Dimanche 4 juillet 2010
J'écrivais il n'y a pas longtemps qu'avec l'alcool, ça allait mieux, que la
gueule de bois je ne savais plus ce que c'était. Eh bien, je sais à
nouveau.
Trois jours intenses de travail, chargés de rencontres, d'échanges,
d'émotions, auraient suffit à me mettre par terre? Probable que cela a joué,
mais il y a aussi d'autres choses.
La principale serait, si l'alcoolisme fonctionne de cette façon, qu'après un
temps plus ou moins long de sobriété, j'ai besoin de m'imbiber. Je vérifierai
cela bientôt puisqu'à partir d'aujourd'hui, avec raison et sérénité, je
commence une nouvelle phase de sobriété.
Il y a cette histoire d'inversion des rôles - qui ne paraît pas si
importante aujourd'hui. Aujourd'hui, j'ai plutôt l'impression que c'est le
manque de femme qui me monte à la tête. Franck a une amie qui est dans ce cas -
manque d'homme pour elle. Elle fait des rencontres par internet. Elle cherche
un compagnon. Mais, en attendant, elle lui a dit qu'en bas ça la démangeait. Il
n'a pas encore osé lui proposer de l'aide, mais y a pensé. De mon côté, dans un
premier temps, je n'y ai pas trop prêté attention. Je me suis dit: pourquoi
pas, à l'occasion, que cela pourrait être agréable. Lorsque l'on se connaîtra
mieux, lorsque nous serons installés avec Franck, nous l'inviterons et
peut-être... Seulement, quand j'y pense maintenant, j'aimerais que cela se
passe rapidement.
Il y a aussi une collègue de travail à qui je ne déplaîs pas en ce moment.
Plus agée que moi, plus agée qu'Isis, encore belle et désirable. Je crois que
je ne vais rien faire, même si ça me démange. A l'occasion, peut-être dans les
dix jours qui viennent, je lui demanderai si le désir que je vois dans son
regard est réel ou le fruit de mon imagination. Je vois bien la scène, elle ne
me fait pas peur. Et, si elle le désire, je lui proposerai de parler de tout ça
calmement autour d'un verre ou d'un repas.
En attendant, le mieux que j'ai à faire est d'en parler ce soir avec
Franck.
Lundi 5 juillet 2010
Cette cuite m'a bien assommé. La dernière, c'était il y a un mois. Je vais
surveiller la fréquence de cet anéantissement nécessaire.
Soirée calme avec Franck. Un seul américano. Nous nous sommes couchés tôt
pour récupérer de notre débordement de samedi soir. Nous avons parlé. Il
n'aimerait pas que je vive quelque chose avec une femme sans lui. Mais, avec
lui, ça ne lui déplairait pas. Le hasard faisant bien les choses, nous donnons
un coup de main le 14 à son amie. Des meubles actuellement chez Franck qu'elle
va récupérer. Nous verrons bien à ce moment-là son comportement vis à vis de
nous. Montrera-t-elle du désir, de l'indifférence, de l'amitié? Nous verrons
bien.
Quant à moi, je vais vivre ce manque au mieux, éviter d'en faire quelque
chose de grave. Je n'ai pas envie de courir après une paire de fesses comme je
l'ai déjà fait, c'est trop douloureux. Je n'ai pas non plus envie de faire des
choses qui risquent de faire souffrir Franck.