Dimanche 13 mai 2012
L'écriture continue de me fuir, mais j'insiste, car j'ai peur de ne pas tenir debout sans elle. C'est peut-être moi qui fuis, qui change de vie. Je ne regarde pas mes e-mails, je n'appelle pas mes amis, j'étais muet comme une carpe hier avec mon fils. Ca ressemble à une catastrophe. Plus simplement, à une phase de repli sur soi. Et je me demande comme à chaque fois si je dois aller au bout de cette phase de repli ou si je dois essayer d'en sortir.
Comme nous allons à un concert cet après-midi avec Mirabelle, j'ai demandé à mon fils que l'on se voie hier. Nous avons déjeuné ensemble et ensuite, ne trouvant pas de reportage qui nous plaise sur internet, nous avons regardé les Guignols de l'info. Après l'avoir raccompagné chez lui vers 15h30, je n'ai rien fait. Envie de rien, à part boire, m'en aller. Ai terminé la bouteille de vin que nous avions entamée avec Mirabelle. J'ai lu, écouté de la musique, beaucoup de musique. J'ai ouvert une autre bouteille que j'ai bu doucement, que j'ai fini un peu avant minuit. Une tisane pour finir et encore un peu de lecture. Mirabelle passait l'après-midi avec des amis - l'assemblée générale de son association. Ensuite elle avait des choses à faire pour son festival. Nous avions prévu en conséquence de nous retrouver seulement dimanche pour le concert.
J'ai bu mais je ne me suis pas soûlé. Je n'ai pas perdu mon temps et mon énergie devant des images pornographiques sur internet. J'ai écouté de la musique - ce qui m'arrive rarement. J'ai lu. Ce n'est donc pas une journée trop négative que j'ai vécue, malgré le sentiment désagréable qu'elle me laisse. Je crois que c'est la fuite, le laisser-aller, l'inaction, ce penchant naturel à me couper du monde, à entrer dans mon terrier où je ne suis pas plus heureux qu'ailleurs, la peur de l'avenir avec Mirabelle, je crois que c'est tout cela qui me met mal. Vais devoir assumer cette tendance à me couper du monde, ne pas la concevoir comme quelque chose de négatif. Vais faire attention à la bouteille, qui est mauvaise conseillère. Vais continuer de faire ce qu'il faut pour rester vivant. Et, de cette phase étrange, il sortira bien quelque chose.