être vivant

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samedi 28 mars 2009

Notre autre côté, épreuves

Annick de Souzenelle - 3

Nouvelles Clés N°60

« NC : Et vous, vous leur proposez de décoder le réel dans un sens vertical… Qu’est-ce à dire ?

A de S : Il s’agit de leur montrer que la réalité les invite à un autre réel, à une autre dimension du réel. Je suis très touchée, par exemple, de découvrir chez les physiciens, dans la physique quantique notamment, la description très objective des différents niveaux du réel que les sciences traditionnelles nous signalent depuis toujours. Je suis une spécialiste de la Bible (tout en étant très ouverte aux autres livres sacrés). Eh bien, dans la Bible, on voit justement l’homme invité à épouser son autre côté, qui n’a jamais été une côte – comme je l’ai souvent dit dans mes ouvrages -, mais qui est cet autre côté de nous, qui est encore voilé. Ce voile mis sur cet autre côté, c’est le voile mis sur ces autres niveaux du réel auxquels on ne peut accéder qu’à travers des initiations, à travers des épreuves. L’épreuve est ontologique, elle est indispensable. Sans épreuve, il n’y a pas de dépassement de l’être. Aujourd’hui, les événements nous apportent des occasions incroyables de dépassement de l’être. Mais tout cela, qui fait la richesse et la complexité de la condition humaine, on ne sait absolument plus le dire, le montrer, l’expliquer à nos jeunes. »

vendredi 27 mars 2009

Transcendance, audace de vivre

Annick de Souzenelle – 2

Nouvelles Clés N°60

« NC : En somme, nous avons créé un système monstrueux qui nous dépasse et sur lequel plus personne ne peut reprendre le contrôle. Et nous allons léguer ça à nos enfants !

A de S : C’est tout à fait l’impression que j’ai. L’un de nos problèmes, c’est que le fameux principe de laïcité, dans lequel se sont structurées nos écoles et nos universités, pour fédérateur qu’il soit, ne tient absolument pas compte du principe anthropologique des êtres. Or, pour moi, c’est ce principe anthropologique qui peut redonner du sens. Comment ? En nous resituant dans la perspective de la transcendance de l’être. Mais notre époque refuse cela. On a complètement coupés les jeunes de la conscience d’une transcendance. Du coup, leurs espoirs, leurs désirs ne débouchent sur rien. C’est ce qui, selon moi, explique que des jeunes et même très jeunes vont aujourd’hui jusqu’au suicide, ou s’embarquent dans l’aventure mortelle de la drogue. Personne n’a été là pour leur dire que leur aventure humaine pouvait peut-être avoir un sens. C’est ce que j’ai été amenée à dire, dernièrement, à des parents dont un fils, après avoir fait des études assez brillantes, a tout lâché pour partir. Ils ne savaient pas où il était parti. Alors je leur ai parlé du labyrinthe qu’il est nécessaire pour les jeunes de parcourir, avant d’entendre cette instance intérieure qui les appelle à entrer dans une tout autre dimension, à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils m’ont demandé : « Mais notre fils peut-il survivre ? » Je leur ai répondu : « Mais c’est vous qui êtes en état de survie. Lui, il est en train de chercher sa vie. »

Je peux extrapoler ça à la jeunesse actuelle, pour répondre à votre question. Il s’agit de redonner le sens de cette verticalité de l’être dont ils n’ont aucune idée. Ce n’est qu’à partir de là qu’ils vont pouvoir déployer une « audace de vivre ». Je pense en effet que, dans ce contexte, il faut absolument employer le mot « audace ». Alors que dans notre société, au contraire, on les sécurise, on les sur-sécurise, et puis tout d’un coup, on les dé-sécurise ! Ils sont alors perdus, ils ne comprennent plus ce qui se passe. »

Je pense à mon frère aîné qui est parti, justement, pour se reconstruire, trouver du sens.

jeudi 26 mars 2009

Religions obsolètes

Annick de Souzenelle - 1

Nouvelles Clés N°60

« Eclairer notre part d’ombre peut changer le monde

Et si nous avions l’audace de le voir ? Tout ce qui se joue dans ce monde en folie est le strict reflet de ce qui se passe en nous. Annick de Souzenelle, spécialiste du décodage du texte hébreu de la Bible, fait partie de ces explorateurs intérieurs capables de nous dire comment le comprendre et agir sur le monde.

NC : Les jeunes sont non seulement inquiets, mais désemparés par l’avenir qui les attend. Entre la crise de l’écologie et celle de l’économie, le problème de l’emploi et du chômage, ils ont souvent l’impression que la société les mène droit dans le mur et qu’ils manquent cruellement de repères pour vivre cette crise majeure qu’ils sentent s’annoncer sur la planète. Quels conseils leur donneriez-vous ?

A de S : C’est là un vaste programme. En fait, c’est toute la notion des valeurs dans lesquelles ils sont élevés qui n’est pas à la hauteur, qui ne répond pas à leur attente. Ni aux grands problèmes de notre époque. Autrefois, les religions mettaient une cohérence dans la société. Mais aujourd’hui, elles n’ont plus le langage qui convient, pour structurer une cohérence adéquate. Si bien que, vous avez raison, les jeunes sont extrêmement désemparés. Malheureusement, leurs aînés le sont autant qu’eux… »

Je suis bien d’accord, et je l’ai déjà écrit quelque part : les religions traditionnelles sont obsolètes, ne correspondent plus au monde dans lequel nous vivons, et ne rattraperont jamais leur retard. D’où mon idée de quelque chose de nouveau qui va survenir un de ces jours, et que j’appelle, faute de mieux : « nouvelle religion ». Une croyance sans dieu, scientifique.

La suite demain si tout va bien.

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