être vivant

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samedi 5 juillet 2008

Panne de stylo, récupération

Vendredi 4 juillet 2006 – 15h05

Panne de stylo depuis dimanche. Je vis pourtant, ou survis. Il se passe des choses mais, pour des raisons que je ne saurais définir, je n’ai pas envie de les raconter.

Je pense que je récupère du choc de l’accident et de la mort de X.

mardi 1 juillet 2008

Travail littéraire, relations humaines

Dimanche 29 juin 2008 – 8h40

Café des Rigollots. Isis est au marché. Elle joue les maraichères pour arrondir ses fins de mois. Avec plaisir parce que la personne qui l’emploie est quasiment une amie. Moi, je me réveille doucement en terrasse.

Une fois chez moi je continuerai de corriger le mois de novembre 2007. J’ai plaisir à faire ça en ce moment. Je ne sais pas si ce que je raconte est intéressant mais au niveau du style ça se tient plutôt bien. J’en suis à une folle histoire d’amour avec la jeune bloggeuse dont je m’étais épris en octobre. Ensuite il y aura Margaux, Isis, et je pourrai passer à la correction du Journal 2006. Une fois que tout cela sera fait, imprimé, dans mes archives, je pourrai continuer tranquillement ma petite aventure littéraire.

Hier, avec Isis, nous avons passé la matinée au lit. A dormir à moitié, à faire l’amour, à discuter de choses et d’autres. C’était très agréable. Je vis vraiment quelque chose de beau, de profond et de réel avec elle.

Tout mon travail psychologique va être maintenant de faire en sorte que cela dure entre nous, et que cela s’élargisse ensuite à d’autres secteurs : mes relations professionnelles, ma famille, mon fils. Si toutes ces relations sont pleinement vécues, profondément, je pourrai peut-être atteindre mon but de sage ou d’être vivant plutôt heureux.

En ce moment, je compare parfois mon travail d’écrivain à celui d’un peintre. Et je me dis que je ne ferai jamais de « peintures », grandes ou petites, que mon Journal ressemble à une suite de croquis pris sur le vif. Et j’ai bon espoir que ces croquis iront en s’enrichissant, en s’affinant.

lundi 30 juin 2008

Faiblesse, alcool

Vendredi 27 juin 2008 – 9h30

Je me suis réveillé avec la tête lourde comme si j’avais bu. Heureusement que je n’avais pas bu. Je m’en suis félicité.

Je ne bois pas en ce moment, sans faire d’efforts particuliers. Je crois que la mort de X m’a coupé la soif. Sauf l’autre jour quand je me suis vidé la bouteille d’Aloxe Corton avant de faire la sieste.

N’ai toujours pas cherché l’adresse de mon ancienne psy sur internet. Me sens handicapé en ce moment. J’ai juste la force de faire mon travail. Rien d’autre.

dimanche 29 juin 2008

Seuls Two, difficultés, psy

Mercredi 25 juin 2008 – 15h30

Dans un quart d’heure, je passe chercher mon fils. Nous allons voir Seuls Two. On avait vu la bande-annonce quand on était allé voir le dernier Indiana Jones. Paris vide. Deux types seuls. J’avais trouvé cela intéressant, original, et j’avais demandé à mon fils si ça le branchait. On y va aujourd’hui.

A part ça, c’est dur d’aller au boulot. C’est dur pour Isis aussi. C’est dur pour tout le monde, les élèves compris.

18h35

Seuls Two pas terrible. Mais j’ai quand même ri deux ou trois fois. Plutôt trois. Alors que j’aurais pu ne pas rire du tout, voire être triste.

Mon fils s’est bien marré. On a passé un bon moment et c’est très bien comme ça.

Ce soir, Isis va au spectacle avec une amie. Ca m’arrange. Comme je ne suis pas gai, un peu à côté de mes pompes, je ne voudrais pas que l’on passe une mauvaise soirée et que l’on songe à se séparer comme la dernière fois. Elle va m’appeler pour me dire si elle reste papoter avec sa copine ou si elle me rejoint chez moi.

Je bois un café et pas de bière. C’est meilleur pour moi. Je vais rentrer et, si j’ai assez d’énergie, je continuerai d’écrire ce qui a été écrit dimanche. Peut-être que je corrigerai aussi un morceau du mois d’octobre 2007.

Avec Isis, je quitte une ancienne vie pour en retrouver une nouvelle. C’est dur, je suis perturbé, et je n’y arriverai pas tout seul. Je ne suis toujours pas allé sur internet pour voir si mon ancienne psy était toujours à Paris. Ce sera le premier pas. Ensuite, il faudra l’appeler.

Drôle de vie. Pas très heureuse finalement. J’ai l’impression de faire ce que je peux mais de ne pas y arriver. Je suis de plus lucide sur mon handicap : les relations humaines. Quand mon ancienne psy me demandera pourquoi je l’appelle, je saurai quoi lui dire.

jeudi 26 juin 2008

Malheur

Dimanche 22 juin 2008 – 18h50

Je ne parle jamais de mon boulot. Avant, c’était parce que j’étais persuadé de devenir célèbre et que je ne voulais pas être emmerdé. Deux boulots, deux mondes, pas de mélange. Aujourd’hui, célébrité ou pas, cela m’emmerderait pourtant qu’un lecteur de mon blog vienne fouiner dans ma vraie vie.

Seulement, il s’est passé quelque chose. Quelque chose de fou, de fort, de violent. Et je vais devoir en parler.

Un de nos élèves s’est tué.

Il travaillait pour savoir s’il pouvait faire un quadruple saut périlleux en spectacle. On y allait doucement, prudemment, sérieusement. On travaillait en bonne entente et pourtant…

Ce saut extraordinaire, c’était son souhait. Il y pensait depuis un an, depuis qu’il avait fait le triple. Et nous, pendant tout ce temps, on l’a accompagné. Et tout se passait bien jusqu’à jeudi.

Ce jour-là, en fin de matinée, il a fait un saut qu’il n’avait jamais fait. Puissant et rapide. Un poil d’énergie en plus et il serait arrivé sur le dos, en sécurité dans le tapis. Seulement il est allé chercher ce putain de tapis avec ses pieds. Et il l’a touché, en déséquilibre arrière. Et sa chute n’a pas été freinée, ni sa rotation. Et son dos s’est retrouvé en dehors du tapis à pleine vitesse avant d’entrer en contact avec le béton.

Jamais il n’avait fait ça en situation protégée (avec des longes) et la personne derrière n’a rien pu faire. C’était trop rapide. Sa tête a heurté le béton.

Flaque de sang. Pompiers. Samu.

J’ai accueilli les parents le soir à l’hôpital. (Je n’étais pas seul.) Et c’est en voyant leur tête après un entretien avec le médecin que j’ai perdu tout espoir.

Le lendemain midi, ces mêmes parents nous ont annoncé que c’était fini, que son corps était maintenu en vie mais que leur fils était considéré comme mort. Ils ont dit aussi qu’ils n’en voulaient à personne, que c’était un accident. Et une sorte de deuil a commencé.

J’avais vu des psys dès le jeudi après-midi parce que je savais que je serai auprès d’eux le soir pour répondre à d’éventuelles questions. Pour être clair. Pour assumer le choc aussi, les sales images. Tout cela était trop fou, trop violent, trop soudain.

La vie va redémarrer maintenant, différente et pourtant toujours la même. Et moi je vais faire en sorte de ne plus jamais revivre ça.

21h00

Samedi, avec Isis, pour oublier un temps ce malheur. On est allé voir le travail de Pierrick Sorin à Engheins. C’était vraiment bien. Un artiste très intéressant.

Je l’avais découvert il y a longtemps à la Fondation Cartier, à Montparnasse. Elle était ouverte depuis peu et je voulais voir à quoi ça ressemblait. Récemment, quand j’ai eu une grosse envie d’arts plastiques, je m’en suis souvenu en voyant son nom dans Beaux Arts ou Art Actuel.

Après-midi un peu quelconque avec mon fils. Il n’avait pas d’envies et tout ce que je lui proposais ne lui plaisait pas. Quand je lui ai raconté la mauvaise nouvelle, il m’a dit : « T’as été viré ? ». Ca m’a presque fait rire. Il n’était pas plus inquiet que ça. « Non, je lui ai répondu, je n’ai pas été viré. C’était un accident. »

C’est dur à avaler.

Comme je l’ai dit aux psys qui étaient là pour nous aider jeudi, c’est difficile de se dire qu’on a bien fait son travail, sérieusement, prudemment, quand il se passe un truc pareil, difficile de ne pas se sentir coupable, responsable.

dimanche 22 juin 2008

Névrose, Aloxe-Corton, sexualité "extrême"

Vendredi 20 juin 2008 – 14h17

Isis m’a parlé de MA névrose, comme si j’en avais qu’une. J’ai trouvé cela amusant, « artistique », et j’ai gardé le terme dans mon journal récent.

Aujourd’hui que je suis en train de vider une bouteille d’Aloxe-Corton en ayant pensé avant à un scénario scatologique, Je pense à cette fameuse névrose.

Quand je suis dans des états émotionnels extrêmes, il semblerait que je n’ai pas beaucoup de solutions. L’alcool, ou un plaisir sexuel qualifié d’extrême sur le net.

Bref, je crois que je vais vider la bouteille d’Aloxe-Corton et faire la sieste, parce que l’arrivée éventuelle en plein après-midi de ma colocataire risque de me gâcher (de me « stresser » pour être plus précis) le plaisir scatologique.

Pourquoi je pense à tout ça ? Vous le saurez bientôt.

lundi 16 juin 2008

Serra, lunettes, Sagan, écriture, bouffe et psy, brûlé vif

Dimanche 15 juin 2008 – 13h00

Un bon moment avec Isis dans l’œuvre d’art crée par Richard Serra au Grand Palais. Des courses à Vincennes. Isis avait quelques cadeaux à faire. Moi, je lui ai offert des Ray Ban.

J’avais vu ces lunettes à Noisy et je lui en avais parlé. (Elle venait de perdre les siennes.) Le temps a passé ensuite et elle n’est pas venue à Noisy. En tout cas pas pour essayer des lunettes. L’autre jour, quand elle avait rendez-vous avec sa fille chez Afflelou je les ai revues. Aujourd’hui, elle les a essayées et elles lui plaisaient. Je suis heureux. Avec ces lunettes sur le nez, Isis ressemble à une vraie star Hollywoodienne. Cela me plaît.

J’avais eu l’idée de m’en acheter une paire aussi. Et puis non. Parce que ma cagnotte s’amenuise, parce que je veux en garder un peu pour mes vacances chères à Cherbourg avec mon fils, parce que j’ai retrouvé récemment mes lunettes Décathlon. Parce que si j’avais des lunettes chères, cela me stresserait. J’aurais peur de les laisser en évidence sur le tableau de bord. Je me sentirais coupable de ne pas les ranger chaque fois dans leur étui, coupable de prendre le risque de les abîmer. Stressé quand elles seront en dehors de ma voiture qu’elles tombent de ma poche ou que je les oublie sur une table de café.

Je garderai donc mes lunettes Décathlon jusqu’à ce que j’en ai marre ou que je les perde (ou les deux en même temps).

Sagan ensuite, à 19h, à Vincennes. Comique de situation au guichet. La femme derrière nous a ri, le beau mec d’un certain âge derrière la vitre a souri et Isis s’est demandé ce qui se passait. Il m’arrive comme ça parfois d’être humoriste, humoriste de situations, quand le bon mot tombe au bon moment.

Drôle de vie (Sagan), drôle d’irresponsabilité et de gâchis. Je n’ai pas de complexe avec ma névrose. Quant à l’écriture, j’ai ma petite musique moi aussi. Me manque que la célébrité et l’argent. Et puis être publié pourquoi pas, ailleurs que sur internet. Mais à part ça, j’ai tout ce qu’il faut, et je ne me plains pas. Et puis Sagan, combien l’appréciait vraiment, au-delà de l’effet de mode, du « charmant petit monstre » ? Une poignée ? Comme tous les écrivains dignes de ce nom.

J’ai trouvé le film mauvais, larmoyant, long, vieux. J’ai trouvé qu’il faisait téléfilm.

Petite bouffe au Petit Bofinger ensuite. C’était correct. Et j’ai trouvé un défaut à Isis. Quand elle un peu bu, quand elle parle un peu trop, elle revient sur ses histoires, sa famille. Elle fait une sorte de post-psychanalyse comme si elle digérait sa psychothérapie. Comme si elle avait besoin de la vivre encore, mais dans le plaisir cette fois. Le plaisir d’être libérée peut-être. Je le lui dirai un jour, quand cela me fatiguera vraiment. Car ce ne sont pas des bons moments quand elle est comme ça. Elle me dit des choses que j’ai déjà entendues. Elle est seule avec ses histoires et moi je fais semblant d’être là.

Elle a voulu regarder Jimmy Hendrix à la maison ensuite. Une émission sur Arte. Elle m’a montré ses ongles de pieds qui étaient peints et moi je lui ai offerts mon corps nu sous mon peignoir. Au lit, elle portait une culotte tapissée avec une serviette triple épaisseur. Ce n’était pas une surprise. Ses règles abondantes, hémorragiques, ayant repris. Cela a limité quelque peu nos ébats mais elle était heureuse qu’on soit ensemble et voulait me faire jouir. On a cherché différentes solutions et on y est parvenu. Encore une fois, je n’ai pas osé faire connaissance avec son anus. Ce n’était pas le MOMENT. Mais ce MOMENT viendra, je le sens. A 5h je me suis réveillé, heureux d’être avec elle. J’ai toujours été heureux de me réveiller avec elle, en pleine nuit ou le matin. Je me suis collé à elle et elle a fini, de son plein gré, avec bonheur, par me branler une seconde fois.

I-télé :

« Un mozambicain brûlé vif par une foule en Afrique du Sud. »

Je trouve ça impressionnant. J’imagine le type en train de brûler avec la foule autour qui regarde ; à bonne distance pour ne pas se brûler.

dimanche 15 juin 2008

Soirée très moyenne

Samedi 14 juin 2008 – 11h00

La soirée d’hier ne fut pas formidable d’efficacité. Je suis arrivé chez le dentiste à 17h30, pile à l’heure, sauf que j’avais rendez-vous à 17h00. J’ai bu deux bières et mangé un croque-monsieur cher et minable chez Jean en attendant l’heure d’aller chez le psy. Ai regardé la première mi-temps d’un match dont je ne me souviens plus les équipes. Ai attendu la psy vingt minutes. Et puis je lui ai raconté pourquoi j’étais là. A la fin elle m’a demandé si je pouvais assumer les consultations, financièrement. Et j’ai compris qu’elle n’était pas conventionnée. Elle m’a suggéré que je le savais, inconsciemment, que je l’avais fait exprès. Je lui ai répondu que je n’avais pas osé le lui demander au téléphone quand j’avais pris rendez-vous. Pourquoi ? Je ne sais pas pourquoi. Peut-être une histoire d’argent, peur de parler d’argent. Elle m’a demandé de lui payer ce que j’estimais lui devoir pour cette consultation. J’ai décidé de lui donner ce que j’estimais être le prix d’un psy. Je payais 300 francs pour ancienne psy. Lui ai fait chèque de 60 euros. Et au moment de faire le chèque, ne trouvant pas mon stylo, je me suis installé à son bureau pour en prendre un et être bien installé pour écrire. Elle m’a fait remarquer que cela n’était pas anodin, qu’il y avait un stylo à côté de mon fauteuil et que je n’avais pas songé à le prendre. (Sauf qu’il était dans un meuble dans mon dos quand j’étais assis dans le fauteuil et que je ne risquais pas de le voir.) Elle a laissé entendre que j’avais du mal à rester à ma place, à respecter la place des gens et des choses. Cela m’a touché et déplu. Et elle a ajouté que dans ma famille, probablement, des places avaient été inversées.

Ce rendez-vous ne fut pas complètement inutile parce qu’elle m’a dit (comme Isis) qu’on ne choisit pas son psy dans les Pages Jaunes, que si j’avais eu de bons résultats avec mon ancienne psy, c’est elle que je devais recontacter pour poursuivre le travail, même si elle était loin, à Paris, que ces efforts, ce temps pour aller la voir, ferait partie de la thérapie.

Une 3e bière chez Jean ensuite avec Claire Chazal. Et pour finir France/Hollande et désastreux 4-1.

Une longue nuit de sommeil : 23h-9h. Un réveil lent et cotonneux.

J’ai appelé Isis pour savoir comment on s’organisait pour le Grand Palais. Elle m’a laissé un message un peu plus tard pour me dire qu’elle aimerait bien que l’on reste ensemble cette nuit après notre promenade parisienne. Sa fille organise une fête chez elle et Isis a décidé de lui faire confiance, de la laisser seule gérer la soirée.

samedi 14 juin 2008

Belle histoire pas encore finie

Jeudi 12 juin 2008 – 12h10

Mardi soir, comme convenu, après le travail, j’ai emmené Isis au restaurant.

J’avais choisi d’aller à Beaubourg, Le Petit Mâchon, à Nogent, ne servant pas après 21h. On y avait passé un bon moment un soir vers 23h. Là il était plus tôt et les terrasses étaient blindées. Mais on a trouvé une petite place, dans un restaurant moins bon que celui de la dernière fois.

On a parlé de choses et d’autres et surtout de ma névrose. Je n’ai pas cherché à me défendre. J’étais comme j’étais et la vie était comme elle était. J’ai attendu le moment propice pour lui dire ce que j’avais pensé après notre discussion du midi. Mais il n’est pas venu. J’ai décidé de le provoquer à la fin du repas, au café, parce que je savais qu’ensuite ce serai trop tard, ou moins bien.

Des larmes ont fait briller ses yeux mais n’ont pas coulé. Je lui ai caressée la joue pour la réconforter mais ne me suis pas démonté. Je disais ce que je ressentais, ce que je pensais. C’était comme ça. Il fallait être réaliste.

Assez vite, ses yeux sont redevenus normaux et on a continué à parler sereinement.

Sur le chemin du retour, entre le restaurant et la voiture qui était garée sous l’esplanade de Beaubourg, elle m’a pris la main. Avec ses doigts croisés dans les miens. Peut-être pour me dire qu’elle n’avait pas envie que ce soit fini entre nous. Cela ne me plaisait pas. Et au bout de vingt mètres, je me suis libéré. J’ai remplacé nos mains enlacées par un autre geste amoureux qui me convenait mieux. J’ai mis mon bras droit autour de ses épaules et nous avons marché ainsi, collés l’un à l’autre. Elle me tenant par la taille.

Quand je l’ai déposée devant chez elle, nous nous sommes embrassés chastement et tendrement sur la bouche. Et juste avant d’écrire ces lignes, je lui ai envoyé ce message :

« Je ne vais pas à la danse samedi. On ira au Grand Palais quand tu voudras. C’est ouvert à partir de 10h. Je ne sais pas où l’on va tous les deux mais on y pas. Puisque tu as pris ma main en sortant du restaurant. »

Il y a eu ce message aussi, à 1h17, après le restaurant :

« Tu es le bienvenu quand tu te sens bien. Quand tu veux être seul, tu le dis. Est-ce que c’est envisageable ? »

Auquel j’ai répondu :

« On verra ça ensemble. Et pour répondre plus précisément : c’est envisageable. »

Et encore celui-là, à 0h44 :

« En fait je suis triste. Mais je ne le sentais pas jusqu’à présent. »

Auquel j’avais répondu :

« La vie n’est pas gaie. Et on passe notre temps à essayer de ne pas être malheureux. Le sage abîmé, ou mal formé, a parlé. Bisou. »

Et à l’instant, 13h06, elle me répond :

« Moi non plus je ne sais pas où l’on va. Peut-être est-ce à inventer. Je ressens l’envie d’être avec toi, et aussi ma difficulté à parler. Je suis troublée. »

« Samedi, on sera ensemble. » Ce sera ma réponse dès que j’aurai fini d’écrire.

mercredi 11 juin 2008

Fin d'une belle histoire

Mardi 10 juin 2008 – 18h15

Dimanche, j’ai envoyé ce mail à Isis :

« J'ai l'impression que l'on s'aime moins qu'avant, différemment, pas comme au début. Cela ne me rend pas gai. Ni gay.
A part ça, cet état de semi-déprime s'avère productif au niveau littéraire. J'avance dans la correction de mon Journal et j'ai écrit une belle tartine hier au café.
Bisou, à bientôt, au plaisir de te retrouver, au boulot ou chez toi.
PS: Je ne passerai pas ce soir. Je n'ai pas envie d'une soirée comme celle d'hier, même si j'ai été heureux de dormir avec toi et de te retrouver ce matin. »

Le soir, à 21h21, elle m’a envoyé ce sms :

« Je viens de lire ton mail. Je crois en effet que quelque chose ne va pas. Je cherche. Ce serait bien d’avoir du temps. J’ai hâte de parler de vive voix avec toi. Je sens de la tristesse. La mienne. La tienne. Je ne sais pas mais en tout cas je ne l’accepte pas. Je me couche. Je me sens épuisée. Mais si tu as envie tu peux m’appeler ou m’envoyer un message. Je t’embrasse. »

La veille, je l’avais rejoint chez elle. On se voyait déjà moins depuis quelques jours. Pour sa fille, pour moi qui avait besoin de me retrouver.

Quand je suis arrivé chez elle, sa fille était couchée sur le canapé. Isis était dans son lit et regardait un DVD. Je lui ai dit qu’elle pouvait continuer. J’avais envie de me coucher à côté d’elle et de regarder la fin du film ou de rêvasser. Mais elle a décidé d’arrêter. Moi, je me suis déshabillé et je me suis couché. Je n’allais pas bien. Je me sentais à côté de mes pompes, pas amoureux, pas désirant sexuellement, seulement envie de me réfugier quelque part, dans le sommeil ou dans les bras d’Isis. Elle a rangé son DVD et a fait ce qu’elle avait à faire. Brossage de dents, etc. Et puis elle m’a rejoint. Je n’avais pas envie de parler non plus. J’étais « coincé ».

Nous avons fait l’amour d’une façon déplorable. Moi mal à l’aise avec ma queue à moitié molle. Il a failli plusieurs fois se passer quelque chose mais on a fini par arrêter. C’était triste, déprimant. Elle m’a fait jouir en me branlant sans que je le lui demande. Elle aime bien faire ça, je crois. Je l’ai déjà signalé. Nous nous sommes séparés dimanche matin et puis voilà. J’ai envoyé mon mail en fin de matinée.

Ce midi, je suis allé manger chez elle et nous avons parlé. Elle surtout. J’en ai déduit qu’un type comme moi ne lui convenait pas. Peut-être une fois ma seconde psychothérapie terminée, mais pas pour l’instant. (Je commence vendredi à 19h.)

Elle ne veut pas faire la maman, et moi, souvent, j’aurai besoin de me réfugier dans ses bras, ou alors de la laisser seule parce que j’aurai besoin d’être seul, parce que souvent, finalement, je ne vais pas bien. Et je suis d’accord avec elle. Je ne veux de ce genre de relation moi non plus.

Nous mangeons ensemble ce soir et nous continuerons à discuter. Je lui annoncerai que pour moi c’est clair, que la bulle d’amour a explosé et que nous ne sommes pas faits pour être ensemble. Elle s’est libérée, et moi, je dois le faire. Je ne dois pas la tirer vers le bas ou jouer le rôle de son fils ou qu’elle-même joue celui d’une infirmière. Affaire classée.

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