être vivant

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vendredi 19 mars 2010

Mises à jour

Jeudi 18 mars 2010

Impossible d'écrire ce matin. C'était prévu pourtant et j'avais fait sonner le réveil pour ça. Des efforts lundi et mardi, m'étais-je dis, (pour écrire), relâche mercredi, et puis on remet ça jeudi et vendredi. Impossible... J'avais un rêve bizarre qui me restait et des sensations qui me disaient que je ne ferai rien de bon si je me forçais à me lever. J'ai mis le réveil le plus tard possible, à 7h30.

Dans ce rêve il y avait Patrick Duffy, l'acteur qui jouait Bobby Ewing dans Dallas, et aussi L'homme de l'Atlantide - qui me passionnait beaucoup plus - aux mains palmées. Il avait vieilli et je ne le reconnaissais pas. Je le reconnaissais d'autant moins que, dans mon rêve, il ressemblait à Philippe Petit, le funambule qui est passé d'une tour jumelle à l'autre sans autorisation avant qu'elles ne s'effondrent. Patrick-Philippe était donc à l'hôtel avec sa femme, plutôt jolie, et moi aussi j'étais à l'hôtel avec d'autres personnes, voyage professionnel probablement, même je ne saurais vous dire avec quelles personnes. Et je n'arrivais à me souvenir du nom de l'acteur. Je demandais à mes collègues mais personne ne savait. J'étais gêné parce que j'avais discuté avec l'acteur sans savoir exactement qui il était. Juste avant de prendre ma douche, ce matin, je m'en suis souvenu: Patrick Duffy. Un nom de canard et de peintre. Allez savoir pourquoi, c'est le canard - le célèbre Daffy Duck - qui m'a permis de me remémorer le nom de l'artiste. J'avais passé la nuit avec Franck. Il était venu me rejoindre à Noisy. Ma cervelle-ordinateur à travers ce rêve et ces sales sensations, c'est sûr, poursuivait ses mises à jours.

mercredi 17 mars 2010

Souffrance

Mardi 16 mars 2010

Ecrire est une souffrance pour moi en ce moment. Ne pas écrire aussi. Je crois que tout est souffrance pour moi en ce moment et que je vais retourner m'allonger en attendant l'heure d'aller au travail.

mardi 16 mars 2010

Envie de calme, de me poser quelque part avec Franck

Lundi 15 mars 2010

Nous nous sommes beaucoup vus avec Franck cette semaine. Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, dimanche. Parce que je ne vais pas bien. Parce qu'il faut que je m'habitue à cette relation. Parce que j'ai besoin de réconfort et parce que c'est auprès de lui que je le trouve. Depuis que j'accepte cette relation, j'ai l'impression que mon cerveau n'en finit pas de faire des mises à jour. Encore ce matin, je ne pense qu'à ce soir quand je pourrai m'allonger, avant le dîner, puis après. Depuis que j'accepte cette relation, je n'ai plus envie de vivre seul. Je n'ai pas non plus envie d'aller vivre chez lui à Paris. J'ai hâte qu'il vienne s'installer ici comme c'est prévu. En fait, j'ai l'impression que ce sera bien, que j'irai bien lorsque nous habiterons ensemble.

lundi 15 mars 2010

Une journée calme, de nouvelles dents, des monstres, plus de soleil

Samedi 13 mars 2010

Une journée calme au boulot hier. A 17h, j'ai pris ma voiture pour aller chez Franck. Son fils était là. Lui travaillait en-dessous. Je me suis installé dans la chambre et j'ai laissé passer le temps. Une sieste sans dormir puis la lecture d'un Science et Vie - volé chez ma dentiste. Ca y est, j'ai une nouvelle dent, pas chère finalement, 240 euros au lieu de 310 (grâce à la partie remboursée par la sécurité sociale sur laquelle je ne comptais pas) et encore moins chère parce que ma dentiste s'est trompée, m'a commandé une couronne en céramique à 450 euros alors que j'avais demandé la moins chère, en métal. Bref, une bonne chose de faite. Bientôt, ce sera le côté gauche, en bas. Et plus tard, dans un an ou deux, un implant pour combler un trou, en bas à droite, 2000 euros. Et j'aurai à nouveau une belle dentition. "Les nouveaux monstres du cosmos", c'est le titre du dossier qui m'intéressait. Et, effectivement, il y a de sacrés monstres autour de nous. J'ai attendu patiemment que Franck finisse son travail, vers 20h30.

Le soleil s'est encore montré un peu hier mais pas aujourd'hui. Fin de trois semaines ensoleillées.

vendredi 12 mars 2010

Encore une cuite

Dim 7 mars 2010

L'alcool est une saloperie. Il est 15h20 et la déprime commence. La fameuse "descente" innérente à toute consommation de drogue. C'est logique: on monte, on se met la tête dans les nuages, et ensuite, la nature reprend ses droits, le corps veut à nouveau être normal et nous fait descendre bien bas avant de nous remettre en place un peu plus tard. Aujourd'hui, je vais essayer de mesurer combien de temps va durer ce moment désagréable.

Jeudi 11 mars 2010

J'avais des choses à raconter ce dimanche mais justement j'avais la gueule de bois - que j'ai géré comme un chef et j'en suis fier, en faisant autre chose que tenir ce journal. En corrigeant un peu du mois d'août 2009, en me mettant un grand coup de pied au cul et en me disant: "Travaille! Si tu veux devenir écrivain, travaille!" En étant présent pour mon fils chaque fois qu'il revenait vers moi. Nous étions pour la première fois au skate park de Chelles. Un truc couvert, de professionnel, presque aussi bien que celui de Vitry qui n'existe plus. Cela m'a rappelé des souvenirs. Mon fils minuscule et Alexis, le copain d'une nounou sur lequel j'avais craqué. J'étais encore bien inconscient de mon homosexualité... J'avais fait le jeune avec cet Alexis, notamment au skate park de Vitry où je m'étais talé le cul puis les hanches avant d'admettre que ce genre de cabrioles qui n'étaient plus de mon âge. Bref, à Chelles, je me suis contenté d'écrire en m'obligeant à avancer dans cette correction et en buvant du coca et de l'eau. J'ai appelé Franck pour lui demander comment il allait - suis tombé sur son répondeur. Et, finalement, la déprime ne m'a pas eu. Aussi parce que juste après le skate park, je savais que j'allais rejoindre Franck à Paris et que je ne serai pas seul. De plus, j'avais pris de bonnes résolutions. Vivre plus pleinement cette relation et me remettre à écrire le matin, dès le lendemain, lundi.

Pas d'écriture pourtant lundi. Suis allé chez moi en partant de chez Franck à 6h45 afin de ne pas aller au café glacé à Rosny pour rompre avec mes anciennes habitudes. Méditation avant de m'allonger. Avant de partir travailler. Et le soir, une expo des élèves des Beaux Arts à la fondation Paul Ricard, chez les riches - derrière l'hôtel Crillon. Dodo chez Franck ensuite.

Début de gastro entre quatre heures et six heures mardi matin. Je sens que je n'ai pas digéré ce que j'ai mangé la veille, c'est à dire le premier repas un peu consistant depuis la cuite de samedi soir. Dans la salle de bain, je pète, cela m'arrive fréquemment le matin et de l'eau chaude tombe par terre, coule le long de mes cuisses. Ce n'est pas que de l'eau. Je nettoie puis j'évacue le restre dans les toilettes. Je ne peux rien avaler. Je rentre chez moi en attendant l'heure d'aller au travail. Pas d'écriture. Je ne suis pas en état. Je m'allonge trois quarts d'heure. Il fait froid au travail. Je tiens une heure mais mon état ne s'arrange pas. Au contraire. Je me demande si je ne vais pas vomir. Je décide de rentrer chez moi où je me couche en arrivant.

Je sortirai du lit à quinze heure trente en décidant de retourner travailler. Je me sentais à peu près guéri et je préfèrais ça à me sentir seul chez moi, au lit, à ne rien faire. Un bol de riz avant d'aller me cailler les miches. J'ai eu l'impression de guérir en vivant cette épreuve de 18 à 22h.

Mercredi, psy, dans le froid toujours. Froid en parti compensé par le soleil. Si l'on compte mon séjour en Tunisie, cela fait trois semaine de soleil. Pas grand-chose à raconter (à ma psy) mais je parle quand même pendant une demi-heure. Je me rends compte de certaines choses, en m'écoutant, en écoutant ses courtes relances.

Franck me rend visite le soir, mais je ne suis pas très chaleureux. Je suis coincé en fait. L'huitre qui s'est un peu trop ouverte samedi et dimanche s'est refermée ce jour-là. C'est pourquoi j'ai tenu à me rendre chez lui ce soir, pour rattraper le coup, pour que nous ne nous voyions pas seulement le week-end dans une ambiance de fête et d'alcool, pour m'habituer à sa présence, à cette relation homosexuelle qui petit à petit ne devrait plus me déranger et, encore une fois, pour ne pas être seul, parce que depuis que j'accepte de m'engager dans cette relation, je n'ai plus envie d'être seul chez moi.

Nous nous sommes couchés tôt hier soir. Franck est parti à 3h30. Quand le réveil a sonné à 6h (toujours cette fameuse idée d'écrire à nouveau le matin) je sentais que j'avais suffisamment dormi mais j'étais assommé. Un rêve m'avait assommé. Je savais que si je me levais, ce serait pour rien. Aucune énergie, sauf pour rester au lit. J'ai repoussé le réveil une fois, deux fois, puis je l'ai mis le plus tard possible pour être à l'heure au boulot.

samedi 6 mars 2010

Il fait beau, Isis toujours présente, méditation, je ne comprends rien à l'argent, nouvelle façon d'écrire dès lundi

Mardi 2 mars 2010

Depuis mon retour de Tunis, j'ai de la chance: il fait beau. (Froid mais beau.)

Mercredi 3 mars 2010

Sept heures, le jour se lève - commence de se lever -, les oiseaux chantent. C'est bon signe. Signe que le printremps sera bientôt là.

Isis m'a adressé la parole hier soir. Une banalité. Mais c'était suffisamment peu habituel pour que je le note. Aujourd'hui, je lui fait un signe de la main pour lui dire "bonjour", en accompagnant ce signe d'un sourire. Dans l'après-midi, alors que je devais me soulager d'une trop grande tension sexuelle, je me suis surpris à penser à elle et à jouir avec elle. Alors que ça n'arrive jamais, que ça n'arrive plus. Un peu plus tard, je me dis que sa fille était en vacances, qu'elle était seule et que cette liberté avait peut-être éveillé une envie sexuelle, que c'était pour cette raison qu'elle m'avait adressé la parole mardi soir. Ensuite, rapidement, j'ai décidé de ne plus penser à tout ça. Pour ne pas souffrir. Comme on dit "pensée" en méditation pour reconnaitre que l'on s'est fait attraper par un raisonnement et qu'il est temps de le laisser poursuivre sa vie ailleurs, j'ai dit "stop". Et ça a marché.

Jeudi 4 mars 2010

Ce matin, sur Radio Classique, j'entends Anne Hidalgo - première adjointe au maire de Paris - dire à Guillaume Durand que les régions de France sont endettée à hauteur de 150 milliards d'euros, et que l'état l'est pour sa part de 1500 milliards d'euros. Du coup, je ne comprends pas pourquoi on trouve important l'effort de la Grèce de vouloir faire 5 milliards d'euros d'économie, et pourquoi sa dette, estimée à 300 milliards d'euros, est si importante. Tous ces chiffres me dépassent.

Quand je médite, il m'arrive de n'être plus qu'un souffle. Et d'être heureux de n'être que ce souffle.

Vendredi 5 mars 2010

Comme chaque fois que je ne vais pas bien, j'imagine des choses. Aujourd'hui, ce que j'imagine, c'est d'écrire à nouveau le matin. Car je me suis rendu compte cette semaine - avec douleur - qu'écrire au hasard est un calvaire, un calvaire d'inquiétude.

mercredi 3 mars 2010

Panne de stylo, belles retrouvailles avec Franck

Dimanche 28 février 2010

Panne de stylo. Depuis que je n'écris plus le matin, écrire est devenu une activité hasardeuse, presque angoissante. Il ne faut pas céder à la tentation de s'y remettre pour se rassurer. Je me dis que je dois tenir encore un peu, accepter cette inquiétude peut-être nécessaire, qui peut me permettre de changer, d'écrire autrement.

Belles retrouvailles avec Franck vendredi soir. Il m'a espionné à l'aéroport. Il me l'a dit hier. Il m'a regardé marcher à travers le hall avant de venir à ma rencontre par derrière. Je suppose qu'il m'a vu heureux de le retrouver, qu'il en a été rassuré. Je ne sais pas si c'est le Bon Dieu qui l'a puni pour cet espionnage mais en arrivant à sa voiture il a été accueilli par un PV à 135 euros. Je ne lui en veux pas d'avoir fait cela. J'ai rompu en octobre. Je lui ai fait un sale coup en août. Il a le droit d'être méfiant. Bertrand m'avait fait cette réflexion quand je lui avais parlé de notre projet galerie d'art. Il m'avait dit de faire attention à Franck, de ne pas le mener en bateau. Récemment, Sami, un collègue que je tiens au courant de mes aventures, m'a demandé si Franck supportait que je le jette régulièrement. J'ai compris que je ne devais plus rompre mais me laisser aller dans cette relation, avoir un peu confiance, car c'est une belle relation.

Amour vendredi soir. Début de fist-fucking samedi soir. Une envie que j'avais dans la tête depuis le matin et que je pensais réaliser dans l'après-midi, mais nous avons dormi, digéré. Franck n'aime pas trop a priori ce genre de choses, un peu extrêmes à son goût. Cependant, ce fut un beau et agréble moment, plutôt sain. Je n'ai pas voulu forcer les choses. J'ai senti que ce n'était pas le moment. Seulement un début, une découverte. Je pense que plus je serai bien dans mes pompes et moins j'aurai besoin de ce genre de pratique. La scatologie me laisse tranquille depuis plusieurs mois - et j'en suis heureux. Je pense que le fist ne disparaitra pas, restera une pratique importante, bien que rare. Ce doit être pour ça que j'ai eu envie de la partager avec Franck. Amour encore dimanche matin, au réveil, à ma demande. Un bel orgasme partagé. Je n'envoie pas de sms du genre: "Je me suis habitué à toi. Je me sens seul quand tu n'es pas là.", mais j'y pense.

lundi 1 mars 2010

Un peu con

Vendredi 26 février 2010

C'est l'anniversaire du Prophète aujourd'hui. Je ne travaille pas. Je prends l'avion tout à l'heure.

Sms envoyé à Franck à 13h53: "Ne m'attends pas pour manger. Je pense que j'aurai envie de me coucher en arrivant, chez toi ou chez moi, comme tu préfères. Biz".

25° C, du vent et des nuages, c'est le temps d'aujourd'hui.

Je me suis saoulé hier et comme d'habitude le lendemain je n'aime pas ça. Je m'en veux. Je me trouve bête. Faible. Minable de ne pas pouvoir me contrôler un peu mieux.

Je suis à l'aéroport. Au bar. Une femme m'a regardé tout à l'heure. Je l'ai trouvée moche dans un premier temps. Puis elle m'a regardé une seconde fois. Alors, je me suis mis à la trouver belle. Je crois que je suis un peu con.

Je viens de voir Scarlett Johansson en photo au duty free - une pub pour un parfun de Dolce & Gabbana: The One. J'ai failli m'évanouir. Un peu plus loin, en me promenant autour du bar circulaire, visitant les salles d'embarquement 50 à 59, je suis à nouveau tombé amoureux. C'était dans la salle 56. Après avoir réfléchi un moment pour savoir pourquoi cette femme me faisait autant d'effet, j'ai découvert qu'elle ressemblait à Véronique Guillemot.

J'ai un problème avec les femmes. Aujourd'hui, pour la première fois, j'ai pensé que Franck pourrait m'aider à ce niveau-là, parce qu'avec ma psy, on patauge.

mercredi 24 février 2010

Méditation

Lundi 22 février 2010

La méditation m'apprend à quel point une situation quelconque peut être riche en évènements. Des évènements auxquels justement on ne fait pas attention habituellement.

lundi 22 février 2010

Une manière de vivre

Une bibliothèque de nuages - Christian Bobin - Lettres Vives

Page 61:

"En mars 2006, la main de Dieu, dans laquelle repose mon coeur confiant, s'est soudainement crispée. Une douleur a froissé ma poitrine. La pensée que ce jour pouvait être le dernier m'a illuminé. Je suis d'accord pour mourir n'importe quel jour. Aux urgences, j'ai emmené un livre assez petit pour tenir dans ma poche, assez dense pour éclairer des heures d'attente. Je voudrais n'écrire que des livres qu'on puisse lire aux urgences, là où les questions qu'on nous pose et l'attention qu'on nous porte sont si froides qu'elles nous vident de notre âme. Il y a une manière de vivre - comme si on ne tenait plus à la vie - qui est le nom le plus secret de l'amour."

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