Lundi 29 juin 2009 – 16h10
Il est temps de faire du tri dans les notes et dans les souvenirs.
Mercredi, mon fils a voulu voir Transformers 2. J’étais persuadé que j’allais m’y ennuyer. Eh bien non. J’ai trouvé cela tout bonnement impressionnant, et je me suis pris au jeu. Je suis rentré dans le truc et j’ai passé un bon moment. Il n’y a qu’une chose que j’ai trouvée moche : l’héroïne et sa bouche à pipe. J’ai trouvé que ce n’était pas un joli modèle de femme, plutôt une poupée, un truc virtuel, comme les robots.
Un moment agréable avec Cathy jeudi. Je l’ai emmenée déjeuner en terrasse. Nous nous sommes parlés ouvertement, honnêtement, et nous avons passé un bon moment, humain. Si elle ne devient pas une amante ou une amoureuse, elle sera peut-être une amie, une copine.
Le soir, j’ai fait les photos pour mon ami amateur de grosses choses. Pas de réponses depuis.
Vendredi, j’ai enfin trouvé le message qui me convenait, pour Isis :
« Si je t’ai retenu par le bras à 14h pour te dire bonjour, mendier un bisou, c’est parce que tu me manques. Vivement que je sois guéri. Nous pourrons à nouveau nous parler, manger ensemble, aller au ciné. C’est pour bientôt (à l’échelle d’une psychothérapie). J’espère que tu vas bien. »
Le soir, rencontre avec George. Un verre au Central. Du monde. Un homme me regarde. Je le regarde. Il baisse les yeux. Un autre verre ailleurs, où je mange aussi. Guy lui a déjà mangé. Nous parlons longuement, nous faisons connaissance. J’essaie d’être à l’aise mais suis un peu angoissé par tout cela. Une promenade au bord de l’eau, autour de l’île Saint-Louis. Nous convenons de nous revoir le lendemain pour faire l’amour. Je passerai chez lui. Nous irons manger à La Butte aux Cailles – quartier qu’il ne connait pas. Et nous retournerons chez lui.
Samedi, 10h : « J’ai envoyé l’e-mail à Isis, cette nuit, après avoir vu George, et maintenant, en fumant ma première cigarette, je me mets à rêver d’une vie affective et sexuelle stable avec lui, complétée par le même genre de relation avec Cathy. Quand à mes envies plus ou moins libertines, en retournant régulièrement à l’Acanthus, j’en saurai un peu plus, et je pourrai vivre ce genre de choses si j’en ai vraiment besoin. »
A 18h, chez George. Le papier-peint ancien, à fleurs, m’angoisse. Et je fais tout pour que nous partions au plus vite à La Butte aux Cailles. Le quartier est vide, pas encore animé à cette heure. Nous nous promenons pour voir de jolies maisons dans les ruelles et pour choisir un restaurant. Il remarque mon inquiétude et je ne lui parle pas du papier-peint. Je lui dis que c’est étrange, que c’est la première fois que je me retrouve dans ce genre de situation, que l’on ne se connaît pas encore, que nous allons faire l’amour tout à l’heure... J’ajoute qu’il cherche une relation un peu stable, un peu profonde, et que je ne suis rien de tout cela en ce moment, que j’ai peur de ne pas être le numéro pour lui, que j’ai peur de le tromper en quelque sorte, tromper sur la marchandise... Il me rassure. Il ne veut pas quelque chose d’hyper sérieux ou d’exclusif. Il veut être libre lui-même et que l’autre se sente libre. Bref, nous continuons à faire connaissance. On se raconte des trucs un peu intimes. Et puis, petit à petit, je me détends. Je me mets à le trouver intéressant, vrai et plein de vie, plutôt libre et heureux. Et puis, par-ci par-là, des points communs, des choses qui nous rapprochent. Hier, moi, artiste, cela m’angoissait de coucher avec un pâtissier. J’avais peur que nos mondes ne soient trop différents, et puis non, avec un peu d’alcool, nous nous sommes parfaitement entendus.
Il a 43 ans, il est mince et plutôt chouette, sans être un canon, une belle personne. Je l’ai découvert après le restau, chez lui. Une discussion très libre dans le noir, dans le salon, éclairé par la rue. Du champagne, de l’humour et des caresses. Et puis au lit, nous nous sommes vraiment bien entendus. Pas de papier-peint à fleur dans la chambre. Des meubles ressemblant à ceux d’un étudiant, comme s’il était là seulement depuis quelques semaines. Cela m’a plu. J’ai apprécié cette simplicité. On a fait l’amour longtemps, très longtemps. Il n’était pas pressé, faisait durer le plaisir. Mais moi, au bout d’un moment, je n’en pouvais plus. Je sentais que si je ne jouissais pas le plaisir allait redescendre et disparaître. Je lui ai confié cela, lui ai demandé de me faire jouir. Ce qu’il a fait très aimablement, avec conviction, en jouissant lui aussi.
Pause, Jack Daniel’s, discussions, rires. Et puis on a refait l’amour. Longtemps encore une fois. Mais cette fois, on était trop fatigués et un peu trop saouls pour jouir. On a laissé tomber et on s’est endormi tout de suite.