Voyage au bout de la Lumière

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mercredi 25 avril 2018

Une leçon d'art, par Monsieur Bukowski

Lettre à Jon Webb
Fin octobre 1962

« (…) Pour ce qui est de Stéphanile; les gens comme Félix sont paumés. Ils ont toutes ces théories et idées préconçues sur ce que devrait être la poésie. Ces gens pour la plupart du temps vivent encore au 19e siècle. Si un poème ne ressemble pas à Lord Byron, ils n’en fermeront pas l’œil de la nuit. Les politiciens et les journaux parlent beaucoup de liberté mais du moment que tu commences à l’exercer, que ce soit dans la Vie ou dans le monde de l’Art, tu es bon pour la prison, la moquerie ou l’incompréhension. J’y pense parfois quand je glisse une feuille de papier blanc dans la machine à écrire… Bientôt tu seras mort, bientôt nous serons tous morts. Même si là maintenant ce ne serait peut-être pas une si mauvaise chose d’être mort le mieux serait de vivre en écoutant la voix qui résonne au fond de toi, et si tu es assez honnête tu pourrais finir en cellule de dégrisement 15 ou 20 fois et perdre quelques boulot ainsi qu’une femme ou 2 ou peut-être même étaler quelqu’un dans la rue et dormir de temps en temps sur un banc dans un parc; et là si tu en reviens au poème, tu n’auras plus trop à te soucier d’écrire comme Keats, Swinburne, Shelley; ou agir comme Frost. Tu ne te soucieras pas du nombre de pieds, de vers, ou si les phrases riment bien. Tu veux que ça sorte, que ce soit dur ou brut ou autre - peu importe du moment que tu peux restituer l’idée avec justesse. Je ne crois pas que ça implique de pouvoir « gambader dans les champs »… « marcher sur les mains » et encore moins, comme le dit M. S, « d’agiter ses poèmes comme un drapeau. » Ça dénote surtout l’envie d’être entendu à tout prix. Ça justifie l’art médiocre au nom de la gloire. Ça révèle en un sens le factice et la mise en scène. Mais ces travers se perpétuent depuis des siècles dans tous les Arts - et ils perdurent actuellement dans la peinture, la musique, la sculpture, le roman. Les foules, aussi bien la vraie foule que la foule artistique (seulement au sens du grand nombre de pratiquants) sont toujours à la traîne, privilégiant la sécurité non seulement dans la vie matérielle et économique mais aussi dans la vie soi-disant spirituelle. Si tu porte un chapeau de paille en décembre tu es mort. Si tu écris un poème qui échappe à l’hypnose de masse de la poésie soyeuse du 19e siècle ils croiront que tu écris de façon médiocre car tu ne sonnes pas comme il faut. Ils veulent entendre ce qu’ils ont toujours entendu. Mais ils oublient qu’il faut 5 ou 6 braves hommes par siècle pour faire avancer les choses au-delà de la pourriture et de la mort. Je ne suis pas entrain de te dire de te dire que Je suis un de ces hommes mais je peux te garantir que je ne suis pas un des autres. Ce qui me laisse quelque part entre les deux - DEHORS.
Voilà, Jon, Je dirais prends le sillage de Stéphanile si tu y trouves ton compte. C’est un point de vue. Et j’aime autant qu’on me décrive comme un maçon ou un castagneur plutôt qu’un poète. Donc tout ne vas pas si mal. »

Charles Bukowski Sur l’écriture Page 90

Encore un costard pour Nietzsche, taillé sur-mesure par Monsieur Cioran

« Je ne peux plus lire Nietzsche ni m’y intéresser. Il me semble par trop naïf. Il y a déjà longtemps que j’ai cessé de l’admirer. Une idole en moins. Lui aussi s’est complu dans la prolixité, le remplissage, le diffus grandiose. »

Cahiers 1957-1972, page 659

Cioran (prononcez Tchorane) me rassure sur mon avenir d’écrivain

« Je vais m’accrocher à ces cahiers, car c’est l’unique contact que j’ai avec l’« écriture ». Cela fait des mois que je n’ai plus rien écrit. Mais cet exercice quotidien a du bon, il me permet de me rapprocher des mots, et d’y déverser mes obsessions, en même temps que mes caprices : l’essentiel est l’inessentiel y seront également consignés. Et ce sera tant mieux. Car rien n’est plus desséchant et plus futile que la poursuite exclusive de l’« idée ». L’insignifiant doit avoir droit de cité, d’autant plus que c’est par lui que l’on accède à l’essentiel. L’anecdote est à l’origine de toute expérience capitale. C’est pourquoi elle est autrement captivante que n’importe quelle idée. »

Cahiers 1957-1972, page 657

De véritables petites œuvres d’art

Mercredi 25 avril 2018

J’ai accroché quatre photos de plus dans mon salon hier. Il y en avait déjà quatre : le Triptyque Zen, plutôt réussi, et le Fond Marin qui, une encadré, m’avait semblé merveilleux.

J’étais ému. Et pas seulement parce que quelque chose était en train de se passer mais parce que certaines photos étaient vraiment belles, de véritables petites œuvres d’art.

dimanche 22 avril 2018

Pour faire de l’art

Et, finalement, je découvre qu’il ne faut pas vouloir.

Que, si je veux faire de l’art, je ne dois pas vouloir.

Être là, attentif, disponible, suffit amplement.

Et actif quand on doit l’être, sans trop réfléchir.

Ma vie se simplifie - 2

Dimanche 22 avril 2018

Ma vie se simplifie. Je n’ai plus qu’à faire de l’art, plastique, littéraire ou poétique.

Je n’ai plus que deux choses à faire : faire de l’art et survivre.

J’aimerais bien subvenir à mes besoins grâce à l’art. Mais, si ce n’est pas le cas, je trouverai des solutions, de meilleures solutions que celles que j’ai trouvées jusqu’à présent.

C’est une belle aventure qui commence.

vendredi 20 avril 2018

Ma vie se simplifie

Vendredi 20 avril 2018

Ma vie se simplifie. Et je ne m’y fais pas. Mon corps, mon cerveau, mon être habitués à l’anxiété s’inquiètent, puis s’aperçoivent qu’il n’y a aucune raison. Cela crée un vide. Un vide auquel je ne suis pas habitué.


***

Je vais en finir avec une vie qui, pendant trente années, ne m’a pas plu. Il y a de quoi être un peu perturbé. Car, je ne peux savoir ce que sera la suite, même si je l’imagine heureuse.


***

J’ai tenu le coup pendant ces trente années en me prenant pour un écrivain, un gratteur de terre qui allait faire pousser des choses intéressantes, et puis rien, rien de comestible à vendre sur le marché.


***

Gratteur de terre, chercheur d’or, je n’ai peut-être pas perdu mon temps, car une bouffée d’art, d’art plastique, a envahi ma poitrine. Des photos, des dessins, des sculptures sont déjà réalisées, et elles ne sont pas mal, prometteuses. Et si mon nouvel équilibre était d’être plasticien, écrivain pour raconter ce chemin d’artiste ?


***

Je vais respirer, rester calme, jusqu’à ce que mon corps, mon cerveau, mon être s’habituent à ce nouvel équilibre.

jeudi 19 avril 2018

Alcool, sculpture

Jeudi 19 avril 2018

Pas d’alcool lundi et mardi. Du vin blanc mercredi midi, une bière le soir. Aujourd’hui, je boirais bien un coup mais non, je sens que tiens quelque chose que je ne dois pas lâcher.


***

Après réflexions, mon « Plug McCarthy » a quelque chose à voir avec les Vénus du paléolithique. Vais essayer de rester éloigné de notre époque, de ne pas m’approcher des Cyclades ou de la Grèce antique.

lundi 16 avril 2018

Joies et aléas de la préparation d'une première exposition

Lundi 16 avril 2018

Du vin blanc, de la bière, mais pas de dérapage. Je suis en progrès. Cependant, ces avancées vont disparaître si je ne commence pas un sevrage sérieux dès aujourd’hui.

Les grenouilles se sont installées dans le jardin derrière la mairie. Elles chantent.

Le temps, trop long, qui me sépare de ma première expo, fin juin, me fait souffrir. Mais me rend également raisonnable. Plus de précipitation, plus de composition d’expo 2 ou 3. Hier, j’ai encore viré des photos que je trouvais trop faibles, les ai remplacées par des photos importantes, leader de l’expo suivante.

Je pense avoir fait de mon mieux. Je pense qu’il faut s’en tenir à ce contenu. Ne plus penser à l’avenir mais au présent et, pourquoi pas, commencer d’installer mes cimaises artisanales pour faire des essais.

dimanche 15 avril 2018

Art et Alcool

Dimanche 15 avril 2018

Encore une fois, Mirabelle est partie toute la journée pour apprendre à sauver des gens.

Je lui dis qu’on est déjà trop nombreux sur la planète.

Ça ne la fait pas rire.


***

Je regarde ma sculpture plug sécher sous un soleil intermittent.

Je bois du vin blanc.

Je ne devrais pas.

Je bois du vin blanc.


***

Mes photos de ciel seraient encore meilleures si mon appareil portait les Vuarnet qui se trouvent sur mon nez.


***

Que faites-vous sur la Terre ?

J’essaie de photographier Dieu dans le ciel.


***

L’alcool m’aide à me mettre en connexion avec la fragilité du monde, avec ma propre fragilité.

Seul l’art pourra me sauver.

En dehors de l’art, de l’alcool, je suis obligé d’être dur, tenu, pour ne pas m’effondrer.

Et cet état ne me convient pas.

Ce sera donc l’art où la mort.

Probablement les deux.

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