Voyage au bout de la Lumière

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jeudi 20 juillet 2017

Une révolution est en cours

Il y a une semaine, huit jours exactement, après un mois de sevrage, je buvais un Ricard et un verre de rosé dans un restaurant chinois, puis un ti punch à la maison. Pas parce que cela faisait exactement un mois, jour pour jour, que je n’avais rien bu, mais parce que Mirabelle m'invitait au resto - au resto sans savoir que je venais de vivre mon dernier jour de travail et que c’était enfin les vacances.

Peu importe, d’ailleurs, les ou la raison exacte. C'était une bonne occasion de boire, c’est tout. Et même si Mirabelle ne m'avait pas invité au resto, je crois que j’aurais bu un coup. Parce que j’en avais très envie, parce qu’après un mois sans alcool, j'étais probablement en manque.

Pourquoi je vous raconte ça?

Vous le savez déjà.

Parce que depuis ce fameux mercredi soir, je n'arrive pas à ne pas pas boire.

Alors j’en profite.

Rien de très important. Pas ou peu d'ivresse, encore moins de dérapage, mais quand même, si je continue comme ça - je viens de commander un second verre de Chablis -, c'est sûr que je vais me remettre à boire comme avant, c'est-à-dire trop, sûr que je vais me remettre à aller moins bien, à avoir des hauts et des bas plus marqués, des inquiétudes, voire des angoisses, une anxiété naturelle - principalement due aux mauvais choix que j'ai faits après ma naissance, pour survivre dans l'atmosphère toxique que me proposaient mes parents, qui déboucheront sur des dérapages, des cuites pour parler clairement, allant jusqu'à l'oubli, jusqu’à l’oubli du monde et de moi-même, une forme de mort non mortelle en fait, un coma éthylique pour parler clairement… - décuplée.

Vous voyez où je veux en venir?

Je veux en venir au fait que demain matin, je vais devoir à nouveau être parfaitement sobre, jusqu’au 12 juin 2018 - date de naissance d’un vieil amour, beau et foireux, parce que je n’étais pas fiable. Vous rendez-vous compte que je deviens fiable? à 52 ans! C’est pour moi une victoire aussi grande que celle de celui qui a gravi pour la première fois l’Everest et dont je ne me souviens pas le nom, parce que ça ne m’intéresse pas -, pour ne pas gâcher la vie de Mirabelle, pour ne pas gâcher notre vie heureuse, au moins aussi heureuse que celle de Sénèque, pour ne pas gâcher notre projet de vivre nos quinze meilleures années demain, pour ne pas gâcher ma propre vie.

Et, pour cela, les plus malins d'entre vous l'on déjà compris, j'ai besoin de VOUS.

Épictète et Michel Onfray, une histoire d’amour à retardement

Alors que je suivais, il y a bien longtemps, à ses débuts, La Contre Histoire de la Philosophie, chaque été, sur France Culture, alors que je m'en délectais, que j'apprenais plein de choses, j'avais remarqué que Michel Onfray ne faisait pas grand cas d'Épictète.

Alors que moi, à l'époque, cet auteur m’avait sidéré, son livre surtout : Ce qui dépend de nous.

J’ai compris depuis, qu’Épithète ayant vécu entre le premier et le second siècle après notre fameux J.C., il était délicat d’en parler en même temps que les stoïciens qui s’étaient fait remarquer trois cent ans avant ce même J.C.

Bref, tout ça pour vous dire mon bonheur d’entendre hier Michel Onfray citer et re-citer Épictète lors de son second cours - diffusé mardi sur France Culture - que j’écoutais en différé.

Ainsi, d’après Michel, nous serions des animaux, et il y aurait même de la plante en nous, Épictète ne serait pas un bouffon new age, mais un philosophe digne d’intérêt. Si je l’entend dire un jour que nous aurions pu être des lézards, je commencerai de croire qu’il lit mes bêtises.

En attendant, je suis ravi, car Michel Onfray va dans le bon sens - en tout cas un sens qui me plaît.

mercredi 19 juillet 2017

La tête dans les étoiles - 2

Face à la voûte étoilée - beaucoup plus étoilée qu'en région parisienne - je n'ai pas d'efforts à faire pour méditer, pas d'efforts à faire pour aller bien.

La tête dans les étoiles

Quand je suis assis sur le balcon, la nuit - c'est la deuxième fois que cela m'arrive - la Grande Ourse me regarde tout autant que je la regarde.

J'espère que nous vieillirons ensemble.

mardi 18 juillet 2017

L'humain progresse. Il commence à comprendre qu'il est un animal

Onfray m'a dit hier, quand je l'ai écouté sur France Culture (Brève encyclopédie du monde), que je n'avais pas tord de penser, il y a vingt cinq ans, que nous étions des animaux.

Je me demandais alors pourquoi personne ne voulait voir cette évidence.

Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre que cela dérangeait trop de choses, que l'humain n'aimait pas voir son équilibre perturbé.

Et je le comprends.

Car c'est perturbant de perdre son équilibre.

C'est douloureux.

samedi 15 juillet 2017

Une belle fin de journée

Une messe de Guillaume de Machaut m'a lavé de ma fatigue ce soir.

Sept heures d'escabeau, d'enduit et de ponçage, m'avaient lessivé.

C'était une messe bien différente de celles que j'avais subies dans mon enfance. Beaucoup plus chère aussi.

Dieu était là. Cela ne faisait aucun doute.

Je crois qu'il se cachait dans les notes qui s'échappait des quatre gorges qui chantaient sous cette immense voûte.

Il se cachait mais je l'ai vu.

Comme pour la messe de mon enfance, il était bien différent de celui qui était sculpté, abîmé sur une croix.

jeudi 13 juillet 2017

Avec ma sœur, je ne mâche plus mes mots

Avec ma sœur, je ne mâche plus mes mots.

"D., notre mère, n'a pas assumé sa vie de couple comme une grande fille, comme une femme normale. Elle nous a manipulé, nous, les quatre enfants, elle nous a fait participer à sa vie de couple malheureuse qui ne nous regardait pas. C'est une faute grave. Alors, arrête de la prendre pour une oie blanche. Elle est en grande partie responsable si on est un peu dézingués tous les quatre. Et elle est aussi responsable de son propre malheur. Maintenant, elle n'est plus là. La vie continue. Il faut passer à autre chose. Te remettre d'aplomb, par exemple, ce serait une bonne idée, non?"

Et après un sms dont elle a le secret, que j'ai déjà reçu cinq cent fois, qui lui permet de tourner parfaitement en boucle dans sa bêtise, dans sa haine:

"Nous n'avons pas la même analyse concernant la vie de notre mère. Aussi bien toi que moi, nous avons le droit d'avoir notre propre point de vue. Inutile donc d'essayer encore de nous faire changer d'opinion, car je nous sens aussi l'un que l'autre.

En conséquence, je te propose que nous changions de sujet de conversation. Et tu comprendras, en conséquence, encore une fois, que je ne réponde plus à tes sms s'ils concernent la vie ou la mort de notre mère. Bonne journée !"

Le bonheur s'installe. Aurais-je déjà réussi, à 52 ans, mon pari d'être heureux ?

Jeudi 13 juillet 2017

Un Ricard, un verre de rosé, un ti punch, qui ne m’ont rien apporté hier, à part une mauvaise nuit et de mauvais rêves.

Nous étions le 12 juillet mais ce n'est pas pour cette raison je ne suis permis de boire de l'alcool, c'est parce que ma chérie était enfin rentrée de Vézelay, parce que j’étais en vacances depuis 13h, et parce que j'avais enfin les idées claires concernant mon avenir. Je voulais lui annoncer officiellement qu’en septembre commencerait ma dernière année de travail.

C'est qui m'inquiétait encore était le financement des études de mon fils et, ma petite tête n’étant pas toujours performante, je demandais à Mirabelle si elle était prête à vendre notre maison dans un an. Elle n'était pas prête, tout cela était trop précipité. Mais, à force d’échanges une autre idée m'est venue, une bien meilleure idée : mon fils, majeur, allait se démerder, prendre un crédit qui lui coûtera rien parce que je lui promettrai de le lui rembourser jusqu'au dernier centime dès que la maison sera vendue.

J'étais rassuré. J’allais pouvoir vivre une merveilleuse dernière année professionnelle. En lévitation, presque, sur la crête des vagues ou des montagnes, en parfaite relation avec le soleil, et bien au-delà, avec l’infini.

mercredi 12 juillet 2017

Descartes n'était pas si stupide que ça, finalement

Finalement, Descartes n'était pas si stupide, puisque je viens de l'entendre dire, dans le troisième volet des Méditations métaphysiques, sur France Culture :

« Par le nom de Dieu, j’entends une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, toute connaissante, toute puissante, et par laquelle moi-même et toutes les autres choses qui sont (...) ont été créées et produites. »

En fait, avant Wayne Dyer, il avait découvert La Source ! 😉😄🙏🏻

Est-ce qu'il l'a utilisée ? Je ne connais pas assez sa vie pour le dire. Mais je me renseignerai ! 😉

Je lui ai dit, je crois, que j'étais moi

Si je réussis à faire ce que j'ai prévu de faire dans les dix ans, si un éditeur me propose de rendre intelligible ce journal, j'ai déjà la dédicace :

À R. B., qui m'a demandé un jour, après avoir lu mon second manuscrit, Le journal du bistrot, en 1995, comment je pouvais écrire ce que j'écrivais, qui j'étais pour écrire ce que j'écrivais, comment je pouvais me moquer ainsi de Sartre, sous-entendre que ce n'était qu'un idiot qui n'avait produit que de la bouillie, du jus de cerveau !

Il était en colère et il m'a presque fait peur ce jour-là. Je me sentais comme un enfant qui se faisait gronder. Sauf que je n'étais pas un enfant, sauf que j'étais serein et assez lucide pour comprendre que cette colère ne me concernait pas.

Je lui avais répondu, je crois, que j'étais moi.

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