté. Si quelqu’un le tue, ce sera moi, seulement moi. Chacun se mêle de ses affaires. »

Et effectivement, peu après la parution de L’inceste, il est mort.

Une dernière phrase, à la dernière page :

« La pierre grise d’Amiens perd sa consistance de pierre, s’assouplit comme une chair. »

lundi 29 septembre 2008

Vu du ciel

Christine Angot. Vu du ciel. Gallimard

Première page et quatrième de couverture. C’est un ange qui parle :

« En général, nos vues, entre ciel et terre, indisposent les humains. Qui n’aiment pas nos livres. Beaucoup trop froids. Ils supportent mal notre humour. Alors, je destine ce livre aux anges et à Dieu et ne souhaite à aucun mortel de l’ouvrir accidentellement. »

Cela me plaît.

Page 37 :

« Une mise à nu c’est beau comme le jour à l’aurore ».

Cela me plaît aussi.

L’ange, page 43 :

« De loin, la vie est belle. Son effet poétique touche mon cœur mort. »

Cela me rappelle de mauvais souvenirs.

samedi 5 avril 2008

Joli message, belle écriture, douce ironie

CHRISTINE ANGOT

Rendez-vous

Page 322

"En marchant sur le boulevard, je laissais un message à Eric :

- Je marche sur le boulevard Saint-Michel, et je t'appelle parce qu'il y a une question qui me traverse l'esprit. Je suis en train de me dire : est-ce qu'un écrivain et un acteur ça peut s'entendre, puisque ça ne peut pas se téléphoner ? Voilà je ne sais pas, tu sais peut-être des choses toi là-dessus, peut-être que Tchekhov en a parlé quelque part. A part ça rien d'autre, enfin si plein de choses mais pas là. Sinon j'espère que ça va, je t'embrasse."

dimanche 23 mars 2008

Christine Angot

Rendez-vous

ON CHANGE

Page 144

"Moi qui n'avait jamais fait tourner une machine à laver en dix-sept ans de vie commune avec Claude, infantilisée, je croyais ne rien y connaitre, ne rien y comprendre, le jour où il avait fallu changer les draps parce que l'autre allait venir chez moi j'avais très bien compris le fonctionnement."

AMOUR

Page 214

"J'aimais. Je n'en pouvais plus. J'avais l'impression que mes tripes traînaient dehors. Et personne n'essayait de les remettre à l'intérieur."

ERIC DE NICE

Page 229

"- T'as pas envie de me voir, c'est tout.

- Je t'appelerai à mon retour si j'ai envie. Comme ça on sera sûr que j'ai envie. Et si toi t'as pas envie quand j'appelle, ça sera pas grave.

- Mais moi je suis pas comme ça, un coup j'ai envie un coup j'ai pas envie.

- Moi je suis comme ça. Ca m'arrive d'être comme ça. Bon sang y a pas grand monde qui peut comprendre comment je suis en ce moment.

- S'il te plait, j'ai rien à voir avec le grand monde. Ne me confonds pas.

- Je ne te confonds pas. T'es pas dans le grand monde d'accord, t'es dans le petit monde, reste dans ton petit monde."

mercredi 13 février 2008

Lettre à Angot

Samedi 9 février 2008

Chère Christine,

C’est dans un endroit insolite, à la patinoire, où je vais régulièrement avec mon fils (10 ans), que je me décide à recopier la lettre que je vous ai préparé.

La voici :

Depuis la lecture de votre livre, Rendez-vous, j’ai envie de vous montrer mon travail.

J’ai 43 ans. Je suis enseignant (…) et je me suis découvert artiste sur le tard. Après le sport de haut niveau (…). J’ai tourné autour du pot durant une dizaine d’année. Le temps qu’il m’a fallu pour me restructurer après cette phase sportive de ma vie. Et depuis une autre dizaine d’année, je m’y suis mis un peu plus sérieusement. Depuis un an et demi, j’ai l’impression d’avoir trouvé ma voie. Je suis diariste, héros ou anti-héros de mon propre journal, de ma propre vie. Je me sens bien dans cette écriture. Et j’ai l’impression de dire des choses qui vont au-delà de cette écriture.

J’ai d’abord songé à un vous envoyer mon Journal 2006-2007 sur papier. Et puis j’ai trouvé que le 2007-2008 était mieux. Enfin je me suis dit que ce serait plus pratique et plus direct de vous donner l’adresse du blog où je publie chaque jour ou presque ce Journal.

La voici : http://blog.etrevivant.com

Au cas où vous seriez intéressée par la partie 2006-2007, j’en ai corrigé le début (jusqu’en décembre) et elle est visible sur un autre blog.

http://sanieptia.vox.com

Je ne vous écris pas pour que vous m’aidiez à « réussir », mais pour que vous me disiez, si vous le voulez bien, ce que vous pensez de mon écriture, de ma démarche artistique.

Une dernière chose avant de finir, une anecdote.

Nous nous sommes croisé à la FIAC en 2006. Je me dirigeais vers la sortie avec ma compagne (on n’est plus ensemble, on est amis), alors que vous arriviez. Vous étiez devant une table et des personnes vous accueillaient. J’ai pensé que vous alliez vous installer pour signer votre livre – que je venais de lire. Et comme je passais, vous avez quitté ces personnes pour me regarder. Je vous ai rendu votre regard. Et j’étais heureux de constater qu’il n’y avait pas de différence entre l’écrivain que je venais de découvrir et la personne avec laquelle j’échangeais ce regard. J’en étais vraiment heureux et j’ai baissé les yeux. (Heureux aussi que vous m’ayez regardé.) Si je n’avais pas baissé les yeux, j’aurais été obligé de m’approcher de vous pour vous féliciter. J’ai eu peur des gens autour de vous. Peur de leur regard sur moi.

Ce court épisode de ma vie, ce signe, est dans mon Journal 2006, à la fin du texte racontant ma visite à la FIAC.

Voilà, tout est dit.

J’espère que vous me répondrez.

Je vous souhaite de continuer à faire de belles choses, des choses fortes et intéressantes. Et de mon côté, j’essaierai d’en faire autant.

Je vous souhaite plein de bonnes choses,

Du courage et de la chance,

Portez-vous bien,

T.

lundi 11 février 2008

Christine Angot

La dernière phrase de Pourquoi le Brésil ?

« Le lendemain je suis allée à Pont-à-Mousson avec arrêt à Nancy, la gare de Nancy, bizarre, c’était bizarre, en 85 j’avais donné rendez-vous à mon père ici, je reconnaissais bien, je reconnaissais bien cet angle-là, la gare fait un L, je me revoyais en train de sortir de la gare et de revoir mon père après plusieurs années, c’était bizarre de revoir cette gare vingt ans après, avec tout le temps qui a passé depuis, et que rien n’ait changé. C’était ça surtout. »

Merveille pour moi.