Samedi 9 février 2008
Chère Christine,
C’est dans un endroit insolite, à la patinoire, où je vais régulièrement
avec mon fils (10 ans), que je me décide à recopier la lettre que je vous ai
préparé.
La voici :
Depuis la lecture de votre livre, Rendez-vous, j’ai envie de vous montrer
mon travail.
J’ai 43 ans. Je suis enseignant (…) et je me suis découvert artiste sur le
tard. Après le sport de haut niveau (…). J’ai tourné autour du pot durant une
dizaine d’année. Le temps qu’il m’a fallu pour me restructurer après cette
phase sportive de ma vie. Et depuis une autre dizaine d’année, je m’y suis mis
un peu plus sérieusement. Depuis un an et demi, j’ai l’impression d’avoir
trouvé ma voie. Je suis diariste, héros ou anti-héros de mon propre journal, de
ma propre vie. Je me sens bien dans cette écriture. Et j’ai l’impression de
dire des choses qui vont au-delà de cette écriture.
J’ai d’abord songé à un vous envoyer mon Journal 2006-2007 sur papier. Et
puis j’ai trouvé que le 2007-2008 était mieux. Enfin je me suis dit que ce
serait plus pratique et plus direct de vous donner l’adresse du blog où je
publie chaque jour ou presque ce Journal.
La voici : http://blog.etrevivant.com
Au cas où vous seriez intéressée par la partie 2006-2007, j’en ai corrigé le
début (jusqu’en décembre) et elle est visible sur un autre blog.
http://sanieptia.vox.com
Je ne vous écris pas pour que vous m’aidiez à « réussir », mais pour
que vous me disiez, si vous le voulez bien, ce que vous pensez de mon écriture,
de ma démarche artistique.
Une dernière chose avant de finir, une anecdote.
Nous nous sommes croisé à la FIAC en 2006. Je me dirigeais vers la sortie
avec ma compagne (on n’est plus ensemble, on est amis), alors que vous
arriviez. Vous étiez devant une table et des personnes vous accueillaient. J’ai
pensé que vous alliez vous installer pour signer votre livre – que je venais de
lire. Et comme je passais, vous avez quitté ces personnes pour me regarder. Je
vous ai rendu votre regard. Et j’étais heureux de constater qu’il n’y avait pas
de différence entre l’écrivain que je venais de découvrir et la personne avec
laquelle j’échangeais ce regard. J’en étais vraiment heureux et j’ai baissé les
yeux. (Heureux aussi que vous m’ayez regardé.) Si je n’avais pas baissé les
yeux, j’aurais été obligé de m’approcher de vous pour vous féliciter. J’ai eu
peur des gens autour de vous. Peur de leur regard sur moi.
Ce court épisode de ma vie, ce signe, est dans mon Journal 2006, à la fin du
texte racontant ma visite à la FIAC.
Voilà, tout est dit.
J’espère que vous me répondrez.
Je vous souhaite de continuer à faire de belles choses, des choses fortes et
intéressantes. Et de mon côté, j’essaierai d’en faire autant.
Je vous souhaite plein de bonnes choses,
Du courage et de la chance,
Portez-vous bien,
T.