Voyage au bout de la Lumière

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vendredi 26 août 2016

Le retour du pornographe, je me réadapte à la vie française

Jeudi 25 août 2016

Et une nouvelle de plus! Cela en fait six. Il m’en faudra au moins cinquante avant de les proposer à La Musardine.

Elles sont courtes et je ne cherche pas à les allonger. Elles sont comme elles sont. Je les présenterai au mieux de leur forme, mais ne chercherai pas, comme la dernière fois, à épaissir le manuscrit.

Et si M. Esparbec, ou un autre, ou une autre, me dit que c’est un peu maigre pour faire un livre, je ne me presserai pas. Je reprendrai mon manuscrit et laisserai à nouveau filer le temps. Et si de nouvelles nouvelles s’écrivent, tant mieux. Et ça prendra le temps que ça prendra. Et si elle ne s’écrivent pas, tant pis. Je me contenterai, comme je le fais pour mon Journal, de mes lecteurs sur le web - sur Planète Vassilia, par exemple, s’ils continuent à les publier.

Le plombier a sonné alors que ma chérie avait encore les poils pleins de sperme. Je lui ai fait signe depuis le premier étage que je l’avais entendu. J’ai enfilé un short et je suis allé lui ouvrir. En bon professionnel qu’il est, il a trouvé rapidement la fuite, après avoir cassé le coffrage au bon endroit. Une soudure avait lâché. Il a tout réparé. Si nous devons refaire la salle de bain, que nous avions prévu de refaire quand nous en aurions les moyens, à coup sûr, ce sera avec lui.

Nous vivons à nouveau sereins malgré notre plafond effondré. Il suffit de ne pas lever les yeux. Dans la salle de bain, c’est plus difficile. Le lino a été retiré et l’on marche sur un béton grossier marbré de taches d’humidité. Heureusement il fait chaud et bientôt, à force de laisser les fenêtre ouvertes, tout aura séché.

Ce matin, après le rituel café au café, et avant le coiffeur, j’ai eu le temps de maîtriser le lierre qui commençait de manger l’escalier menant à la porte d’entrée. J’ai enlevé la végétation sur l’un des passages du chien pour qu’il ne perde pas ses bonnes habitudes de ne pas marcher n’importe où. J’ai remis en forme mon forsythia, un peu comme si même j’avais été son coiffeur, et taillé deux petit buissons bouisonnants qui avaient eux aussi besoin d’une coupe.

Bref, la vie reprend son cours et moi mes habitudes, c’est à dire que je me réadapte à ma vie française après m’être adapté à une autre vie au Maroc. Mon fils sera là dans cinq minutes et nous partagerons ma divine soupe angevine. Nous nous donnerons des nouvelles.

jeudi 25 août 2016

"Nous vaincrons"

Mercredi 24 août 2016

Lundi, à midi et demi, alors que j'attendais mes bagages à Orly Sud, alors que je n'étais plus dépendant de la wifi puisque la 3G était comme par magie revenue, j'ai lu un e-mail de ma chérie qui m'a inquiété et rassuré:

« Hello Loulou,

Je suis rentrée tout à l'heure finalement, ça a bien roulé, pas d'accident! Nous nous retrouverons avec grand bonheur!

Mais... Le ciel nous envoie une épreuve...

C'est que du matériel, et nous vaincrons, mais c'est très chiant et spectaculaire, dégât des eaux dans le salon, et ça vient d'une fuite sur un tuyau caché dans la salle de bain au-dessus...

Le piano a l'air OK mais je n'ai pas pu le jouer à 2h du mat’…

J'éponge depuis 2 heures, je vais aller me coucher.

Courage Loulou, nous vaincrons! »

Le message avait été envoyé à 3h52.

Je décidai de suivre les conseils de ma chérie - qui sont souvent bons, elle est beaucoup moins stressée que moi, angoissée ou démontée par les menus problèmes de la vie - et d’attendre mes bagages à peu près sereinement.

Je la retrouvai après le passage de la douane et elle m’expliqua de vive voix ce qui s’était passé. Comme elle est efficace, l’assurance était déjà prévenue et un plombier devait passer à seize heures.

Resto dans notre petit centre-ville de campagne avant d’affronter les problèmes. Puis, comme nous avions une heure devant nous, comme nous avions peu dormi l’un et l’autre la nuit précédente, repos.

Et partie de jambes en l’air. Cela faisait plus d’un mois qu’on ne s’était vu. Partie de jambes en l’air qui confirmait, comme les précédentes, que nos problèmes de relations sexuelles étaient derrière nous. La complicité était là, l’amour était là, le plaisir des yeux étaient là. Et c’est avec un grand bonheur, après lui avoir demandé sa permission, que je lui arrosais la chatte avec mon sperme, étalant cette matière visqueuse sur ses petites lèvres avec mon gland, regardant cette chose étrange et mystérieuse que Gustave Courbet avait si bien su mettre en avant.

Elle n’avait pas joui mais, c’était sûr, c’était devenu sûr, elle jouirait un jour avec moi. Ou, pour être plus précis, nous orgasmerons un jour ensemble. Ce n’était qu’une question de temps, de patience, d’amour et de tendresse. Comme elle l’avait écrit dans son mail: nous allions vaincre!

dimanche 21 août 2016

J'ai cinquante et un ans et demi, tous les espoirs sont permis

Dimanche 21 août 2016

Je suis enfin en vacances. Je prends l'avion demain matin pour rentrer chez moi.

Hier, est-ce que j'avais trop bu, dans mon café préféré près de la gare, en fin de matinée, en début d'après-midi et entre les deux? Je me suis inscrit sur Tweeter. Qu'est-ce qui m'a donné cette idée ? Je ne saurais vous le dire. Mes souvenirs sont confus. D'autant plus qu'en plein milieu de cette séance de de rêverie, d'internet et d'écriture, un collègue est venu me rendre visite - un collègue à qui j'avais donné mon adresse. Il a pris un café et j'ai continué de siroter ma bière. Je n'ai pas fait semblant d'être là avec lui. J'ai accepté de mettre de côté, pour un temps, heureusement pas trop long, la poésie pour parler boulot. C'est un être qui peut être tout autant maléfique que positif. J'espère avoir parler suffisamment bien, clairement et intelligemment, pour qu'il fasse passer, dans un avenir proche, plus de messages positifs que négatifs. C'est une commère, une commère qui manque d'humilité, qui croit savoir tout sur tout mieux que tout le monde.

Bref, après son départ, j'ai commandé une nouvelle bière et suis retourné, illico, sans effort, dans le petit monde que j'avais quitté.

Peut-être est-ce Anne Archet, finalement, qui m'a donné cette idée? Ou Planète Vassilia ? Dont je découvrais que le site coquin et intelligent n'était pas censuré ici. Je découvrais dans le même temps que la nouvelle que je leur avais envoyé au mois de juillet avait été publiée. Tout ça à dû me monter à la tête. J'ai dû avoir à nouveau envie d'être une star, connue et reconnue. J'avais depuis écrit trois autres nouvelles, que j'allais leur envoyer, une par mois.

En juillet, en retournant, après bien des années, sur le site Planète Vassilia, je m'étais aperçu qu'en 2007 ou 2008, j'avais gagné le concours de la meilleure nouvelle de l'année dans ma catégorie! Bref, encore fois - comme dirait mon amie Françoise -, avec une nouvelle par mois chez Vassilia, et peut-être un prix de temps en temps en fin d'année, plus Twitter qui allait booster la fréquentation de mon blog, la réussite était assurée!

Aujourd'hui, alors que j'en suis au milieu de ma troisième bière, à midi douze, je suis plus calme, raisonnable.

Je suis simplement heureux d'écrire, de pouvoir écrire.

Et, si je joue les critiques littéraires, je me trouve pas s'il mal que ça, tant dans le forme que dans le fond.

La reconnaissance, être publié ou pas sur du papier, viendra où ne viendra pas, n'est pas essentielle. L'essentiel étant, vous vous en doutez, la qualité du travail, l'utilité de ce travail.

Et puis, comme dit mon ami Epictète, cela ne dépend pas de moi.

Et puis, Spinoza a poli pendant longtemps des morceaux de verre.

Et puis Voltaire, qui se prenait pour un grand dramaturge, n'a écrit les écrits dont on se souvient, Candide et autres contes, alors qu'il avait plus de cinquante ans.

J'ai cinquante et un ans et demi.

Tous les espoirs sont permis.

samedi 20 août 2016

Le plus heureux des hommes

Samedi 20 août 2016

Hier, peu après quinze heures, dans mon café préféré au bord de la mer, je fus le plus heureux des hommes. Le plus anxieux dans un premier temps. La belle Marocaine m'avait enfin répondu. Probablement un message poli disant que je m'étais trompé sur la brillance de ses yeux, sur son joli minois curieux de tout, que je m'étais emballé, que mon imagination m'avait joué des tours etc. Et puis, quand j'osai enfin lire le message, je redevins le plus heureux des hommes, parce que son mot était doux:

"Je viens de découvrir ton message. C'est un moment d'égarement très touchant."

Je lui répondis immédiatement le plus sincèrement du monde, le plus sérieusement aussi car le costume de clown que j'avais endossé lors du premier message, pour me protéger et peut-être la faire rire, m'avait occasionné beaucoup d'inquiétude jusqu'à aujourd'hui:

"Et moi ce n'est qu'aujourd'hui vendredi que je découvre ta réponse. J'avais peur que tu aies mal pris cet écrit un peu maladroit et provocateur. Mais, si tu trouves que c'est touchant, tout va bien! ;-) T'écrire m'a permis d'alléger ma vie, de moins souffrir de ne pas parvenir à entrer en contact avec toi. Au-delà d'affaires sentimentales ou sexuelles, j'avais sincèrement très envie de partager des choses avec toi, de te parler. Mais le moment est mal choisi. Tu es très occupée par diverses responsabilités et nous vivons en groupe, ce qui n'est pas très pratique pour deviser calmement face à face. Un jour, peut-être, une autre fois... Je t'embrasse."

Son message datait de mardi. Je trouvais bizarre de ne pas en avoir pris connaissance plus tôt. Aujourd'hui, je n'ai toujours pas résolu ce mystère.

vendredi 19 août 2016

Ma petite aventure d'écrivain pornographe se poursuit

Vendredi 19 août 2016

Ma petite aventure d'écrivain pornographe se poursuit tranquillement.

L'effet que m'a fait F ici à été l'occasion d'écrire une nouvelle nouvelle.

J'ai envoyé la première à Planète Vassilia qui ne l'avait pas encore publiée avant mon départ.

Étant dans un pays islamiste, modéré, ouvert, intelligent mais islamiste, je n'ai même pas essayé d'aller sur le site pour voir si elle avait été publiée, voir si elle avait eu un quelconque succès.

Parce que je sais qu'il est possible que je sois surveillé ici. Parce qu'après avoir été un enfant modèle, puis un citoyen, employé modèle, je ne vois pas pourquoi, sous prétexte que je me trouve en Afrique du Nord, je me conduirais autrement qu'en étranger modèle.

Bref, je verrai cela lundi, quand je retrouverai mon pays vert aux eaux vives.

J'y vais doucement, je ne force rien. Contrairement à la dernière fois quand, après avoir écrit quelques nouvelles qui avaient un peu de sens, ayant besoin de reconnaissance, de me tester, je les avais envoyées à La Musardine.

À cette époque, je m'étais laissé griser par la réponse positive, encourageante, d'un certain Esparbec.

J'étais naïf, et tellement mal dans mon boulot que je m'étais imaginé que ce genre d'écriture pouvait être une possibilité pour changer de vie, vivre de ma plume, comme on dit.

J'ai déchanté bien vite mais ce fut une belle expérience.

Mes quelques nouvelles ne constituaient qu'un tiers de livre. Il fallut en écrire d'autres.

Je m'y mis et y parvins.

Sauf que, lorsque je fis le bilan, il ne fut pas très positif.

Tous ce travail, tous ces efforts, tout ce sperme répandu sur le lino, sous la table supportant l'ordinateur, pour seulement mille euros, pour un livre réécrit par Esparbec ou par un autre, un livre quelconque comme il s'en publiait plusieurs par mois et que l'on trouvait dans les gares pour que certains voyageurs puissent se masturber et trouver le voyage moins long.

Je noircis le tableau et évoquerai peut-être tous les points positifs une autre fois, tous le bienfaits de cette aventure littéraire m'ont apportés.

Pour l'heure, je voulais seulement vous dire que j'étais ravi que cette aventure se poursuive autrement aujourd'hui - et de façon bien différente que par le passé.

Car le principal objectif est le plaisir d'écrire, en toute liberté, sans pression d'aucune sorte et sans objectif particulier. Mais, mieux encore, l'atténuation de la frustration, de la souffrance que peut provoquer une rencontre, un désir. Chez moi, cette écriture, si elle survient, si elle s'avère nécessaire, s'avère beaucoup plus constructive - et apaisante - qu'un flot de sperme que je dois ensuite éponger tant bien que mal sur le bas de mon ventre rond et velu.

jeudi 18 août 2016

Sagesse

Jeudi 18 août 2016

J'ai croisé l'actrice hier. R.A.S. Sauf qu'elle était aussi ronde et belle que ma Mirabelle. Et comme elle n'était plus intriguée ou séductrice comme au début du séjour, j'en ai déduit que mon mot l'avait plus dérangé qu'autre chose. Je suis resté à distance, car je n'aime pas déranger les gens - comme le Pauvre Martin de Georges Brassens.

Je crois d'ailleurs que je vais finir ce séjour à distance. L'avion décolle lundi matin. Poli, courtois, professionnel, je vais continuer d'assumer ma tâche sans fioritures, sans affectivité particulière.

La belle Marocaine continuera sa vie et moi la mienne. Je pense que la séduction, la curiosité, font partie de son métier - et de sa personne. Je pense qu'elle est à sa place dans ce métier, heureuse et épanouie. Je pense que j'ai pris cette séduction, cette curiosité, pour du désir, voire de l'amour. Il n'en était rien. C'est juste une fois de plus mon inintelligence émotionnelle et ma bite - cette dernière toujours prompte à prendre de la place dans mon cerveau comme s'il lui appartenait - qui m'ont aidé à me fourvoyer.

Lundi je retrouverai Mirabelle, nos deux chats et notre chien, la jungle dans le jardin avec laquelle je devrai à nouveau lutter, la verdure et la fraîcheur de la France, et tous les soucis et autres problèmes dont je me suis ici détaché.

mercredi 17 août 2016

Il est temps d'évoluer

Mercredi 17 août 2016

En écrivant un mot à ma chérie ce matin, je me suis rendu compte que ce séjour aurait pu être plus heureux si je ne m'étais pas braqué, coincé, si je n'avais pas voulu jouer les durs et si je m'étais exprimé un peu plus, exprimé autrement que par du silence.

Je m'imagine dînant le soir dans un autre riad, en compagnie d'autres personnes - ça m'avait été proposé -, taiseux au début, puis parlant peu à peu.

Hélas, si j'avais pris cette option, je n'aurais pas fait connaissance avec G, ou moins profondément fait connaissance. C'eut été dommage, car je pense qu'il était l'animal à ne pas rater durant ce séjour.

Quand mon imagination vagabonde, comme nous sommes dans une phase de réflexion avec Mirabelle au sujet de notre avenir - professionnel, général, pas amoureux -, je me dis que cette rencontre ouvre une fenêtre de plus, une possibilité de plus.

Quant à la femme qui m'a fait craquer, l'actrice, elle n'a pas répondu à mon mot. Et je ne la croise plus. Au revoir.

Et, si je la compare aux deux poids lourds que j'ai croisés, qui peuvent influencer mon avenir - je parlerai du second une autre fois - c'est une gerboise.

Alors que, si je ne me trompe pas, mon futur se fera avec des pachydermes, c'est à dire des dominants.

mardi 16 août 2016

Santé, sobriété. Hélas, cela me coupe des autres humains

Lundi 15 août 2016

Je suis au café de la gare, c'est à dire au Terminus. J'attaque ma deuxième bière. Il est midi.

Après trois semaines, petit à petit, je retrouve une vie qui me convient. Et cette bière du midi, accompagnée d'écriture, fait partie de mon équilibre.

En fin d'après-midi, ou le soir, cette bière peut être là aussi, au riad. Elle m'attend dans le réfrigérateur.

L'idéal serait, comme hier, que je m'en contente, que je n'en boive pas d'autres avec G ou P. Et pour ce faire, après ce week-end arrosé, je retrouve ma vie d'ermite. Un dîner dans la rue des snacks, un Ricoré, de la lecture.

J'apprécie de plus en plus ce que raconte Paul Auster dans Sunset Park - et comment il le raconte.

lundi 15 août 2016

Une bite à la place du cerveau

Dimanche 14 août 2016

Je suis au Terminus, un café à côté de gare où on peut consommer de l'alcool.

L'écriture m'a quitté parce que toute la semaine j'ai utilisé mon cerveau de travailleur, parce que, comme vous le savez, j'ai voulu jouer les durs, me mettre dans la peau de quelqu'un que je ne suis pas.

L'écriture m'a quitté parce qu'il y a eu des fêtes. G et P, mes nouveaux amis, ont le gosier en pente, et le mien, que j'ai tenté de rééduquer ces derniers mois, dans cette ambiance de fête, de rire et d'émotion, a eu vite fait de retrouver sa pente naturelle.

Gueule de bois samedi matin. Gueule de bois aujourd'hui.

Mais ça vaut le coup.

J'écoute les leçons de vie de G qui est un sacré personnage, un drôle d'animal qui ne fait pas la leçon, qui raconte, qui vit, radote un peu mais qui est tellement attachant, qui a tellement d'expérience, et qui, surtout, sait vivre au présent dans la plus parfaite convivialité et intelligence.

Hier, après avoir passé une partie de la journée avec P à boire des bières dans des bars locaux et rares, place Ibn Yassine, j'ai décidé de l'accompagner jusqu'au bout de la nuit. Parce que je sentais en lui des fragilités, un dysfonctionnement dans sa façon de penser qui le faisait souffrir. J'ai tenté de l'aider. Je ne sais pas si j'y suis parvenu mais j'ai essayé. Et puis, nous avons beaucoup de points communs. Au point que j'ai songé à lui écrire, en fin d'après-midi, ce fantasme:

Après avoir bu quelques whisky, quand tu en as envie, tu te mets à l'aise. Tu poses ton pantalon, tu t'assois au bord de ton canapé marocain et tu fermes les yeux. Tu te détends. Tu imagines que c'est une femme qui te suce. Et comme mon plaisir, parfois, est d'être femme, cela me plaît. Et, si cela te plaît à toi aussi, tu peux profiter de ce plaisir jusqu'au bout et me jouir dans bouche.

Hier soir, quand on s'est fini au whisky, l'ambiance était plus psychanalytique, émotionnelle, chargée de souffrances qu'il fallait gérer, qu'il fallait vivre et comprendre et nous étions bien loin des pulsions sexuelles.

Ma bite a pris une grande place dans mon cerveau ces derniers jours. Je vais essayer de maîtriser la situation, de ne pas me laisser complètement diriger par cet organe reproducteur.

Voici, sur le même sujet, l'e-mail que j'ai envoyé hier à Mirabelle:

J'ai envie de te lécher les seins. J'ai envie de te respirer, entre les fesses et partout ailleurs. J'ai envie de ta main sur mon sexe. J'ai envie de gicler comme un animal en rut et en manque.

Et la fausse poésie que j'ai postée sur le site de la comédienne marocaine :

Quand je te vois,

Je fonds comme une glace au soleil.

Pétrifié, muet, glacé.

Quand je te vois,

J'aimerais être moi-même un soleil Pour te faire fondre.

En attendant,

Quand je te vois,

Je me sens gelé de timidité,

Handicapé de la conversation.

Quand je te vois,

J'ai envie de te manger.

dimanche 14 août 2016

La vie et l'art

Paul Auster

Sunset Park

Page 199

"... et quand il la regarde maintenant, de l'autre côté de la table, il se demande comment cette femme séduisante mais tout à fait ordinaire, cette femme d'humeur fluctuante qui montre une passion triviale pour les blagues obscènes, peut avoir en elle la capacité de se transformer en autant de personnages distincts et totalement différents, le pouvoir de donner à sentir qu'elle porte en elle toute l'humanité. Faut-il un acte de courage pour se lever et retourner ses tripes devant un public d'inconnus, ou bien est-ce une compulsion, un besoin d'être regardée, un manque d'inhibition frisant la témérité qui poussent quelqu'un à faire ce qu'elle fait? Il n'a jamais été capable de mettre le doigt sur la ligne de partage entre la vie et l'art. Renzo est comme Mary-Lee, tous deux sont prisonniers de ce qu'ils font, tous deux se lancent depuis des années d'un projet au suivant, tous deux ont produit des oeuvres d'art qui dureront, et pourtant leur vie à été un vrai foutoir, tous deux ont divorcé deux fois, tous deux ont un talent extraordinaire pour se prendre en pitié, tous deux sont au fond inaccessibles à autrui - pas exactement des êtres humains ratés, mais pas non plus des réussites. Des âmes amochées. Des blessés qui marchent, qui s'ouvrent les veines et saignent en public."

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