être vivant

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dimanche 7 février 2010

La vie à l'état brut

Samedi 6 février 2010

Pas d'alcool hier, après l'écart de jeudi. Je suis content de moi.

La merditude des choses avec Emilie le soir. L'un des meilleurs films que j'ai vu ces derniers temps. La vie à l'état brut, dans toute sa beauté et sa cruauté.

samedi 6 février 2010

Mon frère cadet à Coulanges

Vendredi 5 février 2010

Première journée chaude de l'année. 11°C. Un soleil voilé. Intermittent.

Ce midi, petite pièce chorégraphie d'une dizaine de pies au sommet du grand cèdre en face de chez moi, sur une musique d'Hector Berlioz, La danse des Sylphes, extrait de La damnation de Faust passant au même moment sur Radio Classique

J'ai enfin demandé à ma soeur où logeait mon frère cadet quand nous dormions tous au premier étage de la maison de Coulanges. Elle m'a répondu aujourd'hui. Comme moi, elle ne se souvenait pas. Elle a dû demander à ma mère. Mon jeune frère logeait dans la même chambre que mon frère aîné et moi. Je demanderai dimanche à ma mère combien de temps a duré cette situation - parce qu'ensuite, le salon au rez de chaussée a été aménagé en chambre pour ma soeur (l'aînée des quatre enfants) afin de permettre à mon frère cadet d'avoir un peu d'intimité. J'espère qu'elle m'indiquera une période courte car si cela avait duré longtemps je me culpabiliserais de n'avoir pas fait plus attention à mon jeune frère durant cette période.

vendredi 5 février 2010

Une vision de la vie

Une bibliothèque de nuages - Christian Bobin - Lettres Vives

"Vivre - longer une muraille jusqu'à trouver une brèche lumineuse. J'ai découvert de telles fissures dans le jaune assourdissant des pissenlits, ces enfants pauvres du soleil. J'avance très lentement. Je mourrai sans être arrivé au fond du jardin."

Franck s'exprime - suite

Jeudi 4 février 2010

Un Verdier d'Europe m'a salué ce matin alors que je jetais un premier coup d'oeil au jardin.

Je n'ai pas répondu aux sms de Franck hier, et le soir, quand on s'est appelé, j'ai joué au type qui n'avais rien de particulier à dire sur le sujet. Il avait eu besoin de s'exprimer, voilà tout. Quand au reste, cela n'avait pas beaucoup d'importance. Je me moquais éperdument d'être CAPTIVANT désormais dans le mesure ou j'avais abandonné l'idée de faire un livre. Ensuite, si je parlais de moi, c'était bien naturel puisque j'étais le personnage principal de ce journal. L'alcool pour finir. J'étais décidé à faire quelque chose mais il ne le savait pas encore puisqu'il n'avait pas lu les premiers jours de février. En fait, si je m'étais exprimé, je crois que j'aurais été agressif. Je lui ai tout de même démandé quelles avaient été mes deux réflexions désobligeantes vendredi soir. Il m'a répondu que je lui avais rappelé qu'il avait 53 ans et que, lorsqu'il m'avait charrié - comme on charrie souvent les profs parce qu'ils travaillent peu, ont des vacances... - je l'avais rembarré assez sèchement. Je lui avais dit sans rire que la jalousie était un vilain défaut, qu'on avait dû essayer de le lui enseigner quand il était enfant mais qu'il avait dû l'oublier. J'étais assez d'accord avec lui par contre quand il m'a dit qu'il avait eu l'impression de retrouver l'ancien Thierry. Après huit jours d'alcool, ce n'était pas étonnant que quelques traits négatifs de ce personnage ressortent. Et j'étais d'autant plus d'accord que j'en avais marre moi aussi de cet ancien Thierry.

jeudi 4 février 2010

L'âme au bord du chemin

Une bibliothèque de nuages - Christian Bobin - Lettres Vives

"Notre âme regarde passer les wagons de nos projets, assise dans le fossé où elle mâche un brin d'herbe."

Franck donne son avis

Mercredi 3 février 2010

N'ai toujours pas demandé à ma soeur où logeait mon jeune frère quand elle habitait, ainsi que mon frère aîné et moi, et mes parents, le premier étage de notre maison. Elle avait eu un hamster à cette époque qu'elle avait appelé Athena.

Troisième jour sans alcool. Pour la première fois, j'ai l'impression d'être vraiment décidé.

Sms de Franck. Je lui ai donné des choses récentes à lire - le mois de janvier 2010. Avant, il lisait seulement ce qui était définitivement corrigé - le plus récent actuellement étant juillet 2009.

21h54

"Viens de finir de te lire. J'apprécie d'autant que c'est du présent. C'est ce qui m'intéresse. Cela me permet de mieux comprendre ce que tu vis, de mieux l'analyser."

22h06

"Passons aux critiques. Je trouve que tu parles trop de toi. On aimerait sur les sujets abordés plus de développements. Tu es trop succinct! Tu en retirerais tout le bénéfice car, quand tu développes, on est pris corps et âme, c'est du bonheur de te lire. Globalement, je trouve ce mois de janvier intéressant mais pas CAPTIVANT."

22h20

"J'espère que tu vas aller voir ton médecin, car l'alcool ne t'aide pas à aller bien. Il empoisonne ton corps et ton esprit. Je l'ai remarqué vendredi soir (deux réflexions désagréables pour moi). Alors que le bon alcool, quand il est ponctuel, te rend moins perturbé, plus gai, plus heureux! Je te souhaite une bonne semaine, saine et active, pour te retrouver en pleine forme samedi et partager encore avec toi de délicieux moments."

mercredi 3 février 2010

Bach et Bobin

Une bibliothèque de nuages - Christian Bobin - Lettres Vives

Page 23:

"Je dépose la vieille montre de mon coeur chez Jean Sébastien Bach. Quand je la reprends elle est comme neuve et sonne toutes les secondes.

En voie de guérison

Mardi 2 février 2010

Soleil hier, ciel blanc et pluvieux aujourd'hui.

J'ai eu plusieurs fois envie de boire hier, mais j'ai résisté. Je vois mon médecin vendredi. Vais essayer de tenir au moins jusque là, pour lui raconter en détail ce que cela me fait de ne pas boire, pour qu'il puisse choisir en cas de besoin le meilleur médicament.

Je considère aujourd'hui que j'ai gagné contre la cigarette. Je m'attaque à l'alcool.

15 euros de piscine (pour dix entrées), 10 euros de médicaments pour mon canal vésical récalcitrant. Pour que mon budget reste équilibré, il faudra cinq jours sans dépense.

Si j'en suis là, c'est que je n'ai plus d'argent en réserve. Ironie du sort, quand je suis allé chez le dentiste en janvier pour préparer la pose d'une couronne - qui sera achetée plus tard car je n'ai pas les 300 euros nécessaires - le même jour, une autre couronne, ancienne celle-là, s'est fait la malle dans une part de galette. Je l'ai montrée à mon dentiste et cette dernière m'a dit qu'elle était percée, que c'est pour cette raison qu'elle était tombée, que ça ne servirait à rien de la remettre en place, qu'il faudra en fabriquer une autre. Donc 300 euros supplémentaires. Si l'on ajoute les frais de voiture fin 2009, 400 euros de freins, j'ai toutes les raisons d'être fauché. La priorité reste la semaines de vacances avec mon fils cet été, avec une marge parce qu'il ne faudrait pas que celle-ci soit gâchée par un problème de voiture (mon pot d'échappement commence à faire du bruit et le contrôle technique doit être fait avant le mois de juillet). Donc, pour assumer tout cela, j'ai décidé de vivre avec le minimum pendant sept mois. J'avais songé pendant un temps demander à ma psy d'espacer nos séances, toutes les deux semaines par exemple pour gagner 100 euros par mois. Et puis non, j'ai changé d'avis, je tente le coup comme ça. On verra bien. Aujourd'hui, ce genre de calcul, plutôt que de me déprimer m'amuse.

Après la cigarette, l'alcool.
Après l'alcool, l'argent.
Après l'argent, l'amour.
Après...
Après je serai guéri.

mardi 2 février 2010

La mort de Proust

Journal littéraire - Paul Léautaud - 1922

"Lundi 11 décembre. - J'ai travaillé hier dimanche, toute la journée et jusqu'à minuit, à ma chronique dramatique pour la N.R.F. du 1er janvier. Ce matin, en arrivant au Mercure je trouve une lettre de Jacques Rivière m'informant que ce numéro, consacré entièrement à Marcel Proust, ne comprendra pas de Chronique dramatique. La mort de Marcel Proust me coûte ainsi 250 francs. C'est une jolie couronne."

1er février, rien de spécial

Lundi 1er février 2010

Spectacle vendredi soir avec Franck. Pas pratique pour faire l'amour. En rentrant, j'étais fatigué de ma journée. Je n'avais pas mangé. L'alcool de toute la semaine m'avait peut-être aussi privé de mon énergie. J'ai mangé, bu deux bières et nous nous sommes endormis. Agréable petit déjeuner au café. Jolie promenade sous le soleil autour de l'étang de La Loy. Discussion sur le projet galerie d'art. Le fond et le bail de sa boulangerie. Le projet suit son cours. Samedi, nous irons voir l'exposition "Jeunes talents" à Pontault Combault, avant d'aller au Grand Palais visiter celle d'un vieux talent.

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