Je passe devant cet arbre chaque jour, et pourtant, je ne m’étais jamais arrêté.
C’est son odeur qui m’a arrêté. De grosses grappes de fleurs, un peu comme celles des marronniers.
Je me remplis les narines, et, bonheur de ce jour, je m’aperçois que chacune des petites fleurs composant les plus grosses ressemble à une orchidée !
Je me remplis les yeux après m’être rempli le nez et fais les deux cents mètres me séparant de mon travail la tête dans les nuages. Téléchargement réussi.
Pour celles et ceux qui ne sauraient pas reconnaître un catalpa, c’est assez facile. Il possède de larges feuilles en forme d’as de pique. Ses fruits sont de longues gousses pendant verticalement, pointues comme des épées.
Je pense aussi, durant ces deux cents mètres : « Il y a six mois, un an, je serais passé à côté de cet arbre sans le voir, ou sans m’arrêter, pensant bêtement à d’autres choses, bien moins importantes sûrement, bien moins belles.
Conclusion : la vie est belle quand on ne passe pas à côté des belles choses.
PS : Il m’arrive aussi, depuis quelques semaines, de mettre mon nez dans le cœur des roses que je croise au jardin ou ailleurs. Certaines sentent vraiment bon. Cela me rappelle les nombreuses roses du pavillon de mon enfance. Celles que j’aimais le moins étaient rouges, comme du sang vicié. Hélas, c’étaient les plus nombreuses.