Voyage au bout de la Lumière

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jeudi 15 novembre 2018

Mai 2018

est corrigé.

Serait-ce le début de La Vie Heureuse ? après laquelle je cours depuis trente ans ?

Jeudi 15 novembre 2018

J’attends l’électricien. Après avoir posé de nouveaux radiateurs dans la salle de musique de Mirabelle et dans la cuisine, il y a quelques semaines, il en pose d’autres aujourd’hui, dans le salon et la chambre - s’il arrive.

À part ça, je suis toujours heureux ici, beaucoup plus heureux qu’en région parisienne. Parce que je n’exerce plus un métier qui ne me convenait pas, cela va de soi, mais aussi parce que je ne suis plus en région parisienne. Même si je vis au chaud dans une maison, j’ai l’impression de vivre dehors, d’être en permanence en contact avec le ciel, la végétation et la brume qui coule souvent ici entre deux collines ensoleillées. Les humains, dont j’ai assez dit que je ne les aimais pas, parce que je ne me sentaient pas à l’aise avec eux, m’apparaissent ici très fréquentables - parce qu’ils sont moins nombreux qu’en région parisienne ? parce que je me sens bien, à l’aise ?

Mon corps est heureux également. Il fait des choses utiles, il se fatigue, a mal aux mains. Cela doit lui rappeler sa jeunesse, quand il virevoltait en exécutant de multiples acrobaties. Car, je ne l’ai pas précisé, dans les divers travaux que j’effectue, ce dernier jouit régulièrement de me montrer son habileté, son ingéniosité - ou est déçu quand ça ne marche pas, jusqu’à ce que ça marche, etc.

Mon frère est sorti de l’hôpital de Dijon, où il avait été transféré après avoir passé plusieurs semaines à Clermont-Ferrand, il y a dix jours. Les nouvelles sont bonnes : il n’est pas retourné chez lui, à Nuits Saint Georges, mais passe sa convalescence, son arrêt de travail, à Chalon-sur-Saône, chez sa compagne, où il ne boit pas d’alcool, se nourrit correctement j’espère et fume le moins possible.

L’électricien passera finalement vers midi. Il m’avait dit 9h. Compensation de ce contre-temps, il va passer par Avallon pour m’acheter la peinture qui me manque, que je ne peux me procurer parce que notre voiture est au garage.

samedi 10 novembre 2018

Je ne peux plus écrire

Samedi 10 novembre 2018

Je ne peux pas écrire. Je ne peux pas vous dire pourquoi. Je vous le dirai bientôt. Quand je pourrai.

En attendant, la vie s’écoule agréablement. J’apprécie vraiment cette petite ville, et tout ce qu’il y a autour : des collines, d’autres villes, beaucoup de végétation. Finalement, je ne devais pas être fait pour vivre en région parisienne.

lundi 5 novembre 2018

Face au ciel

Lundi 5 novembre 2018

Je suis face au ciel, au-dessus du bois de la Madeleine, et je suis comblé.

C’est comme si j’étais au bord de la mer, face à l’horizon. Sauf que je n’ai pas d’attaches au bord de la mer, sauf que les hasards de la vie m’ont conduit ici, sauf que je suis ici.

Un peu à gauche, à l’ouest, j’aperçois la maison Zervos, un rectangle blanc au milieu des arbres. Picasso, Léger et bien d’autres, sont passés par ici, Paul Eluard.

dimanche 4 novembre 2018

La méditation a été très claire

Dimanche 4 novembre 2018

La méditation a été très claire : doucement le matin, pas trop vite l’après-midi, repos le soir. Cependant, une grande efficacité était conseillée dans l’accomplissement de chaque tâche. Avait-elle consulté Nietzsche ou les spécialistes du « Moment Présent », le Dalaï Lama ? elle suggérait dans chaque tâche un engagement total.

Chaque jour, depuis, je fais de mon mieux.

Et pour suivre ses conseils - qui ressemblent finalement plus à des injonctions -, je fais ce qui me plaît.

Côté art, elle s’est montrée également très claire :

Continuer de faire des photos quand cela me chante - j’ai eu la chance de faire une très belle série vendredi -, continuer de tirer les meilleures sur papier, en petits formats, peu onéreux, continuer de chercher dans ces tirages d’éventuelles étoiles - qui danseraient -, continuer de tenter de créer des images, un rien magiques, qui pourraient agiter les astres qui se cachent dans la nuit du coeur de chacun.

Continuer de me mettre des coups de pieds au cul chaque que nécessaire, quand cela me chante, pour ne pas me laisser submerger par du bricolage ou des tâches végétales.

Continuer avec envie, plaisir, à tenir ce journal.

Oublier pour un temps le dessin, le modelage.

jeudi 1 novembre 2018

Une vie de rêve

Jeudi 1er novembre 2018

Ma conseillère de Pôle Emploi m’a déconseillé toute précipitation lundi. Pour la clarté de ma situation, la non complication des tâches de l’administration, je devais effectuer toutes les démarches de création de ma micro-entreprise dans l’Yonne, y compris le stage obligatoire que je comptais faire à Bobigny pour gagner un peu de temps.

Résultat, je suis en vacances jusqu’en février, car je ne peux effectuer mon changement d’adresse avant la vente de notre maison « parisienne ».

C’est parfait. Je vais pouvoir expérimenter la vie dont je rêve, c’est-à-dire une vie de retraité avant l’âge : du temps, du temps et encore du temps.

À ce propos, je viens de m’offrir aujourd’hui à la librairie L’Or des Étoiles le dernier livre de Christian Bobin : La Nuit du Coeur.

Un poète, un rêveur, un philosophe, qui en connaît un rayon sur la question.

Je vais également avoir le temps de méditer pour mieux savoir ce que je dois faire de ma vie.

Pour l’instant, elle me dit de suivre les conseils de ma conseillère, à savoir : ne pas trop forcer pendant trois mois.

PS : Elle, c’est la méditation.

lundi 29 octobre 2018

Je dois méditer

Depuis hier je médite chaque jour ou presque pour savoir ce que je dois faire.

Je crois qu’une fois de plus, je me suis emballé.

Pour croire en mes chances d’artiste, après ma première expo photo, qui est venue naturellement, je me suis dit que je ne me sentais pas photographe mais plasticien. Je me suis mis à faire des figurines en terre. Je suis allé dessiner des nus. La photo, c’était trop facile, ça ne me prenait pas assez de temps et d’énergie, ne m’occupait pas suffisamment l’esprit. Je vivais on ne peut plus normalement et faisais des rencontres, des rencontres parfois extraordinaires, avec des images, des merveilles que je tentais de transformer en images. C’était facile. J’avais toujours mon téléphone avec moi et, grâce à l’appareil photo qui s’y trouvait intégré, je tentais de garder en mémoire un souvenir de ces rencontres. C’était vraiment trop facile, me disais-je, et pensais que pour être un « vrai » artiste, je devais peiner, travailler, parce que j’avais appris à vire de cette façon : peiner, travailler. Je le ressentais bien en apprenant à dessiner. C’était difficile. Le problème, le doute, c’est qu’en dehors des séances de modèle vivant, je ne travaille pas, je ne dessine pas, car a priori ça ne m’intéresse pas. En conséquence, je me dis que peut-être je me trompe, que mon destin n’est peut-être pas de dessiner, de faire des sculptures, mais de me laisser vivre en faisant des photos chaque fois que j’en ai envie, d’apprendre à vivre, grâce à ces photographies, au milieu d’une nature merveilleuse, aussi extraordinaire et merveilleuse que tous les musées du monde, toutes les galeries d’art du monde. C’est pour cela que je dois méditer, pour vérifier si je ne ferais pas mieux de me laisser vivre sans efforts particuliers, entre les photos, le bricolage et le jardin, en attendant de changer d’adresse, de créer ma micro-entreprise, d’artiste d’un côté, d’homme à tout faire de l’autre.

Libre et heureux

Lundi 29 octobre 2018

Un tour à Noisy le Grand Jeudi. Un employé de Véolia devait nous expliquer ce qui n’allait pas dans la séparation des eaux usées et pluviales - mise aux normes obligatoire avant la vente d’une maison.

Le soir, un vernissage, Ekaterina Posetselskaya, au 1 quai Voltaire à Paris - cette dame a du talent et, si j’avais été un peu plus riche, je lui aurais acheté « Un Mars Étrange » pour 2800€ - avant un dîner avec mon fils dans un délicieux et minuscule restaurant, trouvé par Mirabelle, dans la rue Mazarine, qui proposait une succulente cuisine traditionnelle grecque.

Un vendredi occupé par une visite de contrôle pour notre chien abîmé à la clinique de Chenôve. Le vétérinaire nous a mis en garde. Même si elle semble en pleine forme, il faut la ménager. Deux vertèbres étant désormais soudées, les articulations en avant et en arrière de cette fusion peuvent souffrir, se dégrader en cas de sauts ou activités trop intenses.

Retour dans mon petit Vézelay où je me sens bien samedi.

J’ai gracieusement recollé un joint sur la porte de l’atelier d’Anne-Marie Bonhomme, qui peint des icônes à côté de la basilique, avant de partir pour Avallon où Régis Bouvier, le peintre qui anime les ateliers de modèle vivant - qui est un vrai et bon peintre, un vrai artiste, qui produit des choses très intéressantes - nous conviait à une expo très privée, pour Mirabelle et moi.

Un grand dimanche avec P. et A. Tirage d’une dizaine de photos que je vais exposer samedi dans la salle de piano de Mirabelle. Un grand dimanche parce que P. en a trouvé deux très bien, bien au point de les vouloir pour lui, et parce que C. et L., chez qui nous déjeunions, ont également apprécié ces tirages, parce que Mirabelle les trouve très bien et parce que moi-même, j’en trouve sept de valables sur dix.

Et aujourd’hui, je retrouve ma routine de bricoleur non rémunéré mais heureux, parce que libre et étonné d’être habile, heureux d’être à nouveau dans une forme de réussite.

mercredi 24 octobre 2018

Actif !

Mercredi 24 octobre 2018

Une bonne journée d’artiste hier, à ne rien faire, à rêvasser. Il faut dire que j’avais été plutôt actif depuis une semaine. Il était temps de souffler.

J’en ai profité pour découvrir le travail de Neo Rauch, grâce à Arte. Très intéressant.

Et aujourd’hui, je m’y remets : une porte qui frottait par terre ce matin, qui est devenue parfaitement silencieuse, et un travail énorme qui m’attend au jardin - un jardin qui s’apparente plus à un petit parc.

Je vais y aller avec parcimonie pour ne pas que ces tâches nécessaires deviennent des corvées auxquelles je ne voudrais plus me colleter.

mardi 23 octobre 2018

Des progrès, toujours des progrès, encore des progrès

Mardi 23 octobre 2018

Je n’ai pas été particulièrement bon hier lors de la séance de modèle vivant. Pas mauvais non plus. Le grand plaisir fut de ressentir encore des progrès. Toutes mes figures, sauf une, étaient « regardables », à peu près proportionnées, tenant à peu près debout, ou assis ou allongé. Elles peuvent sembler moches mais elles ne le sont pas. J’atteins petit à petit la première étape que je m’étais fixée : dessiner rapidement et correctement un corps, globalement - parce que pour les détails, les finitions, il me faudra encore du temps, de la pratique, une petite année, je pense.

Pour progresser encore plus vite, j’ai deux pistes : continuer de jouer avec ma tablette (copier des images comme un enfant avec du papier calque en faisant glisser le crayon par dessus une photo, réaliser le même dessin sans calque, comparer, comprendre les principales erreurs), acheter un petit carnet à dessins et m’exercer partout, à l’instinct.

La prochaine séance de modèle vivant aura lieu dans trois semaines. Je vais essayer d’ici là de beaucoup travailler pour ressentir encore le plaisir, voire le bonheur, de constater des progrès.

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